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Quand l’enseignement collégial doit faire face à la diversité

Plusieurs étudiants assis dans une salle de classe, dont quelques étudiants internationaux.

Étudiants dans une salle de classe

Photo : Radio-Canada

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'enjeu de la diversité sous toutes ses formes est au cœur des discussions ces jours-ci dans le milieu de l'enseignement collégial. Depuis mercredi, la ville de Rimouski fourmille de participants au colloque annuel de l’Association québécoise de la pédagogie collégiale au Québec : ils y sont plus de 1200.

Si les enjeux de diversité culturelle, religieuse ou de genre semblent moins préoccupants au Cégep de Rimouski, les besoins en services adaptés eux, ont explosé, pour des étudiants qui font face à des troubles d'attention ou de dyslexie, par exemple.

On a une classe maintenant où sur 30 étudiants, il y en a peut-être 15, 16 qui ont des problématiques particulières, fait que c'est sûr que l'enseignant est aux prises avec ça.

Kurt Vignola, directeur adjoint aux programmes à la Direction des études du Cégep de Rimouski et coordonnateur local de l'Association québécoise de pédagogie collégiale
Un homme et deux femmes posent devant l'affiche du colloque

Le colloque de l'Association québécoise de pédagogie collégiale (AQPC), qui se termine vendredi, a attiré 1200 personnes

Photo : Radio-Canada / Laurence Gallant


C’est pour ça qu'on fait des événements comme ça, parce qu'on peut échanger entre enseignants, entre cadres, entre professionnels sur ces problématiques-là , ajoute le coordonnateur local de l'Association québécoise de pédagogie collégiale (AQPC), Kurt Vignola.

Plus de 120 conférences et ateliers sont organisés sous le thème Horizons pédagogiques : cap sur la diversité! , une façon d’ouvrir la discussion sur le défi grandissant de la diversité étudiante et des façons de s’y adapter, que ce soit par l’environnement scolaire en lui-même que par les stratégies pédagogiques ou les mesures d’aide à la réussite.

L’inclusion des minorités LGBTQ abordée

Parmi les conférenciers, on compte Dominique Dubuc, professeure de biologie au Cégep de Sherbrooke et militante de longue date pour les droits des minorités sexuelles et de genre. Selon elle, les efforts concrets pour intégrer les minorités sexuelles et de genre varient beaucoup selon l’établissement scolaire.

Une femme derrière un lutin s'adresse à un public

La professeure Dominique Dubuc lors de sa conférence de jeudi matin à Rimouski

Photo : Radio-Canada / Laurence Gallant

Dominique Dubuc constate que bien que certains gestes soient posés pour intégrer ces minorités, le plus grand travail qui demeure à faire est d'inclure les réalités LGBTQ (un sigle qui varie d’ailleurs beaucoup) dans les contenus des programmes d'études, auprès des futurs policiers, infirmiers ou travailleurs sociaux, par exemple.

Rendre le climat du cégep le plus accueillant possible pour les personnes des minorités sexuelles et de genres, c'est beaucoup là-dessus qu'on a travaillé, et ce qui nous échappe le plus en ce moment, c'est l'aspect des contenus des différents programmes , plaide Mme Dubuc.

Ce n'est malheureusement pas une question qui est beaucoup abordée dans les cours, sauf exception des initiatives personnelles.

Dominique Dubuc, conférencière au colloque de l'AQPC

Mme Dubuc estime par exemple que de sortir de l'hétéronormativité dans les établissements scolaires, autant dans les documents administratifs que dans les cours, peut nettement contribuer à l'inclusion des jeunes issus de ces minorités :

En ce moment, dans les formations qu'on a suivies, nous, en tant que profs, […] on n'en a pas du tout entendu parler, fait que c'est normal que ce ne soit pas notre réflexe d'aborder ces réalités-là d'emblée.

Dominique Dubuc, conférencière au colloque de l'AQPC
Dominique Dubuc sourit à la caméra

Dominique Dubuc, professeure de biologie au Cégep de Sherbrooke et militante depuis une vingtaine d'années pour les droits des personnes LGBTQ

Photo : Radio-Canada / Laurence Gallant

En plus de rappeler les statistiques accablantes entourant la détresse chez les jeunes LGBTQ, la conférencière a souligné que la seule idée de devoir aller aux toilettes d'un cégep pour un étudiant issu de cette minorité, peut être une grande source d’anxiété.

Le Cégep de la Gaspésie – Les Îles a en ce sens aménagé des toilettes neutres, ou tous genres, dans ses campus.

Pour sa part, le directeur général du Cégep de Rimouski, François Dornier, explique qu’actuellement, aucune politique ne traite spécifiquement de ces enjeux, mais que si le besoin s'en faisait sentir, des actions concrètes seraient posées pour soutenir davantage les minorités sexuelles et de genre.

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