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Rafale FM : quelles répercussions sur le milieu associatif francophone?

Gaël Corbineau est debout. À l'arrière plan, le drapeau de la francophonie.
Gaël Corbineau est le directeur général de la radio Rafale FM ainsi que de la Fédération des francophones de Terre-Neuve-et-Labrador. Photo: Radio-Canada / Marie Isabelle Rochon
Marie-Isabelle Rochon

Malgré les 600 000 $ que lui ont versés au fil des ans les gouvernements fédéral et provincial, la radio communautaire du Labrador disparaîtra de la carte puisqu’elle demande une révocation de licence. Mais outre les conséquences immédiates de cette histoire, l'affaire pourrait-elle avoir des répercussions sur la communauté francophone de Terre-Neuve-et-Labrador?

Il est difficile d’obtenir les impressions du milieu associatif francophone de Terre-Neuve-et-Labrador, puisque personne n’ose prendre la parole au sujet de la saga de Rafale FM. La radio a continué d’empocher de l’argent provenant de publicités, même si sa station principale à Labrador City ne diffusait plus depuis 2015.

Presque tous les représentants d'organismes à qui Radio-Canada a parlé ont refusé de commenter la situation. La personne responsable d'un de ces organismes, qui ne souhaite pas qu'on dévoile son identité, parle quant à elle d'une situation qui dérange dans la communauté francophone de la province.

Des gens de la communauté viennent nous voir pour nous poser des questions, et on n’est pas capable de répondre, explique cette personne.

On ressent que le silence a une incidence sur nous et sur la visibilité de la francophonie, ça entache la francophonie de Terre-Neuve-et-Labrador.

Le problème d’une petite communauté

Le directeur général de Rafale FM, Gaël Corbineau, est la même personne qui occupe la fonction de directeur général de la Fédération des francophones de Terre-Neuve-et-Labrador (FFTNL), un organisme parapluie qui représente les intérêts des francophones de la province.

Bien que les deux organismes partagent le même directeur général, les activités de Rafale FM sont séparées des activités de la FFTNL.

La situation est tellement compliquée, on parle de deux organismes séparés, mais [d']une personne qui relie les deux. Il y a des questionnements pour savoir si cette personne qui nous représente à l’extérieur de la province est la bonne personne pour le faire, souligne la même source anonyme.

La FFTNL reçoit chaque année d’importantes contributions et subventions du gouvernement fédéral. Selon le répertoire de données ouvertes du gouvernement du Canada, ces ententes de financement ont totalisé 1,2 million de dollars en 2017-2018. En 2018-2019, ces contributions s’élevaient à 246 637 $.

Radio-Canada a tenté à plusieurs reprises de joindre la présidente de la FFTNL, Sophie Thibodeau, pour lui demander si la situation de Rafale FM a pu altérer sa confiance envers son directeur général. Celle-ci n’a pas répondu à nos demandes d’entrevue.

De son côté, la vice-présidente de la FFTNL, Nathalie Djan-Chékar, a affirmé lors d’une mêlée de presse qu’elle n’était pas inquiète des rôles joués par son directeur général.

La FFTNL sous la loupe

Lorsqu’il a entendu parler de l’histoire de Rafale FM en avril dernier, Nick Whalen, député fédéral de Saint-Jean Est, a demandé à Patrimoine canadien d’examiner plus en profondeur les activités de la FFTNL. Quand on dépense beaucoup d’argent pour n'importe quel programme, pour n'importe quel groupe, tout le monde veut savoir que la monnaie est bien dépensée et que la gestion des programmes est en place, explique-t-il. Avec Rafale, FM ce n'est pas le cas , ajoute-t-il.

Ça remet en question les programmes de ces mêmes personnes.

Nick Whalen, député fédéral
Nick Whalen en entrevue. En arrière-plan se trouve le centre scolaire et communautaire des Grands-Vents à Saint-Jean. Nick Whalen, député fédéral de Saint-Jean Est Photo : Radio-Canada / Marie Isabelle Rochon

Contacté par Radio-Canada au début du mois de mai, Patrimoine canadien n’avait trouvé aucun lien entre la FFTNL et Rafale FM. Le ministère a aussi confirmé que la radio n’avait pas reçu de subvention de la part de son ministère depuis de nombreuses années.

La vice-présidente de la FFTNL, Nathalie Djan-Chékar, ne croit pas que le financement de son organisme puisse être altéré à cause de la situation actuelle de Rafale FM. Le financement de la Fédération a été confirmé. Le financement de la plupart des organismes francophones n’a aucun rapport avec le nôtre alors, non, on n’a aucune raison de croire le contraire, a-t-elle souligné.

La professeure de sociologie à l’Université de Moncton Michelle Landry souligne l’importance des organismes qui représentent les francophones en milieu minoritaire.

Ces organismes-là représentent la communauté et on les voit un peu comme des organismes politiques. Les gens sont attachés et on a parfois des attentes comme on a envers les gouvernements, explique-t-elle.

Une version antérieure de cet article expliquait que les ententes de financement pour 2017-2018 entre le gouvernement fédéral et la FFTNL totalisaient 2,3 millions de dollars. Ces ententes s'élevaient plutôt 1,2 million de dollars.

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