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Tata Steel défend sa gestion de la pollution de sa mine de Schefferville

Tata Steel à Schefferville

Photo : Radio-Canada / Jean-Louis Bordeleau

Jean-Louis Bordeleau

En réponse à des allégations de mauvaise gestion environnementale à sa mine près de Schefferville, la compagnie minière Tata Steel se défend de polluer illégalement les lieux.

En conférence ce matin, trois porte-paroles de la minière ont présenté à la presse des images captées la semaine dernière des rivières avoisinantes de la mine de fer.

Alors que des images diffusées la semaine dernière par la Nation innue de Matimekush-Lac John (NIMLJ) exposaient des rivières aux eaux troubles et rougeâtres, celles présentées aujourd'hui par la minière montrent l'eau de la rivière Howells et du ruisseau Goodream comme claire et translucide.

Une imagea aérienne de la rivière Howells

Les images de la minière montrent l'eau de la rivière Howells comme claire et translucide.

Photo : Tata Steel

Il n’y a pas de rivière rouge.

Armand MacKenzie, porte-parole de Tata Steel

Armand MacKenzie justifie l'eau rouge, sur les images de la semaine dernière, par la fonte des neiges ayant créé un afflux supplémentaire d'eau provenant d'un ancien site minier abandonné n’appartenant pas à Tata Steel . C’est, selon lui, un débordement de ce bassin d’eaux rouges, un passif minier des années ’50 à ’80 , qui a créé ce qu'on voit sur les images qui ont semé la controverse.

Une photo d'une rivière limpide sur un document PowerPoint, présenté par Armand MacKenzie

Armand MacKenzie a présenté à la presse des images des rivières et ruisseaux entourant les installations minières.

Photo : Radio-Canada / Jean-Louis Bordeleau

Les représentants de la compagnie ont promis de gérer ces eaux pour éviter une récurrence des événements survenus à Terre-Neuve-et-Labrador , et ce, même s'ils affirment ne pas en avoir la responsabilité légale .

Ces eaux n'ont pas nécessairement d’effets négatifs au niveau environnemental.

Armand MacKenzie, porte-parole de Tata Steel
Des images récentes de Tata Steel démontrent que les bassins de sédimentation de Tata Steel sont étanches.

Des images récentes de Tata Steel démontrent que les bassins de sédimentation de Tata Steel sont étanches.

Photo : Tata Steel

Quant au traitement des eaux créées aujourd'hui par Tata Steel, Armand MacKenzie répond qu'il est fait de différentes manières afin de s'assurer que les sédiments se déposent.

À Terre-Neuve-et-Labrador, la décantation est permise. Au Québec, c'est différent. On doit faire un traitement chimique avant que ça soit relâché dans l'environnement. C'est pour ça qu'on a une usine de traitement des eaux à Schefferville.

Tous nos permis sont en règle.

Armand MacKenzie, porte-parole de Tata Steel

Le ministère de l'Économie et de l'Innovation a publié une déclaration écrite à ce sujet, en précisant que l’entreprise doit notamment démontrer l’impact qu’elle aura sur l’eau, l’air, les sols, le bruit qu’elle compte générer, l’impact qu’elle aura sur la faune et la flore, etc .

Cette situation est préoccupante et nous sommes en lien direct avec les dirigeants de l’entreprise et des autres ministères concernés pour assurer un suivi de ce dossier.

Dépotoir

Les représentants de Tata Steel reconnaissent cependant leurs lacunes dans la gestion du dépotoir, où l'on trouve des matières dangereuses. Le dépotoir est conforme aux règlements, sauf sur le tri , nuance la gestionnaire des questions environnementales chez Tata Steel, Mariana Trindade.

Elle a aussi reconnu la responsabilité de la minière dans le déversement de 4400 litres de diesel en août 2018. La décontamination du site n'a pas encore eu lieu. La mine dit attendre les prescriptions réglementaires des autorités de Terre-Neuve avant de procéder au nettoyage.

Un des dépotoirs de la mine de Tata Steel près de Schefferville.

Un des dépotoirs de la mine de Tata Steel près de Schefferville.

Photo : Courtoisie, Benoit Desjardins.

La présence d'hydrocarbures sur le site et la gestion des matières dangereuses représentent un défi , de l'aveu même de Mariana Trindade. C'est quelque chose sur laquelle [sic] on travaille très fort.

Mariana Trindade, en conférence de presse

Mariana Trindade, gestionnaire des questions environnementales chez Tata Steel

Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine

Au départ, il aurait fallu une supervision plus forte.

Mariana Trindade, gestionnaire des questions environnementales chez Tata Steel

Réaction des Naskapies

Le conseil de bande naskapie de Kawawachikamach a rencontré mercredi les représentants de Tata Steel.

Dans une lettre adressée à la minière le 24 mai dernier, le conseil de bande accusait Tata Steel de violer l'entente liant les deux parties. Kawawachikamach disait ne plus consentir à la présence de la minière sur son territoire. Le conseil concluait sa lettre en menaçant de recourir à des actions en justice pour faire aboutir le dossier.

À la suite de cette rencontre, le chef des Naskapies attend de voir des actions concrètes ou des engagements signés par contrat .

On est rendu à un point où nous n'avons plus confiance envers la minière.

Côte-Nord

Industrie minière