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Charlevoix « ne pouvait pas dire non » au G7

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Une image aérienne du Manoir Richelieu et ses environs

Des images comme celles-ci ont été diffusées par Affaires mondiales Canada, qui a impliqué Tourisme Charlevoix dans l'aventure du sommet du G7.

Photo : Radio-Canada / Courtoisie/Affaires mondiales Canada

Mesurer les effets directs du Sommet du G7 sur le tourisme charlevoisien semble tenir de l’impossible. Réaliser l’exercice serait au mieux hasardeux, voire inutile de l’avis de certains. Or, Tourisme Charlevoix et les hôteliers qui l’ont vécu de près y voient assurément une carte supplémentaire dans leur manche, un gage de notoriété pour l’avenir.

Si personne n’ose s’avancer sur le long terme, même un an plus tard, les impacts immédiats de la venue du G7, eux, semblent indéniables.

On gère un indicateur qui s'appelle la taxe sur l'hébergement. Et je peux vous dire qu'en 2018, on a 600 000 $ de plus de taxes d'hébergement qui ont été prélevées dans la région [par rapport] au budget initial , affirme Jacques Lévesque, directeur général de Tourisme Charlevoix.

Ce surplus a été généré par les réservations massives à La Malbaie et dans les municipalités voisines, principalement par les forces de l'ordre ou les délégations. Au plus fort de la mobilisation, ils étaient plus de 8000 policiers à La Malbaie.

Le taux d'occupation en hébergement a bondi de 20 % en juin 2018 par rapport à 2017, toujours selon des données de Tourisme Charlevoix. Cela représente près de 14 000 unités de plus qui ont été louées dans la région au cours de cette période.

M. Lévesque conclut donc que, globalement, de grosses affaires se sont brassées dans Charlevoix avant et pendant le sommet des 8 et 9 juin 2018.

Pour la suite, il n'y a que l'espoir. L'espoir que les reportages des 35 journalistes provenant des pays du G7 (Allemagne, Italie, France, États-Unis, Japon, Royaume-Uni, Canada) vont influencer le choix des voyageurs étrangers.

Nous, on sème. À quel moment on va récolter? On ne le sait pas, mais on espère, comme tout bon cultivateur, pouvoir récolter du bon grain.

Jacques Lévesque, directeur général, Tourisme Charlevoix

L'aventure G7 n'a cependant pas été la même pour tout le monde. Tourisme Charlevoix en est conscient.

Certains commerces sont de nouveau accessibles à La Malbaie.

Des commerces de La Malbaie, notamment dans le secteur Pointe-au-Pic, ont dû fermer pendant le G7. Affaires mondiales Canada leur a proposé un programme d'indemnisation.

Photo : Radio-Canada / Fanny Samson

On savait qu’il y aurait des effets collatéraux, mais on ne pouvait pas en évaluer l’ampleur. On sait que des joueurs ont perdu de l’argent, mais on sait que des joueurs ont fait beaucoup d’argent , admet Jacques Lévesque, qui rappelle que le fédéral a prévu des programmes d'indemnisation pour ceux qui ont subi les contrecoups.

Les effets positifs ont néanmoins supplanté les effets négatifs, croit son organisation. C’est la grande conclusion que l’on tire.

Comme un film

Jean-Jacques Etcheberrigaray, directeur général du Fairmont Manoir Richelieu, se considère comme un vendeur de bonheur . Mais pendant le Sommet du G7 et les semaines qui l’ont précédé, son antre de la béatitude est devenu l’épicentre d’une géopolitique hautement complexe… et tendue.

L’équipe du Manoir Richelieu a l’impression d’avoir joué dans un film .

Pendant 2 semaines, l’hôtel était occupé à 100 % par les activités ou les préparatifs du G7, dont le point culminant était évidemment le sommet des 8 et 9 juin.

La sécurité était partout. Outre la présence policière et celle des forces spéciales, les salles de conférence ont été transformées pour accueillir divers dispositifs techniques. De faux planchers, de faux plafonds et des murs ont été ajoutés pour camoufler les fils ou étouffer l’écho des conversations entre diplomates dans les corridors.

Ça fait assez agent 007 , se remémore M. Etcheberrigaray, un an plus tard.

Tout cet aspect sécuritaire, la police qui est autour, les chiens qui viennent surveiller, la clôture qui a été construite, les hélicoptères qui viennent et qui partent, le fait qu'on doit s'enregistrer, ça nous a sortis de notre quotidien.

Jean-Jacques Etcheberrigaray, directeur général du Manoir Richelieu

Le Manoir Richelieu se trouvait dans la zone rouge, la plus sécurisée et la plus hermétique. L’hôtelier aime d'ailleurs croire que, durant ces deux jours intenses, son établissement était l’endroit le plus sécuritaire au monde.

L'expérience a été immersive. On se demandait ce qu'on faisait avant, quand il n'y avait pas le G7! , rigole-t-il.

Le président Donald Trump sortant du Manoir Richelieu lors du sommet du G7 à La Malbaie en 2018

Le directeur général du Manoir Richelieu, Jean-Jacques Etcheberrigaray, a pu serrer la main du président américain Donald Trump, qui lui aurait dit que son équipe avait fait un bon travail.

Photo : Courtoisie/Fairmont Manoir Richelieu

En entrevue, on sent (ou on espère!) que l’homme voudrait en dire plus, qu’il cache une panoplie d’anecdotes savoureuses dont lui seul est le gardien. Mais il ne peut pas, et il ne le fera pas.

Pas parce qu’elles concerneraient peut-être Justin Trudeau, Angela Merkel ou Theresa May, mais bien parce qu’il est hôtelier et qu’il ne dévoilerait jamais de l’information confidentielle sur ses clients, quel qu'il soit, assure-t-il.

Theresa May, Emmanuel Macron, Angela Merkel, Shinzo Abe, Donald Trump et Justin Trudeau, entre autres, autour d'une table.

Le Manoir Richelieu aura été le théâtre de photos iconiques, dont celle-ci, captée par l'équipe de la chancelière allemande Angela Merkel.

Photo : Adam Scotti, photographe du premier ministre canadien

Reste que la visite était bien spéciale... et les bénéfices intéressants. Pour un hôtelier, d'avoir un événement de cette taille et de cette réputation dans son hôtel, c'est en fait du pain béni , affirme-t-il. Sans dévoiler de chiffres, Jean-Jacques Etcheberrigaray fait comprendre que l’événement a été payant, très payant même.

Selon lui, les retombées, bien que difficiles à prévoir, pourraient être multiples à plus long terme. D'avoir su livrer le G7 avec son équipe a galvanisé les troupes, et s'avère une carte de plus pour négocier d'éventuels congrès majeurs. La fierté, elle, ne s'estompe pas.

Un bout de clôture du périmètre de sécurité qui entourait le Manoir Richelieu lors du G7 de 2018

La direction du Manoir Richelieu a décidé de conserver un bout de clôture du périmètre de sécurité de quatre kilomètres qui encerclait le bâtiment. Une question de rappeler aux générations futures que le Sommet du G7 était à La Malbaie en 2018.

Photo : Courtoisie/Fairmont Manoir Richelieu

Des efforts qui paient Chez Truchon

L'auberge-bistro Chez Truchon a pour sa part profité d'une visibilité sans précédent lorsque les conjointes et conjoints des dirigeants y sont allés en marge du Sommet du G7. L'ex-première ministre britannique Theresa May y est retournée avec son mari, ce qui a tôt fait de braquer davantage les projecteurs sur le restaurateur de La Malbaie.

Après, on s'en ait fait parler beaucoup. Les gens venaient ici et prenaient en photo la maison, entraient pour savoir où les dignitaires avaient mangé et tout. Ç'a eu des retombées pendant l'été, vraiment extraordinaires. Est-ce que c'est en raison de la belle température? Oui, mais il y a eu le G7 aussi , relate le chef Dominique Truchon.

En décembre, on a eu un groupe de 60 personnes qui ont demandé d'avoir le menu des conjoints et conjointes. On leur a fait un menu gastronomique, le même menu avec les produits locaux.

Dominique Truchon, chef propriétaire, Chez Truchon
Theresa May à sa sortie de chez Truchon

Theresa May à sa sortie de chez Truchon

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

S'il s'estime chanceux, M. Truchon se félicite, sans oublier son équipe, d'avoir accepté le défi que représentait la venue du G7. Il a dû cuisiner avec la présence d'inspecteurs en permanence durant le sommet. Les normes sont toujours respectées dans son établissement, plaide-t-il, mais là, c'était poussé à l'extrême .

Ses employés s'en trouvent plus confiants et plus soudés, remarque-t-il.

Il y en a d'autres [entrepreneurs] qui ont eu des occasions, mais qui ne les ont pas prises parce que c'était trop gros. Nous, on a décidé de relever le défi. Pendant trois mois de temps, le nombre de réunions qu'on a eu... Vérifier tous les points en détail, composer le menu, faire accepter le menu, faire des tests. On a travaillé très fort.

Avec la collaboration de Marc-Antoine Lavoie

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