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Le monde commémore le sacrifice des soldats alliés

Les premiers ministres Édouard Philippe et Justin Trudeau ont rendu hommage aux troupes canadiennes débarquées sur Juno Beach, le 6 juin 1944.

Photo : Associated Press / Fred Tanneau

Radio-Canada

La cérémonie internationale de commémoration des 75 ans du débarquement de Normandie, qui réunit des représentants de plus d'une quinzaine de pays, a eu lieu sur la plage Juno, qui fut foulée par plus de 14 000 soldats canadiens le matin du 6 juin 1944.

La cérémonie a débuté par la lecture de lettres rendant hommage aux diverses nationalités qui ont participé au débarquement et aux opérations subséquentes, y compris les forces des gouvernements en exil de la Pologne et des Pays-Bas, ou encore les troupes grecques, belges et danoises.

Sans oublier, bien sûr, les armées américaine, britannique et canadienne, ainsi que d'autres nations du Commonwealth britannique, comme l'Australie.

Tour à tour, les jeunes orateurs, certains vêtus de costumes traditionnels, ont transmis un message d'unité, en Europe et entre les alliés d'alors et d'aujourd'hui. L'Allemagne a également eu droit à son discours, axé sur « l'importance de construire la paix ».

Lors d'un discours, le premier ministre canadien Justin Trudeau a évoqué « l'histoire des gens ordinaires qui ont risqué leur vie pour sauver celles des autres, pour sauver un monde au bord du gouffre ».

Au-delà des récits guerriers, a-t-il poursuivi, « l'histoire de la bataille de Normandie est aussi une histoire de solidarité et d'amitié ».

Ensemble, les Alliés ont entrepris de rebâtir un monde fracturé, pour éviter de répéter les erreurs du passé, entre autres en érigeant des forums qui encourageaient le dialogue et la collaboration.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

« C'est maintenant à nous de bâtir un monde digne de ceux qui ont tant sacrifié il y a 75 ans », a-t-il ajouté.

De son côté, le premier ministre français Édouard Philippe, à la fin d'une allocution où il a évoqué les durs combats sur les plages normandes, « des terres où avaient déjà eu lieu tant de guerres fratricides », a parlé de la nécessité de « réaffirmer le désir de vivre, de vivre en paix, de vivre dans la concorde des nations, de vivre libre ».

Les deux chefs de gouvernement avaient déjà prononcé des discours lors de la cérémonie tenue jeudi matin pour rendre spécifiquement hommage aux 14 000 Canadiens lancés à l'assaut des plages normandes, le 6 juin 1944.

Plus tôt jeudi, toujours, tout comme l'ont fait les Canadiens, les Américains, les Britanniques et les Français ont chacun rendu un hommage solennel aux soldats qui ont débarqué il y a 75 ans sur les plages de Normandie pour libérer l'Europe de la domination nazie.

Sur la plage de Colleville-sur-Mer qui portait à l’époque le nom de code Omaha, le président des États-Unis, Donald Trump, accompagné de son homologue français, Emmanuel Macron, a rendu un vibrant hommage aux vétérans qui s’étaient déplacés au cimetière d’Omaha Beach pour l’occasion.

« Nous savons ce que nous vous devons à vous, vétérans : notre liberté. Au nom de notre pays, je veux juste vous dire merci », a déclaré en anglais le président français aux anciens combattants, dont plusieurs sont aujourd’hui centenaires.

Le chef de l’État français leur a ensuite remis la Légion d'honneur sous les applaudissements nourris de plus de 12 000 personnes qui s’étaient déplacées pour l’occasion.

Arrivé plus tôt en matinée sur la plage d’Omaha avec son épouse Melania, le président des États-Unis, Donald Trump, n’a pas tari d’éloges pour les faits d’armes de ses compatriotes à qui il a déclaré : « Vous, vétérans de la Deuxième Guerre mondiale qui êtes avec nous aujourd’hui, vous figurez parmi les plus grands que l’Amérique ait connus. Vous êtes la fierté de notre nation. »

Il y a 75 ans jour pour jour, sur ces côtes, sur ces falaises, 10 000 hommes ont versé leur sang et des milliers ont sacrifié leur vie pour leurs frères, pour leur pays, et pour la survie de la liberté.

Donald Trump, président des États-Unis

« Vous êtes la gloire de notre république, et nous vous remercions du plus profond de notre cœur », a lancé Donald Trump sur les pelouses du cimetière d’Omaha où s’alignent plus de 9300 croix blanches et étoiles de David.

Mettant de côté les profonds différends qui minent depuis des mois les relations commerciales et politiques entre Paris et Washington, les deux présidents ont évoqué les liens de longue date qui unissent les Français et les Américains.

« L'Amérique n'est jamais aussi grande que lorsqu'elle se bat pour la liberté des autres », a souligné le président Macron en appelant son homologue américain à ne « jamais cesser de faire vivre l'alliance des peuples libres ».

Le président Trump a de son côté assuré Emmanuel Macron que les liens franco-américains sont « indestructibles ».

Theresa May et Emmanuel Macron lancent les cérémonies

Le compte rendu de Christian Latreille

Plus tôt, le président français et la première ministre britannique Theresa May ont lancé les commémorations de la journée en posant la première pierre d'un monument à la mémoire des militaires britanniques du jour J, à Ver-sur-Mer.

La première ministre britannique a souligné comme il se doit « le courage » et « le dévouement » des 83 000 soldats du Royaume-Uni et du Commonwealth qui ont débarqué ce jour-là.

S'exprimant brièvement en anglais, le président français a réaffirmé la solidité « des liens singuliers » entre la France et le Royaume-Uni, malgré la perspective du Brexit.

Quoi qu'il arrive, nous serons toujours côte à côte parce que c'est notre destin commun.

Emmanuel Macron, président de la France

La première ministre May n’a quant à elle fait aucune allusion à sa démission qui doit survenir demain, le 7 juin, comme elle l’avait annoncé le 24 mai dernier.

Les représentants de 16 pays présents aux cérémonies des 75 ans du jour J ont aussi adopté une « déclaration » pour « faire en sorte que les sacrifices du passé ne soient jamais vains et jamais oubliés ».

Une initiative à laquelle a souscrit le Canada. « Les célébrations d’aujourd’hui ne sont pas seulement pour se souvenir du sacrifice fait il y a 75 ans par tant de jeunes soldats qui se retrouvaient loin de chez eux, mais bien les idéaux pour lesquels ils combattaient », a déclaré à ce sujet le premier ministre Justin Trudeau.

« Ils ont sacrifié leur vie pour la liberté, la défense des droits humains, pour la démocratie. Ce sont des choses qu’on doit préserver pour l’avenir », a-t-il rappelé.

Pas d'invitation pour Vladimir Poutine

Quant au président russe Vladimir Poutine, qui n’a pas été invité cette année aux célébrations en Europe occidentale, il a affirmé que ce n'était « absolument pas un problème » pour lui, en expliquant que la Russie n'invitait « pas tout le monde non plus » à ses cérémonies.

« Pourquoi devraient-ils toujours m'inviter partout? Je suis quoi, un général d'opérette? J'ai assez de choses à faire ici, ce n'est absolument pas un problème », a-t-il déclaré en marge du Forum économique de Saint-Pétersbourg.

Avec les informations de Agence France-Presse

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