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Tensions avec la Chine : Trudeau envisage un tête-à-tête avec Xi au G20

Justin Trudeau, en France pour les commémorations du Jour J, a indiqué être prêt à discuter avec le président chinois pour parler notamment des Canadiens arrêtés en Chine et des relations commerciales tendues entre les deux pays.

Photo : Radio-Canada

Fannie Olivier
Romain Schué

Le premier ministre Justin Trudeau pourrait profiter de la prochaine rencontre du G20 au Japon pour demander un tête-à-tête avec le président chinois Xi Jinping, alors que les points de frictions entre la Chine et le Canada se sont multipliés au cours des derniers mois.

« Certainement qu'on va regarder si ce serait approprié ou désirable d'avoir une conversation directement avec le président chinois », a signalé jeudi le premier ministre canadien, en marge des commémorations du 75e anniversaire du débarquement en Normandie.

Justin Trudeau a indiqué qu'il avait hâte d'être au Japon, où se tiendra le sommet du G20 les 28 et 29 juin.

« C'est une opportunité d'échanger avec bien des leaders avec qui on s'entend [et] avec qui on a des différends, a-t-il noté. C'est toujours l'occasion d'avancer les intérêts du Canada et des Canadiens. »

Les relations entre la Chine et le Canada sont particulièrement houleuses depuis l'arrestation au Canada de Meng Whanzou, directrice financière de Huawei, arrêtée à Vancouver en décembre, à la suite d'une demande d'extradition américaine. L'arrestation quelques jours plus tard de deux Canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor, par les autorités chinoises est venue jeter de l'huile sur le feu.

Notre première préoccupation, c'est le sort des Canadiens qui sont détenus de façon arbitraire en Chine pour des raisons politiques.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Les relations commerciales entre les deux pays sont également tendues. La Chine a cessé d'accepter les importations de canola canadien en mars et a récemment augmenté les contrôles sur celles du porc.

« Nous sommes aussi préoccupés par leurs actions sur le canola et le potentiel d'autres actions sur d'autres produits », a ajouté le premier ministre.

Le soja canadien également touché

La ministre fédérale de l’Agriculture, Marie-Claude Bibeau, s’est quant à elle voulue rassurante.

Interrogée jeudi dans le cadre du Comité permanent de l’agriculture et de l’agroalimentaire, la ministre a indiqué qu’une conversation a eu lieu mercredi soir entre les représentants de son équipe et celle de son homologue chinois.

« C’est encourageant », a-t-elle mentionné, tout en précisant avoir demandé l’envoi d’une délégation canadienne en Chine afin de mieux comprendre cette situation autour du canola canadien. « Ils n’ont pas fermé la porte », a-t-elle confié.

« On nous dit qu’il y a un problème avec canola. On n’a aucune preuve. S’il y a un problème, on aimerait le savoir pour corriger la situation. [...] Il faut que nos spécialistes se parlent, se rencontrent », a-t-elle clamé.

Elle a néanmoins avoué que d’autres produits, comme le soja canadien, feraient en ce moment l’objet d’une limitation d’accès en Chine.

La ministre Bibeau, qui a rencontré le ministre chinois de l’Agriculture, Han Changfu, au Japon à la mi-mai, n’a cependant pas voulu s’avancer sur des conséquences politiques que pourrait envisager le Canada.

On reconnaît que ce n’est pas seulement un enjeu technique. Au niveau diplomatique, on regarde tous les outils qu’on a dans notre coffre à outils, toutes les options qu’on peut prendre.

Marie-Claude Bibeau, ministre fédérale de l’Agriculture

« Je vais revenir à l’attaque », avec le ministre chinois de l’Agriculture, a-t-elle ajouté, clamant que le Canada fournit « des produits de haute qualité » avec « un système d'inspection extrêmement fiable ». Il faut prendre, a-t-elle dit, « des décisions basées sur la science ».

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