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Des parents de Toronto manifestent contre les compressions en éducation

Un groupe de parents et d'élèves

Une centaine de parents et d'enseignants de l'école élémentaire La Mosaique ont manifesté à Toronto

Photo : Radio-Canada / Natasha MacDonald-Dupuis

Natasha MacDonald-Dupuis

Une centaine de parents, d'élèves et d'enseignants ont manifesté, jeudi matin, devant l'école élémentaire La Mosaïque de Toronto contre les coupes en éducation de Doug Ford.

C'était l'une de 150 manifestations organisées jeudi un peu partout dans la région de Toronto par des groupes de parents, qui dénoncent le fait que le gouvernement de Doug Ford augmente la taille des classes, prévoyant sabrer 3475 postes d'enseignants dans la province d'ici 2022-2023.

L'augmentation moyenne sera d'un élève de plus par classe de la 4e à la 8e année. Au secondaire, la moyenne d'élèves passera de 22 à 28.

Les écoles publiques francophones ont déjà annoncé qu'elles devront réduire leur masse salariale de 20 %.

Pour l'enseignante Chantal Carrier de l'école La Mosaïque, c'est en quelque sorte un retour aux années Harris.

C'est une atrocité. On vient tout juste, selon moi, de se remettre du système de Harris. On a fait plus avec moins, mais à un moment donné il y a une limite. L'élastique lâche, et ça, c'est sur le dos de nos élèves.

Chantal Carrier, enseignante à l'école La Mosaïque

L'enseignante Chantal Carrier s'inquiète aussi de la stratégie du gouvernement Ford pour l'autisme. Les enseignants, on croit fortement à l'intégration des élèves en difficulté, dit-elle, mais par contre, on y croit avec du support.

Après des mois de contestation et de mobilisation, le gouvernement Ford a fait marche arrière en partie en lançant des consultations sur sa réforme impopulaire du programme ontarien pour l'autisme.

Le Conseil scolaire Viamonde, dont l'école élémentaire La Mosaïque fait partie, a décidé de ne mettre à pied aucun enseignant.

En contrepartie, le Conseil supprimera deux postes d’accompagnement à la petite enfance pour la mise en oeuvre de programmes ainsi que 17 postes d’accompagnement en salle de classe.

Des parents d'élèves en difficulté ont d'ailleurs manifesté leur inquiétude concernant ces compressions, en plus de l'augmentation de la taille des classes.

Déjà, on n'a pas suffisamment d'écoles, on se bat pour avoir des programmes de qualité, et nous retirer des enseignants à des postes clés comme la musique et les activités parascolaires, c'est vraiment difficile.

Thomas Guillot, père de trois enfants

Des cours annulés

De son côté, le Conseil scolaire public anglais de la région de York (YRDSB) annonce que 123 cours offerts normalement dans ses écoles secondaires ne le seront plus à la rentrée, faute d'effectifs.

Les cours touchés varient d'une école à une autre.

Ils incluent des matières comme la construction, la comptabilité et les arts plastiques, mais aussi les mathématiques, l'anglais et l'histoire.

On reconnaît que ces coupes auront des implications pour les élèves et leurs familles. On a essayé en collaboration avec notre personnel de minimiser les effets négatifs sur nos élèves, indique la directrice du Conseil, Corrie McBain.

Plus de 90 postes d'enseignants seront abolis au Conseil cette année, grâce à l'attrition.

Priorités de Doug Ford

Le gouvernement Ford a défendu ses coupes, citant la lutte au déficit et en expliquant que la décision avait été prise afin d’harmoniser davantage l'effectif des classes du secondaire avec celui des autres provinces et territoires du Canada.

Toutefois, à la veille du premier anniversaire de son mandat, le premier ministre Doug Ford atteint un record d'impopularité.

Marc Hull Jacquin, père de trois enfants, croit d'ailleurs que son gouvernement n'a pas les bonnes priorités.

C'est décourageant que notre gouvernement refuse de mettre nos enfants devant toutes les autres priorités, dit-il. La bière dans les magasins, pour moi, c'est un peu ridicule en comparaison à l'avenir de nos enfants.

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