•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Fort McMurray : le projet de moratoire sur les camps pétroliers survit de justesse

Quatre blocs de rangées de logements industriels identiques sont aménagés entre des routes et de la forêt.

La Municipalité de Wood Buffalo dénombre 109 camps de travailleurs près de Fort McMurray.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Radio-Canada

La proposition d'un moratoire sur les camps de travailleurs à Fort McMurray, en Alberta, pourra passer à la prochaine étape. Une motion visant à la bloquer a été défaite de justesse, mardi, au conseil municipal de Wood Buffalo.

Après quatre heures d’intenses débats, le vote pour avorter le projet est arrivé à égalité, ce qui permet au projet d’aller de l’avant.

Une première lecture est prévue le 11 juin.

Deux autres lectures devraient suivre pendant l’été. S’il est adopté, le moratoire interdirait la construction de nouveaux camps de travailleurs dans un rayon de 75 kilomètres autour de Fort McMurray, et les permis des camps déjà installés dans ce périmètre ne seraient pas renouvelés.

Cette idée faisait l’unanimité au sein du conseil municipal lorsqu’elle a été présentée par le maire, Don Scott, en janvier dernier. Ce consensus s’est effiloché depuis.

« Je ne crois pas qu’un moratoire réponde à nos besoins en ce moment », dit la conseillère Verna Murphy, qui a proposé la motion pour avorter le moratoire.

Selon elle, il serait hypocrite pour le conseil municipal de Wood Buffalo d’adopter une telle mesure alors que plusieurs de ses membres s’apprêtent à voyager jusqu’à Ottawa afin de faire pression sur le gouvernement fédéral pour accélérer l’approbation des pipelines. Elle préférerait que le conseil municipal suive l'exemple du premier ministre de l'Alberta, Jason Kenney, et se concentre sur l'adoption de mesures qui encouragent l'industrie pétrolière.

Verna Murphy sourit à la caméra dans une salle avec des chaises.

La conseillère Verna Murphy craint qu'un moratoire sur les camps de travailleurs ne freine le développement de l'industrie pétrolière.

Photo :  CBC / Jamie Malbeuf

Le maire, Don Scott, estime toutefois que le fort volume de travailleurs qui ne paient pas de taxe municipale créée une pression exagérée sur les infrastructures et les services de la ville.

« Chaque fois que nous délivrons un permis, nous nuisons à notre développement à long terme », déplore-t-il. Et c'est avec fougue qu'il a défendu aux côtés de Mme Murphy son point de vue devant le conseil municipal mardi soir.

Le ton monte

Le directeur général de Oil Sands Community Alliance, Karim Zariffa, a fait écho aux arguments de la conseillère. Selon lui, un moratoire « diminuerait encore plus la compétitivité de l’industrie, et découragerait de nouveaux investissements dans la région ».

Le maire a rétorqué en le questionnant sur les engagements de la compagnie envers la communauté de Wood Buffalo et la façon dont ils ont progressé au cours des deux dernières années. M.Zariffa a mentionné les efforts de son employeur pour recruter localement.

Verna Murphy est intervenue pour calmer l’échange qui s’échauffait.

« Nous ne sommes pas au tribunal, donc je crois qu’on devrait respecter les délégués qui se présentent », a-t-elle dit.

Don Scott a tout de suite rétorqué : « Je veux que les gens se mettent à respecter cette communauté. J’ai été élu pour représenter les résidents de cette région. Si ça ne vous plaît pas, vous n’êtes probablement pas au bon endroit ».

Après une courte pause, il s’est excusé pour ses commentaires à l’endroit de Mme Murphy. Il a aussi dit qu’il espérait que ses « questions ardues » n’avaient pas offensé M.Zariffa.

Encourager les va-et-vient

Au cours de la même soirée, les conseillers ont voté en faveur de nouvelles mesures pour encourager les travailleurs qui voyagent quotidiennement entre Fort McMurray et leur domicile au lieu de vivre dans les camps.

La Municipalité a entre autres résolu de travailler avec les compagnies pour faciliter le transport. Un projet-pilote sera lancé cet été pour des stationnements incitatifs au transport en commun.

Avec les informations de Jamie Malbeuf, CBC News

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !