•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

9 enfants meurent alors qu'ils étaient sous protection gouvernementale

Une photo d'un jeune garçon posant son visage sur sa main.

Les neuf enfants morts avaient entre 3 mois et 18 ans, les Autochtones étant surreprésentés.

Photo : iStock

Radio-Canada

Le dernier rapport du protecteur à l'enfance de l'Alberta, publié mercredi, montre que 9 enfants sont morts entre le 1er avril et le 30 septembre 2018 alors qu'ils étaient sous responsabilité provinciale.

Le rapport décrit neuf histoires déchirantes. Le suicide de deux jeunes de 17 et 12 ans. La mort d’un bébé de 3 mois, né avec des retards parce que sa mère avait consommé de la drogue pendant sa grossesse.

Les neuf enfants morts, identifiés uniquement par des pseudonymes, avaient entre 3 mois et 18 ans. Dans ce nombre, les Autochtones sont en plus grand nombre, puisque huit des enfants qui sont morts appartenaient à des Premières Nations.

« J'ai toujours un sentiment de tristesse quand je parle de ces enfants. Je pense à la douleur pour les familles et les intervenants de les avoir perdus », a dit Del Graff, le protecteur à l’enfance de l’Alberta.

Le rapport de 124 pages est le premier à être publié depuis un changement législatif qui oblige l’organisme à enquêter et à publier l’information sur tous les enfants morts en un an.

Le rapport fait cinq recommandations pour améliorer les services.

Del Graff demande notamment une révision des politiques de Services de santé Alberta, après le suicide de Nova, 12 ans.

La fillette souffrait d’anxiété et avait un déficit d’attention. À l’âge de 8 ans, elle avait été victime d'abus sexuel par un membre de sa famille. À l’école, elle était victime de harcèlement. Elle s'enfuyait souvent de l'école et s’automutilait.

Elle était suivie par les services sociaux, mais son dossier avait été fermé quand sa mère l’a envoyé vivre chez des proches.

Le rapport note la complexité de l’accès aux services d’aide, qui sont prioritairement offerts par le biais des urgences de manière « inefficace ».

Sur une période de 14 mois, la jeune Nova s'est rendue aux urgences huit fois. Sa mère dit qu’elle avait eu plus de 80 rencontres avec du personnel des services sociaux et de Services de santé Alberta. Un peu avant ses 12 ans, Nova a parlé de plus en plus souvent de se tuer. Elle a perdu du poids et s'est isolée. Quelques heures après avoir soufflé ses 12 bougies, elle s'est enlevé la vie.

Dans son rapport, Del Graff est sans équivoque.

« De nombreuses questions demeurent sans réponse » dans cette affaire, dit Del Graff. Par exemple, pourquoi son dossier a-t-il été fermé et pourquoi ses multiples visites à la salle d’urgence n’ont-elles jamais été signalées?

Le rapport demande aussi une injection de fonds dans le système pour que les intervenants aient accès aux conseils de thérapeutes ou de psychologues durant leurs interventions, pour que les besoins des enfants exposés à la drogue soient mieux évalués et que le nombre de cas par intervenant ne dépasse pas la limite.

« Seul un vrai changement dans le fonctionnement du système et un changement dans la situation des jeunes et de leur famille permettra d'améliorer les résultats », ajoute Del Graff.

Rebecca Schulz, la ministre des Services à l'enfance, dit qu'elle va réviser le rapport.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Alberta

Enfance