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Samsung ouvre un laboratoire d’IA à Montréal

Simon Lacoste-Julien souriant.

Simon Lacoste-Julien dirige une équipe de chercheurs de calibre mondial au laboratoire de Samsung à Montréal.

Photo : Exergue Communications

Radio-Canada

Le chercheur en intelligence artificielle (IA) Simon Lacoste-Julien était en train d'obtenir sa citoyenneté française en 2016, lorsqu'une offre d'emploi à Montréal a attiré son attention. Encouragé par Yoshua Bengio à revenir au Québec, il plonge dans cette aventure qui a pris un nouveau virage avec sa nomination à la tête d'un nouveau laboratoire de recherche de Samsung à Montréal.

Un texte de Karl-Philip Vallée

Ce laboratoire, baptisé SAIT AI Lab, a officiellement lancé ses activités mercredi dans des locaux fraîchement rénovés au Mila, le centre de recherche en IA fondé par Yoshua Bengio en 1993. Un seul chercheur a pour l’instant été embauché, mais l’entreprise compte en ajouter une vingtaine d’ici cinq ans, et c’est Simon Lacoste-Julien qui est chargé d’assembler cette équipe de spécialistes.

Je viens de Longueuil, ma famille est ici, explique celui qui est rentré dans la Belle Province après avoir partagé sa vie pendant 13 ans entre la Californie, le Royaume-Uni et la France. Ça trottait toujours dans ma tête de faire un retour au bercail. Quand Yoshua [Bengio] m’a parlé de l’écosystème montréalais qu’il voulait créer en attirant des chercheurs, j’ai voulu y participer pour apporter quelque chose au Québec.

Le positionnement de Montréal dans l’échiquier mondial de la recherche en IA a contribué à convaincre Simon Lacoste-Julien d’abandonner sa vie bien établie en France pour revenir chez lui. Le nombre impressionnant de chercheurs de grand talent rassemblés dans la métropole québécoise en 2016, qui n’a fait que croître depuis, était le poids qui a fini de faire pencher la balance.

En plein coeur du Mila

Après des années à se spécialiser dans les domaines de l’apprentissage automatique et de l’optimisation, M. Lacoste-Julien se sent aujourd’hui prêt à diriger sa propre équipe de chercheurs de calibre mondial au laboratoire de Samsung.

Le nouveau directeur sera en plein coeur de l’environnement bouillonnant qui l’a attiré ici, puisque les locaux du laboratoire se trouvent dans le Mila, où travaillent près de 350 chercheurs.

Samsung n’est pas très connu dans le monde académique, explique Simon Lacoste-Julien. C’est pour ça qu’ils veulent fonder des laboratoires académiques, pour améliorer leur présence dans le domaine.

Mieux comprendre l’apprentissage profond

Le premier chercheur de l’équipe commencera à travailler au début du mois de juillet. C’est un expert mondial de l’optimisation, affirme M. Lacoste-Julien avec une fierté évidente. La science derrière l’optimisation nous permet de comprendre davantage comment l’apprentissage profond fonctionne. On va utiliser ses recherches pour mieux comprendre cet aspect et en minimiser les erreurs.

Plus concrètement, le laboratoire de Samsung à Montréal se concentrera principalement sur la reconnaissance vocale, la traduction automatique et la compréhension du langage naturel, trois domaines dans lesquels l’entreprise coréenne a beaucoup avancé ces dernières années.

Samsung aimerait par exemple améliorer la compréhension par les ordinateurs des différents accents dans une même langue. Actuellement, un algorithme entraîné à Montréal ne fonctionnerait pas nécessairement aussi bien s’il était utilisé au Saguenay-Lac-Saint-Jean, par exemple.

L’éthique au cœur de ses préoccupations

Toute la recherche effectuée ici se fait en mode “science ouverte” avec l’objectif d’en faire bénéficier la société, ajoute-t-il.

Comme bien des chercheurs de renom, Simon Lacoste-Julien désire d’ailleurs s’assurer que ses recherches ne soient pas détournées à des fins néfastes. Ayant un jour envisagé d’étudier en philosophie, les nombreuses questions éthiques que soulève l’IA le préoccupent fortement.

C’est important que les inégalités sociales n’augmentent pas à cause de l’automatisation du travail, explique-t-il. D’un point de vue plus technique, il faut aussi trouver des façons pour identifier et corriger les biais dans les algorithmes.

Mais au bout du fil, on sent qu’il est optimiste. Ce sont des sujets qui sont très présents au Mila, dit-il avant d’expliquer qu’il croit que la société canadienne est un environnement propice au développement responsable de l’IA.

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