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Une 10e année de lutte contre la tordeuse des bourgeons de l’épinette

Une forêt contenant une multitude d'arbres morts

Une photo montrant les arbres morts en raison de la tordeuse des bourgeons de l'épinette (archives)

Photo : ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

Joane Bérubé

Cela fait maintenant 10 ans que la Société de protection des forêts contre les insectes et les maladies (SOPFIM) arrose d'insecticide les forêts du Québec pour limiter les dégâts de la tordeuse.

L’infestation, qui devrait perdurer encore au moins une douzaine d’années dans les régions de l’Est-du-Québec, touche maintenant 1,2 million d’hectares au Bas-Saint-Laurent et 1,3 million d’hectares en Gaspésie.

Cette année, les arrosages contre la tordeuse des bourgeons de l’épinette s’amorceront seulement à la mi-juin.

L’arrosage doit s’effectuer au moment précis où la larve commence à se nourrir. En raison d’un printemps froid, le développement de l’insecte semble plus lent cette année. On est minimalement une semaine en retard par rapport à l’an dernier , selon Jean-Yves Arsenault, directeur général de la SOPFIM.

Le temps frais est aussi une bonne chose pour les arbres. Comme l’objectif [de l’arrosage] est de protéger 50 % du feuillage, il y a plus de feuillage quand l’insecte commence à se nourrir , explique le DG de la SOPFIM.

Cependant, Jean-Yves Arsenault ajoute que l’insecte se développera rapidement aux premiers signes de chaleur, ce qui risque de réduire le temps d’intervention de la SOPFIM.

Réservoirs pour l'arrosage de la tordeuse des bourgeons de l'épinette

Réservoirs pour l'arrosage de la tordeuse des bourgeons de l'épinette

Photo : Radio-Canada

Diminution et augmentation

Selon les observations de la SOPFIM, les territoires touchés par l’infestation de la tordeuse des bourgeons de l’épinette ont diminué de 6 % au Bas-Saint-Laurent, l’an dernier. Il ne faut toutefois pas se réjouir trop vite, selon Jean-Yves Arsenault.

C'est pour une raison que l'on cherche toujours à expliquer, mais on le voit dans la Vallée de la Matapédia. Ce n’est pas un signe de fin d’épidémie. Ça arrive des choses du genre, on l’a vu sur la Côte-Nord. L’année suivante, on peut avoir une recrudescence de l’épidémie assez formidable.

Contrairement au Bas-Saint-Laurent, l’infestation a progressé de 43 % en Gaspésie. Elle s’étend à l’est en direction de Gaspé, dans la partie nord de la Gaspésie et le sud, qui commence lentement mais sûrement à être rejoint par l’épidémie. La région de Chandler n’est pas encore touchée. On est plus dans le secteur de Bonaventure, en direction de Paspébiac, précise le directeur général de la SOPFIM.

Deux nouvelles bases seront ouvertes cette année, une à Matane et l’autre à Gaspé. À Matane, les équipes effectuaient des tests cette semaine en prévision de l’arrosage.

Les avions de la SOPFIM à l'aéroport de Matane

Les avions de la SOPFIM à l'aéroport de Matane

Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

Une dizaine d'employés de la SOPFIM, un hélicoptère, cinq aéronefs d'arrosage et un avion de supervision seront basés à l'aéroport de Matane.

Les équipages pourraient être augmentés l’an prochain lorsque les réparations prévues à l’aéroport de Matane auront été effectuées. La base de Gaspé sera plus importante même si seulement quelques signes de défoliation ont été notés dans le secteur. Essentiellement, indique M. Arsenault, c’est dû au rayon d’action de nos avions. On parle toujours de 80 km de rayon d’action par rapport à une base. Ça va aussi nous permettre de couvrir la Gaspésie en entier quand l’épidémie sera rendue là.

C’est toutefois à Bonaventure que se trouvera cet été la base la plus importante de la Gaspésie.

Cibles précises

La SOPFIM n’arrose pas l’ensemble du territoire, mais des zones spécifiques ciblées en fonction de la maturité des forêts. Ce sont des forêts d’une trentaine d’années que l’on vise, des peuplements plus à maturité. On regarde à l’échelle du Québec, les territoires qui sont susceptibles d’être attaqués par la tordeuse et ensuite ceux qui répondent aux critères de protection, explique Jean-Yves Arsenault.

À l’échelle du Québec, l’épidémie atteint 8008,1 millions d’hectares de forêt.

Au total, seulement 5 % des territoires potentiellement touchés sont traités. De ce 5 % à l’échelle du Québec, il en a 33 % situés au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie, dû au fait qu’il y a une haute présence de sapins, une essence recherchée par l’insecte.

Chenille de tordeuse sur une épinette

Chenille de tordeuse sur une épinette

Photo : Radio-Canada

La SOPFIM vise à protéger 50 % du feuillage sur 70 % des superficies ciblées. L’an dernier, le taux de réussite a été de 99 %. En moyenne, depuis 2009, l’arrosage a permis de protéger 85 % des arbres des territoires traités.

Le recours au BT, le Bacillus thuringiensis, l’insecticide biologique utilisé par la SOPFIM pour lutter contre l’invasion de la tordeuse n’est qu’un des moyens utilisés.

La coupe forestière des boisés touchés fait aussi partie des stratégies. La lutte contre la tordeuse est axée principalement sur la protection de la valeur ligneuse. L’idée n’est pas d’éradiquer l’insecte, mais de limiter les impacts économiques néfastes , souligne le DG de la SOPFIM.

Forêts privées

Pour la première fois, l’an dernier, la SOPFIM a procédé à l’arrosage de boisées privés sous aménagement.

Quelque 12 000 hectares ont été arrosés l’an dernier. Cette année, ce sera un peu moins de 10 000 hectares. Principalement dû à une baisse de l’épidémie au Bas-Saint-Laurent , relève M. Arsenault.

Le programme, financé à 100 % par Québec, fonctionne sur une base d’inscription volontaire sur des superficies minimales de 10 hectares.

La SOPFIM compte neuf bases d’opérations. En juin, 61 avions d’arrosage survoleront les forêts du Québec. À cela s’ajoutent une quinzaine d’avions de surveillance. La majorité des pilotes proviennent de l’Ouest canadien.

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Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Protection des écosystèmes