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Les États-Unis cessent l'aide à la recherche sur les tissus fœtaux

Des outils gynécologiques.

Le département de la Santé a annoncé que plus aucun chercheur des Instituts nationaux de santé ne pourrait travailler sur les tissus fœtaux issus d'avortements.

Photo : iStock

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le gouvernement de Donald Trump a annoncé mercredi qu'il mettait fin à toute recherche médicale dans les centres fédéraux sur les tissus fœtaux issus d'avortements, accédant à une revendication majeure des militants anti-IVG aux États-Unis.

Le département de la Santé a annoncé dans un communiqué que plus aucun chercheur des Instituts nationaux de santé (NIH) ne pourrait travailler sur ce type de tissus.

« Promouvoir la dignité de la vie humaine de la conception jusqu'à la mort naturelle est l'une des principales priorités de l'administration du président Trump », a indiqué le département.

En outre, l'administration a précisé qu'elle ne renouvellerait pas le contrat de financement public, d'un montant de 2 millions de dollars par an, conclu en 2013 avec l'université de Californie à San Francisco (UCSF) pour des travaux de recherche sur les tissus foetaux. Ceux-ci sont utilisés pour développer de nouveaux traitements contre le VIH, le virus qui cause le sida.

L'UCSF utilise notamment des souris dans lesquelles les chercheurs implantent du tissu foetal pour créer un système immunitaire proche de celui de l'homme et tester des anticorps potentiels contre le virus.

Un audit avait été lancé en septembre 2018 et, depuis, des extensions de 90 jours du contrat avec l'UCSF avaient été accordées. L'extension actuelle courait jusqu'à mercredi, et ne sera pas renouvelée, a fait savoir le département de la Santé.

Les projets de recherche financés par des fonds publics dans d'autres universités ou centres de recherche ne seront pas exclus systématiquement, mais seront désormais soumis à une nouvelle procédure faisant appel à un comité d'éthique consultatif.

Débat

La décision a été saluée par les opposants au droit à l'avortement, qui assurent que ce type de recherche est immoral et pourrait encourager les femmes à avorter.

« La plupart des Américains refusent que leurs impôts créent un marché pour des parties de bébés avortés qui sont ensuite implantées dans des souris et utilisées pour des expérimentations », a affirmé l'organisation Marche pour la vie ». Selon elle, les chercheurs devraient se concentrer sur des cellules souches d'adultes ou des cordons ombilicaux.

Mais pour de nombreux scientifiques, les tissus foetaux sont essentiels dans les recherches de pointe et ils ont déjà permis de nombreuses avancées, notamment en ce qui a trait aux vaccins contre la poliomyélite, la rubéole et la rage.

L'arrêt des financements publics « va anéantir des recherches cruciales, ralentir les traitements contre le cancer, le sida, la démence. Interdire le tissu foetal, c'est interdire l'espoir pour des millions de gens qui souffrent de maladies invalidantes », a estimé sur Twitter Lawrence Gostin, professeur en droit de la santé à l'université de Georgetown à Washington.

Environ 1,1 million de personnes vivent avec le VIH aux États-Unis, où le chiffre annuel des contaminations stagne depuis 2013 à environ 39 000 cas.

Les traitements actuels, notamment à un stade précoce, peuvent empêcher le virus de se développer.

La décision du gouvernement intervient après le vote dans plusieurs États conservateurs de lois très restrictives sur les interruptions volontaires de grossesse (IVG). L'objectif est de ramener cette question sensible devant la Cour suprême, qui avait légalisé l'avortement en 1973, en espérant un revirement de situation de la part des juges de la Cour où les conservateurs ont désormais la majorité.

Donald Trump, un opposant déclaré à l'avortement, veut également mobiliser sa base électorale fortement opposée à l'IVG alors qu'il briguera un second mandat en 2020.

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