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Un DC-3, témoin du débarquement allié, de retour dans le ciel

Le DC-3 restauré par Mikey McBryan Photo: Radio-Canada / Ivanoh Demers
Jean-Michel Leprince

Le 5 juin 1944, peu avant minuit, décollait d'Angleterre un avion canadien sous les couleurs de la Royal Air Force vers les plages de France avec à son bord 17 parachutistes : les éclaireurs du grand débarquement de Normandie. Cet appareil, un DC-3, s'appelait le Douglas Dakota C-47 en version militaire. Abandonné après de bons et loyaux services pour Trans Canada Airways et Transports Canada, il a été sauvé par des passionnés de l'aviation à Saint-Hubert, au Québec.

L'avion est en mauvais état.L'épave du DC-3, abandonnée près de l'aéroport de Saint-Hubert. Photo : Pierre GILLARD

Le DC-3 était une épave abandonnée près de l’aéroport de Saint-Hubert, sur la Rive-Sud.

Benoit de Mulder, passionné d’aviation et historien, fait l’acquisition de cet appareil historique dans le but de le restaurer et de le placer dans un éventuel musée de l’aviation. Le musée n’a pas vu le jour.

Le volant du pilote est brisé, et des fils sortent de partout.La cabine de pilotage du DC-3 Photo : Daniel Villeneuve

Et pour restaurer le DC-3, il a fallu que Mikey McBryan l’achète après l’avoir trouvé sur eBay. McBryan est dirigeant de Buffalo Airways, compagnie aérienne mythique des Territoires du Nord-Ouest.

Buffalo Airways, qui possède huit DC-3, restaure cet appareil grâce à la participation de nombreux bénévoles, des élèves et des professeurs de l’École nationale d’aérotechnique de Saint-Hubert (ÉNA) ainsi que des employés de Buffalo Airways.

Plus de 150 jours de travail, 7 jours sur 7

Mikey McBryan pose devant son avion.Le nouvel acquéreur d’un avion DC-3, Mikey McBryan Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

L’objectif est de faire voler l’appareil le 6 juin 2019 à l’occasion du 75e anniversaire du jour J du débarquement de Normandie, auquel ce DC-3 a participé.

En fait, nous l’avons sauvé pour honorer la mémoire de ceux qui ont fait le débarquement de Normandie, D Day, le jour J, et il deviendra éternel. Cet avion me survivra.

Mikey McBryan, PDG, Buffalo Airways

Le DC-3 devient le Douglas Dakota C-47

Le DC-3 est un avion mythique. Conçu dans les années 30 par la compagnie américaine Douglas, il est renforcé, converti en avion de transport militaire et il devient, pour la Royal Air Force britannique (qui inclut des Canadiens), le Douglas Dakota C-47. Il a été construit à 12 000 exemplaires.

L’appareil restauré a été construit en janvier 1944 à Oklahoma City aux États-Unis, transféré à la Royal Air Force à Dorval, à Montréal, en février 1944, convoyé par les airs jusqu'en Angleterre et versé au Squadron 271.

Avec le Squadron 271, cet avion-là a participé à des opérations majeures de la Deuxième Guerre mondiale; on ne parle pas du type, mais vraiment de cet appareil-là. Donc, il a fait le débarquement en Normandie à 23 h 50 le 5 juin. Donc, il a décollé de Blakehill Farm en Angleterre et a largué 17 parachutistes au-dessus de la Normandie. Des 17, la moitié n'ont pas survécu.

Benoit de Mulder, historien du projet DC-3

L’avion été touché par l’artillerie antiaérienne (DCA) allemande, mais a pu regagner l’Angleterre où il a largué des hommes, du ravitaillement et transporté des blessés jusqu’à la fin de la guerre.

L'avion est en plein vol. Sur le fuselage, il est écrit : Trans-Canada Air Lines.Image d'archives du DC-3 Photo : Transports Canada

Adapté par Canadair (Montréal) à la vie civile, l'avion a transporté des passagers sur Trans-Canada Airlines, l'ancêtre d'Air Canada, et a terminé sa carrière au service de Transports Canada dans les années 80.

Histoire et apprentissage

Quand nous avons tourné des images du travail de restauration en mai dernier, Jean Lapointe, pilote, expert de Radio-Canada en aviation, était à l’ÉNA. Son père Paul Émile, fondateur de Québecair en 1946, a longtemps volé sur un DC-3 avec son fils à ses côtés. Cet avion, on s’en souvient avec affection. Nous lui avons demandé pourquoi restaurer cet appareil.

Une dizaine de personnes travaille sur un avion.Un DC-3 remis en état de vol par des bénévoles à Saint-Hubert. Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

« Pourquoi le restaurer? On a l'histoire, on a des jeunes de l'école ici qui font du bénévolat et qui en touchant l'avion sont curieux de comprendre ce qui s'est passé avec cet avion-là, et donc remontent dans le temps; et de bien comprendre l'histoire, je crois que ça aide à mieux préparer le futur », a prcisé le pilote Jean Lapointe.

L’École nationale d’aérotechnique, dont des étudiants et des professeurs ont participé à cette aventure de la restauration, est un chef de file en formation des métiers de l’aérospatiale au Canada et dans le monde. Encore trop méconnue, elle recrute. Avis aux amateurs.

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