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Trois ostéopathes condamnés pour pratique illégale de la médecine

Une femme effectue un traitement ostéopathique.

Selon les responsables de regroupements d'ostéopathes, les gestes reprochés sont tout à fait justifiés.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Trois ostéopathes ont été condamnés mercredi, au palais de justice de Montréal, pour pratique illégale de la médecine, un jugement qui pourrait avoir d'importantes répercussions sur les autres personnes exerçant cette profession.

L'affaire remonte à septembre 2016, au moment où une enquêteuse du Collège des médecins s'est présentée à deux reprises à la clinique externe du Collège d'études ostéopathiques de Montréal et y a été reçue par des étudiants et des professeurs.

Ce sont ces deux « consultations » de l'enquêteuse, qui a notamment prétexté un mal de genou, qui ont mené à l'accusation de cinq personnes pour pratique illégale de la médecine.

Sur les cinq accusés, trois ont été condamnés pour avoir offert des traitements médicaux illégaux et avoir diagnostiqué des maladies. Le Collège d'études ostéopathiques a également été reconnu coupable de plusieurs infractions, dont celle d'avoir encouragé ses employés à pratiquer la médecine.

Une audience est prévue le 5 septembre prochain pour déterminer la peine des accusés. Initialement, le Collège des médecins demandait plus de 370 000 $ en amendes.

Un nécessaire ordre professionnel

La pratique de l'ostéopathie n'est pas réglementée par un ordre professionnel. Pour Bernard Philie, directeur général du Collège d'études ostéopathiques de Montréal, un tel ordre permettrait justement de définir officiellement les gestes qui peuvent être posés dans le cadre de la pratique des ostéopathes.

« Présentement, nous sommes poursuivis pour une supposée pratique illégale de la médecine. [...] Actuellement, toutes les cliniques ayant fait l'objet de la visite de l'enquêteuse ont justifié les actes médicaux effectués », a-t-il affirmé.

Ce que nous avons fait, c'est de l'ostéopathie, pas de la pratique illégale de la médecine.

Bernard Philie, directeur général du Collège d'études ostéopathiques de Montréal

Les ostéopathes, qui cherchent à faire reconnaître officiellement leur profession par Québec depuis 2008, se disent par ailleurs étonnés d'être poursuivis par le Collège des médecins, puisque des discussions sont justement en cours avec cette organisation pour faciliter ces démarches de reconnaissance.

« Cela fait longtemps que l'on milite pour ça, mentionne ainsi Marc Gauthier, président d'Ostéopathie Québec, et nous avons eu des nouvelles du cabinet de la ministre de la Justice, Mme LeBel, comme quoi l'Office des professions travaille à différents encadrements possibles de l'ostéopathie au Québec, et que l'on aura des nouvelles dans l'année. »

Dans le jugement, on peut d'ailleurs lire qu'un « vide juridique » confine les ostéopathes à « une impasse parce qu'ils se trouvent dans une situation récurrente de contrevenir à la loi. Seule une intervention du législateur peut y remédier ».

Le Collège d'études ostéopathiques est établi depuis 1981 et sa clinique externe fonctionne depuis 2004.

Avec les informations de Normand Grondin

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