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L'opposition soudanaise rejette le dialogue proposé par l'armée

Un manifestant dans les rue de Khartoum, la capitale soudanaise

Un manifestant dans les rue de Khartoum, la capitale soudanaise

Photo : Associated Press

Reuters

Une alliance de l'opposition et des manifestants soudanais a rejeté mercredi l'offre de reprise du dialogue proposée par les militaires au pouvoir à Khartoum depuis la chute du président Omar El-Béchir.

« Nous n'acceptons pas l'invitation du Conseil militaire de transition », a déclaré à Reuters Madani Abbas Madani, un des dirigeants de l'Alliance des forces de la liberté et du changement.

L'alliance, a-t-il ajouté, n'a plus confiance en la junte qui, dit-il, « impose la peur aux habitants dans les rues ».

Madani a notamment relevé qu'un opposant et membre de l'alliance, Yasir Arman, chef adjoint du groupe rebelle SPLM-N (Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord), avait été arrêté peu après l'offre de dialogue des militaires.

Deux jours après l'intervention meurtrière des forces de sécurité contre les manifestants dans le centre de Khartoum, laquelle a fait au moins 60 morts selon l'opposition, le chef du Conseil militaire de transition, le général Abdel Fattah Al-Bourhan, a proposé mercredi matin de négocier sans condition, hormis celle de préserver « les intérêts de la patrie », dans une allocution lue à la télévision nationale.

La veille, il avait annoncé l'annulation de tous les accords conclus avec l'Alliance des forces de la liberté et du changement, fer de lance de la contestation qui a débuté au Soudan en décembre dernier et a conduit à la destitution du président Omar El-Béchir le 11 avril.

L'opposition soudanaise mène une campagne de désobéissance civile pour obtenir le départ des militaires.

Le CMT promet une enquête « transparente »

Une association de médecins liée à l'opposition a revu à la hausse mercredi, à plus de 60 morts, le bilan de l'assaut donné par les forces de sécurité contre le grand campement installé par les protestataires devant le siège du ministère de la Défense à Khartoum et des heurts qui ont suivi.

Aucun bilan officiel n'a été communiqué par les autorités militaires.

Selon les médecins, 40 cadavres ont été repêchés dans le Nil mardi et pris vers une destination inconnue par des camionnettes appartenant aux Forces de réaction rapide (RSF), l'unité paramilitaire qui a mené l'attaque de lundi.

Les rues de plusieurs quartiers de la capitale soudanaise étaient bloquées mercredi par des manifestants et l'on pouvait entendre des coups de feu dans le lointain, mais aucun nouvel affrontement n'a été signalé.

La plupart des boutiques étaient fermées, les musulmans célébrant l'Aïd el-Fitr qui marque la fin du jeûne du ramadan. Quelques petits rassemblements de protestation ont eu lieu devant des mosquées.

L'armée dément avoir cherché à disperser lundi les manifestants qui campaient depuis des mois au cœur de Khartoum, affirmant avoir pourchassé des fauteurs de troubles.

Le CMT a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête « indépendante, urgente et transparente », selon les termes de son vice-président le général Mohamed Hamdan Dagalo, qui est le chef des Forces de réaction rapide.

« Toute personne qui outrepasse les limites doit être punie », a-t-il déclaré.

L'Association des professionnels soudanais (APS), l'un des moteurs de la contestation, membre de l'Alliance des forces du changement, réclame une enquête internationale sur ce qu'elle dénomme un « massacre ».

Avant le raid, les discussions entre le CMT et les Forces de la liberté et du changement butaient sur la question de savoir qui, des civils ou des militaires, conduirait la transition.
L'Arabie saoudite, qui a des liens étroits avec le CMT, a dit suivre les événements avec attention et a appelé à davantage de dialogue.

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