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Une association demande une politique québécoise pour les élèves surdoués

Enfant de 4ans surdoué et sa mère Photo: Radio-Canada / Carl Boivin
Nicole Germain
Audrey Paris

L'association Haut Potentiel Québec demande au gouvernement provincial d'élaborer une politique sur la douance chez l'enfant. Ce regroupement de familles et de professionnels qui aident les enfants surdoués estime que ces jeunes doivent être reconnus comme des élèves ayant des besoins particuliers.

« Une politique sur la douance au Québec ferait une différence, ce serait un bon début pour épauler les familles », affirme la cofondatrice et vice-présidente de l’organisme. Sylvie Régnier explique qu’avec une telle politique, les écoles seraient mieux accompagnées pour accueillir des élèves qui apprennent plus vite que les autres.

Mardi, le ministre de l’Éducation a montré une ouverture face à la douance. Lors de son annonce concernant l’ajout de 150 classes spécialisées dans le système scolaire, Jean-François Roberge a indiqué que ces classes pourraient aussi servir aux jeunes surdoués.

« Je le précise, les classes spécialisées, ça peut aussi être pour les jeunes qui ont une douance, a-t-il affirmé. Il faut penser à ces jeunes-là, qui eux aussi ont des besoins particuliers. »

Une annonce qui pourrait aider la famille du petit Leland-Olivier Harper de Québec. Maintenant âgé de quatre ans, il été évalué comme étant un enfant surdoué lorsqu’il avait deux ans et onze mois. Sa mère estime elle aussi que le système scolaire québécois devrait être mieux adapté à la douance.

Isabelle Girard explique avoir approché une trentaine d’écoles dans l’espoir d’en trouver une pour Leland qui devrait commencer la maternelle en septembre. « Je cherche des solutions pour qu’il soit vraiment stimulé, mentionne-t-elle. À date, je n’en ai pas trouvé, à part l’école à la maison, ce qui n’est pas toujours évident non plus. »

Leland répond à la question : « C'est quoi un enfant surdoué? »

Le 10 % supérieur à la norme

La neuropsychologue Sandra Guimond explique qu’il y a une variable commune chez toutes les personnes surdouées : elles ont des capacités supérieures à la norme. « On s’attend à des résultats entre le 10 % supérieur, jusqu’à parfois le 2 % supérieur à la norme », précise-t-elle.

Pour illustrer les besoins de son fils, Isabelle Girard dit qu’il doit constamment être nourri. Sinon, il s’ennuie. « Je ne peux pas l’envoyer à la maternelle, c’est l’année prochaine. Il compte déjà jusqu’à 100. Il apprend les exposants, il est rendu là », soutient la mère de famille.

D’après la neuropsychologue, il existe différentes options pour les parents comme Mme Girard. Il y a l’école à la maison, qui demande beaucoup d’efforts de la part des familles. Mais il existe aussi des programmes dans les écoles qui permettent aux élèves surdoués de travailler sur des projets qui les intéressent lorsqu’ils sont plus avancés que le reste de la classe.

Un parcours pour surdoués au Collège François-de-Laval

À Québec, un collège privé souhaite justement offrir dès septembre un programme adapté pour les élèves avec douance. D’après Marc Dallaire, directeur général du Collège François-de-Laval, ce parcours scolaire sera mis sur pied en utilisant les ressources déjà présentes au sein de l’école.

Il s’agit de permettre aux élèves surdoués de choisir un projet à plus long terme, sur un sujet qui les intéresse. Lorsque dans le cadre scolaire ces élèves avancent plus vite que les autres, ils peuvent donc sortir de la classe pour aller travailler sur leur projet.

À ce moment, ce sont d’autres membres du personnel qui pourront les accompagner. Marc Dallaire donne comme exemple la personne-ressource à l’incubateur de projets scientifiques de l’école. Comme ce membre du personnel n’a pas de classe attitrée, il pourra accueillir les élèves surdoués qui se passionnent pour les sciences.

De plus, la Fédération des établissements d'enseignement privés, dont fait partie le collège, a récemment remis une version préliminaire d’un guide concernant la douance aux quelque 200 établissements scolaires de leur réseau. Ce guide sera rendu public à l’automne dans sa version définitive.

Leland est un spécialiste des planètes

Pas facile de sauter de niveau

Le parcours scolaire du Collège François-de-Laval fait partie des options mentionnées par la maman de Leland qui connaissait déjà l’intérêt de ce collège de Québec pour accompagner les élèves avec un bilan de douance. Par contre, ce sera à plus long terme; Leland étant trop petit pour fréquenter un établissement secondaire.

« Il pourrait sauter de niveau, mais il sauterait tellement de niveaux qu’il serait avec des enfants vraiment plus vieux », admet Isabelle Girard. Elle mentionne donc qu’elle aimerait que ce soit permis de fréquenter la maternelle à temps partiel.

« Le problème c’est que c’est tout à temps plein, précise-t-elle. À temps partiel, il ferait du social, mais il ne s'ennuierait pas, je le stimulerais les autres jours. »

J’espère qu’il y aura des changements [dans le système scolaire], j’aimerais qu’il vive l’école, mais qu’il vive une expérience positive.

Isabelle Girard
3DDDAC48-BD14-49C2-8711-7391BCB2C527En plus de faire l'école à la maison, Leland-Olivier Harper joue au violon et est très doué en vélo, pour son âge. Récemment, il a remporté la 3e place lors de la compétition annuelle du Club d’astronomie Véga de Cap-Rouge. Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Pour Sylvie Régnier de l’organisme Haut Potentiel, il est clair qu’une politique provinciale sur la douance devrait servir à mieux comprendre la complexité de la douance pour aider les écoles et les familles.

D’après elle, l’enfant surdoué est un peu comme l’enfant oublié du système.

Le ministère de l'Éducation dit qu'il considère les élèves qui obtiennent une évaluation positive de douance comme des élèves ayant des besoins particuliers. Par écrit, il précise que l'aide financière de 20 millions de dollars annoncée mardi pour ajouter des classes spéciales dans le système « permettra une plus grande souplesse aux écoles ».

Pour le ministère, l'intégration des élèves surdoués passe aussi par les commissions scolaires, en vertu de la Loi sur l'instruction publique. « Ce sont les commissions scolaires qui détiennent la responsabilité d’adapter les services éducatifs à l’élève ayant des besoins particuliers, d’après l’évaluation qu’elle doit faire de ses capacités », écrit-il.

Le ministère rappelle qu'un élément important demeure la concertation entre les différents acteurs du milieu de l'éducation, ainsi que les parents et les élèves, pour continuer de répondre aux besoins de ces derniers.

En 2017, le gouvernement de Philippe Couillard a publié la Politique de la réussite éducative. Cette dernière inclut quelques éléments concernant les besoins des élèves doués.

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