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Abolition de 68 postes à TVA

Logo bleu de TVA sur le toit d'un immeuble

Le siège social du Groupe TVA à Montréal

Photo : Radio-Canada / Martin Thibault

Hugo Prévost

Près de 70 personnes perdront leur emploi au sein du Groupe TVA, a annoncé mercredi l'entreprise, qui soutient que des transformations réglementaires sont essentielles pour assurer la survie des réseaux de télévision privée.

Dans un communiqué, la filiale de Québecor se dit « forcée » de procéder à d'importantes compressions budgétaires visant à réduire ses charges opérationnelles, en plus d'abolir 68 postes. L'entreprise compte 1500 employés.

L'annonce ne précise cependant pas quels postes sont abolis. Il a toutefois été indiqué que des postes syndiqués, des postes non syndiqués et des postes de cadres sont visés par ces compressions.

« Le statu quo actuel affaiblit notre industrie, nuit à notre culture et nous accule au pied du mur. Afin d'assurer notre survie, nous devons faire des choix difficiles pour protéger la production de contenu original de langue française, créé au Québec », a déclaré France Lauzière, présidente et chef de la direction de Groupe TVA et chef du contenu de Québecor Contenu.

Cette dernière appelle le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, le CRTC, à modifier sa réglementation pour la « moderniser ». TVA réclame ainsi une part plus importante des redevances des chaînes spécialisées.

L'entreprise s'en prend également à Radio-Canada, qu'elle accuse d'accaparer une partie des revenus du secteur privé, entre autres en offrant le service de diffusion vidéo payant TOU.TV Extra.

Enfin, TVA demande aux décideurs politiques de mieux encadrer les géants du web Apple, Facebook, Google, Microsoft et Amazon, « qui accaparent 80 % des revenus publicitaires en ligne au pays », y compris en modernisant la Loi sur le droit d'auteur.

Les enjeux auxquels nous faisons face nécessitent un travail en continu. Tant que les gouvernements ne s'attaqueront pas aux véritables problèmes, toutes autres solutions ne seront qu'éphémères.

France Lauzière, présidente et chef de la direction de Groupe TVA et chef du contenu de Québecor Contenu

Québecor a récemment bloqué le signal de la chaîne TVA Sports destiné aux abonnés de Bell Télé, afin de « refléter l'équité entre RDS et TVA Sports » et d'obtenir des droits de diffusion plus importants.

Les abolitions de postes à TVA font suite à une série de mauvaises nouvelles pour les médias d'ici. Au début de mai, le réseau CTV annonçait la disparition et la refonte de dizaines d'emplois, dont 15 à Montréal, dans le cadre du virage numérique de la chaîne.

Le syndicat dénonce

Dans un courriel transmis en milieu d'après-midi, le Syndicat des employés de TVA, associé au Syndicat canadien de la fonction publique, évoque « une autre vague de coupures ».

Cinq des 68 postes coupés sont ainsi des postes syndiqués, dont 4 au sein du département de TVA Interactif.

Le syndicat dit trouver « scandaleux » que TVA élimine des emplois permanents dans ce département, dénonçant au passage l'utilisation d'une autre branche de Québecor, NumeriQ, ainsi que de sous-traitants, « comme la compagnie Appwapp », pour effectuer des tâches « qui reviennent de droit aux employés de TVA Interactif ».

Le syndicat entend contester ces abolitions de postes « par tous les moyens possibles », puisque ces gestes « contreviennent clairement [aux] clauses de protection d'emploi ».

À Ottawa, la députée néo-démocrate Ruth Ellen Brosseau a questionné le gouvernement libéral à propos des compressions, affirmant qu'Ottawa devait faire payer « leur juste part » aux géants du web, comme le réclame TVA dans son communiqué.

Le ministre du Patrimoine canadien, Pablo Rodriguez, a répondu en Chambre que cette question s'adressait surtout au précédent gouvernement conservateur, « qui a eu les deux doigts dans le nez pendant 10 ans et qui n'a rien fait ».

« Nous allons nous assurer que tous ceux qui profitent du système [y contribuent] », a assuré M. Rodriguez.

« Les libéraux sont au pouvoir depuis quatre ans! », a rétorqué un autre député néo-démocrate, Peter Julian. Ce à quoi le ministre Rodriguez a répondu, en anglais cette fois, que « tous ceux qui profitent du système devront y contribuer ».

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