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Ottawa veut interdire l’importation d’ailerons de requin

Des centaines d'ailerons de requins coupés, sur des tables.

Des ailerons de requin en train de sécher à Jakarta, en Indonésie.

Photo : Beawiharta/Reuters

Radio-Canada

Le gouvernement fédéral pourrait interdire l'importation de nageoires dorsales de requins au Canada avant la fin de la session parlementaire, dans trois semaines.

Le Canada est actuellement le troisième importateur de ce produit alimentaire de luxe à l’extérieur de l’Asie, en raison de sa popularité chez les Sino-Canadiens. En 2018, 148 tonnes d’ailerons de requins, d’une valeur de 3,2 millions de dollars, y ont été importés, selon Statistique Canada.

Or, de plus en plus d’espèces de requins sont menacées ou en voie d’extinction.

Projet de loi au Sénat

En 2017, un sénateur conservateur de la Nouvelle-Écosse, Michael MacDonald, a présenté le projet de loi S-238 au Sénat, qui vise l’interdiction de leur commerce au pays. Toutefois, en raison du peu de temps qu’il reste avant la fin de la session parlementaire, ce projet de loi a peu de chances d’être adopté à la Chambre des communes.

C’est pourquoi le représentant du gouvernement au Sénat, Peter Harder, a présenté un amendement au projet de loi C-68, portant sur l’industrie de la pêche, qui est plus avancé dans le processus législatif. Déjà adopté par la Chambre des communes, il est présentement à l’étude au Sénat, bonifié par un ajout qui copie-colle le projet de loi S-238.

« Il est urgent de mettre fin au commerce des ailerons. C'est pourquoi le gouvernement agit avec détermination », dit M. Harder.

Le projet de loi C-68 amendé pourrait être adopté par le Sénat cette semaine, puis renvoyé à la Chambre des communes, où l’appui de la majorité libérale devrait faciliter son approbation rapide par les députés.

Une soupe à l'aileron de requin dans un restaurant de Hong Kong.

Une soupe à l'aileron de requin dans un restaurant de Hong Kong.

Photo : Associated Press / Kin Cheung

Perturbation des écosystèmes

Les opposants au découpage des ailerons de requins – dont le reste du corps est souvent ensuite abandonné dans l’océan – critiquent une pratique inhumaine qui tue chaque année des dizaines de millions d’animaux.

Des scientifiques ont aussi souvent lancé des avertissements quant aux risques de perturbation des écosystèmes créés par le déclin des populations du superprédateur.

Plusieurs villes de la Colombie-Britannique ont agi pour interdire la consommation de nageoires dorsales de requins, ainsi que Toronto, qui a toutefois été déboutée devant les tribunaux en 2012. La Cour supérieure avait alors déterminé que l’interdiction du commerce de plats comme la soupe d’ailerons de requin ne relevait pas de la juridiction de la Ville.

Avec des informations de John Paul Tasker, CBC

Protection des espèces

Environnement