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Une étude nationale s'intéresse au mouvement des victimes du trafic de personnes

Des experts veulent étudier le mouvement des personnes dans un corridor liant Halifax à Toronto.

La traite de personnes touche autant des résidents de régions rurales que des villes.

Photo : Shutterstock

Radio-Canada

Un organisme national lance une étude pour mieux comprendre la dynamique de la traite de personnes au Canada.

Le Centre canadien pour mettre fin à la traite des personnes s’intéresse notamment au mouvement de femmes et d’adolescentes dans le corridor reliant Halifax à Toronto. Elles sont souvent impliquées dans l’industrie du sexe, parfois contre leur gré.

Les corps policiers affirment depuis longtemps que les trafiquants déplacent des personnes, surtout des adolescentes, de la Nouvelle-Écosse et des Maritimes vers Montréal et Toronto. Mais il leur est difficile d’analyser les tendances, parce qu’il n’existe pas de registre national sur le trafic des personnes.

Nos statistiques sont loin d’être complètes, affirme la présidente-directrice générale du Centre canadien pour mettre fin à la traite des personnes, Barbara Gosse. Elle espère que l’étude que mène son organisation pourra pallier en partie ce problème. Le centre étudie les corridors du trafic de personnes au Canada, dont la route qui relie Halifax à Toronto. Je crois que c’est la première étude du genre, indique Barbara Gosse.

Elle explique que l’étude tente de déterminer les endroits où le problème est le plus criant et les types de cas qui s’y produisent. Nous collaborons avec les corps policiers des différentes régions et vérifions leurs données pour déterminer les zones les plus à risques, dit-elle.

Barbara Gosse indique que les corps de police compilent des données sur le trafic de personnes, mais ne les partagent pas nécessairement avec les autres. De plus, les procédures de collecte ne sont pas nécessairement les mêmes d’un service à l’autre.

Situation troublante

Les autorités indiquent que la ville de Truro, en Nouvelle-Écosse, est devenue une plaque tournante de la traite de personnes dans la région.

Margaret Mauger est troublée par le nombre élevée de victimes de traite de personnes dans les Maritimes.

Margaret Mauger vient en aide aux victimes d'agression sexuelle en Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada / CBC

L’organisme Colchester Sexual Assault Centre, qui vient en aide aux victimes de violence sexuelle, a commencé récemment à compiler des statistiques sur les patientes qui ont été victimes de traite de personnes. Le centre rapporte une vingtaine de ces cas en deux ans, toutes des filles et des femmes âgées de 14 à 22 ans.

C’est extrêmement troublant de penser que ça se passe ici, dit la thérapeute Margaret Mauger. Elle affirme que le personnel du centre n’a compris qu’il y a quatre ou cinq ans qu’il s’agissait de victimes de trafic de personnes.

Truro est devenue un point d’arrêt; nous sommes à mi-chemin entre Moncton et Halifax. On sait que c’est un carrefour pour le transport routier dans la province. Malheureusement, je crois que c’est aussi un carrefour pour la traite de personnes. Elle souligne que beaucoup de femmes ne se voient pas elles-mêmes comme des victimes.

Plus de cas rapportés

Une analyse de Statistique Canada, publiée l’an dernier, note une hausse importante du nombre de cas de trafic de personnes de 2009 à 2016. En 2009, les corps policiers canadiens ont rapporté moins de 50 cas, alors qu’en 2016, il y en avait eu 340.

Barbara Gosse espère que l'étude permettra de collecter des données fiables sur le trafic de personnes au Canada.

La présidente-directrice générale du Centre canadien pour mettre fin à la traite des personnes, Barbara Gosse.

Photo : Radio-Canada / CBC/Paul Borkwood

Statistique Canada indique toutefois que cette hausse n’est pas nécessairement due à une augmentation du nombre de cas. Elle serait plutôt attribuable au fait que les corps policiers ont mené des campagnes de sensibilisation dans la dernière décennie et que le public a bien répondu, en signalant plus de cas.

De 2009 à 2016, les corps policiers néo-écossais ont rapporté 63 cas de traite de personnes, dont 58 dans la région d’Halifax. La Nouvelle-Écosse a le plus fort taux de toutes les provinces et territoires, avec 2,1 cas pour 100 000 personnes.

Avec les informations de Shaina Luck, de CBC

Nouvelle-Écosse

Traite de personnes