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Mitsubishi intéressée à acheter le programme CRJ de Bombardier

Le nouvel avion CRJ550 de Bombardier.

Photo : Radio-Canada / Bombardier aéronautique

Radio-Canada

Mitsubishi Heavy Industries a annoncé qu'elle était en négociations au sujet d'une éventuelle transaction concernant le programme d'avions régionaux de Bombardier.

La société japonaise a confirmé, par voie de communiqué, qu'il y avait bel et bien des négociations avec l'entreprise québécoise pour faire l'acquisition du programme CRJ.

Mitsubishi a précisé qu'aucune décision n'avait été prise au sujet d'une possible transaction.

« Avant qu'une entente ne soit conclue, un examen plus poussé et une analyse effectués par la direction de Bombardier sont nécessaires, tout comme l'approbation par le conseil d'administration de Bombardier, et Mitsubishi Heavy Industries doit effectuer sa propre analyse et mener à terme son propre processus d'approbation, qui ne relèvent pas de Bombardier », mentionne-t-on dans le communiqué.

De son côté, Bombardier a indiqué par courriel avoir « récemment fait part de son intention d'explorer des options stratégiques pour le programme CRJ », avant de reprendre à son compte la déclaration de Mistubishi concernant les processus d'évaluation et d'approbation des deux entreprises.

Une annonce pourrait toutefois avoir lieu d'ici une douzaine de jours, dans le cadre du Salon du Bourget, à Paris, le grand rendez-vous de l'industrie aéronautique.

« Maintenir les emplois de qualité »

À Québec, le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, a rappelé qu'Alain Bellemare, le chef de la direction de Bombardier, avait indiqué l'automne dernier que l'entreprise cherchait à « se recentrer sur [son] métier de base ».

Dans la foulée de l'annonce de la mise en vente de Transat AT, maison mère du transporteur Air Transat, le possible rachat du programme CRJ représente-t-il un effritement de l'industrie aéronautique au Québec? « Au contraire, je pense que l'aéronautique va très bien », a assuré le ministre.

« Depuis notre arrivée au pouvoir, nous nous sommes assurés que les emplois qui pourraient être perdus chez Bombardier soient repris par le reste de l'industrie, et la plupart des gens [qui ont perdu leur emploi] ont repris un travail ailleurs », a-t-il poursuivi.

« Je suis en contact continuel avec M. Bellemare pour m'assurer que les emplois de qualité soient maintenus dans le secteur aéronautique. »

Toujours selon le ministre, « Bombardier est dans une restructuration très, très importante, et je pense qu'il faut laisser la direction déterminer quels sont les secteurs où ils pensent qu'ils seront bons »

« Personnellement, je pense que le Global, l'avion d'affaires, est très, très bon. Comme l'A220, mais Bombardier ne pouvait pas le commercialiser. [...] Le CRJ, on l'a dit publiquement, c'est un avion qui est en fin de vie, il lui reste peut-être une dizaine d'années. Est-ce que Bombardier peut, de lui-même, investir dans le RJ (avions régionaux, NDLR)? »

Un programme qui a connu de meilleurs jours

En place depuis 25 ans, le programme CRJ permet d'écouler de moins en moins d'appareils; la production et la livraison d'avions ont ralenti, et il ne resterait plus qu'une cinquantaine d'appareils dans le carnet de commandes de l'avionneur.

Alain Bellemare, chef de la direction de Bombardier, a déclaré plus tôt cette année que l'avenir de son programme d'avions régionaux dépendait de la capacité de la société à remplir le carnet de commandes du CRJ.

Autrefois vache à lait de la société montréalaise, le CRJ perd maintenant de l'argent. Environ 1500 appareils de cette gamme sont en fonction à travers le monde.

L'année dernière, Bombardier a vendu la majorité des parts de son programme d'avions commerciaux C Series à la société européenne Airbus SE, qui l'a rebaptisé Airbus A220.

Dans la foulée des diverses ventes d'actifs, le cours de l'action de Bombardier a fortement pâti en bourse, et les titres ont perdu plus de la moitié de leur valeur depuis un an.

Si la vente du programme CRJ se concrétisait, Bombardier ne posséderait plus que sa division d'avions d'affaires, qui remportent toutefois un succès certain, y compris avec le plus récent avion de la gamme, le Global 7500.

Mitsubishi, pour sa part, a cumulé les revers dans le cadre de son propre programme d'avions régionaux, le MRJ, dans la foulée de vols d'essai avortés et de dépassements de coûts.

Le programme a pris du plomb dans l'aile, l'an dernier, lorsqu'un transporteur américain a annulé une commande de 40 avions. C'est le transporteur japonais All Nippon Airways qui doit accepter la première livraison d'appareils MRJ, à la mi-2020.

Avec les informations de La Presse canadienne, et Bloomberg

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