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Lac-Mégantic : Garneau accuse l'opposition de véhiculer des théories du complot

Un homme en complet avec une cravate mauve, la tête penchée vers le bas

Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Radio-Canada

Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, ferme la porte à double tour à une enquête publique pour faire la lumière sur la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic.

Il accuse du même souffle le Bloc québécois, le Nouveau Parti démocratique et le Parti vert du Canada de véhiculer des théories du complot, puisqu'ils laissent entendre qu'il y aurait des éléments qui restent à découvrir. Il ne reste plus rien à découvrir, a tranché le ministre Garneau, mardi. C'est la théorie des complots, je ne sais pas.

Le ministre a dit que le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) avait déjà entrepris une enquête exhaustive et publié un rapport après le déraillement et l'explosion qui ont détruit le centre-ville de Lac-Mégantic.

Lors d'une conférence de presse plus tôt en journée, la députée bloquiste Monique Pauzé avait répondu que le rapport du BST sur lequel se base le ministre a été « adouci », voire « édulcoré », parce qu'il y a eu des pressions de l'industrie.

Mme Pauzé se base sur deux livres d'enquête écrits par les auteurs Anne-Marie St-Cernay et Bruce Campbell pour tirer ces conclusions. Je pense que les Méganticois, sérieusement, veulent passer à autre chose maintenant, a laissé tomber M. Garneau. Ça fait six ans, ils veulent se tourner vers l'avenir. C'est pour ça qu'on met en place une voie de contournement.

Commission d'enquête publique exigée

Plus tôt en journée, Mme Pauzé, le néo-démocrate Robert Aubin et la chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May, sont revenus à la charge pour exiger une commission d'enquête publique.

Ils estiment que la période préélectorale est tout indiquée pour que les partis s'engagent à tenir une telle commission. La députée Pauzé déposera d'ailleurs une pétition à ce sujet cette semaine.

Les élus fédéraux étaient accompagnés de la Coalition des citoyens engagés pour la sécurité ferroviaire à Lac-Mégantic. Leur porte-parole Robert Bellefleur a soutenu qu'il n'y avait toujours pas « d'apparence de justice » dans ce dossier, six ans après la tragédie qui a fait 47 victimes.

M. Bellefleur estime qu'il est inquiétant de voir une hausse des accidents ferroviaires qui impliquent des matières dangereuses. Il dénonce le laxisme du gouvernement fédéral, qui en fait trop peu dans ce dossier, à son avis.

Il faut renverser la vapeur. Il faut redonner à Transports Canada son vrai rôle de chien de garde de la sécurité ferroviaire, a-t-il déclaré, mardi matin.

La demande d'une enquête publique ne date pas d'hier. En 2015, la mairesse de Lac-Mégantic d'alors, Colette Roy Laroche, avait demandé la tenue d'une enquête indépendante. Le gouvernement de Stephen Harper n'avait pas donné suite à cette demande à l'époque.

Après l'acquittement des trois accusés pour le drame de Lac-Mégantic, à l'hiver 2018, l'Assemblée nationale du Québec avait à son tour voté à l'unanimité une motion pour demander au fédéral de mener une enquête publique.

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