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Une étude mentionne des taux inquiétants de microplastiques dans la chaîne alimentaire

Des détritus en plastique sur une plage où la mer est agitée.

Une nouvelle étude de l'Université de Victoria suggère que nous consommons des dizaines de milliers de particules de plastique par an sans le savoir.

Photo : The Associated Press / Gemunu Amarasinghe

Radio-Canada

Un Américain moyen pourrait ingérer jusqu'à 52 000 particules de microplastique par an sans le savoir, selon une étude publiée dans la revue scientifique Environmental Science  & Technology. Ce taux pourrait même tripler chez les consommateurs d'eau embouteillée.

Des chercheurs de l’Université de Victoria ont comparé plus d’une vingtaine d’analyses portant sur les habitudes alimentaires des Américains afin d’évaluer le taux moyen d’absorption de microplastiques par la nourriture, l’eau potable et l’air.

L’étude rappelle que les microplastiques sont des particules de matières plastiques inférieures à 5 mm de diamètre qui se retrouvent dans l’environnement par la dégradation de déchets en plastique, mais aussi par les vêtements synthétiques ainsi que les résidus de bouteilles d’eau et d’emballages en plastique.

Les chercheurs ont analysé plus précisément les quantités de plastiques inhalées, de même que celles qu'on retrouve dans les poissons, les fruits de mer, le sucre, le sel, l’alcool et l’eau, ce qui représente environ 15 % de l’apport calorique d’un Américain moyen.

Un homme portant un chapeau de soleil accroupi sur une plage, tenant un récipient dans ses mains et entouré d'une glacière, d'une bouée et d'un sac en plastique.

Selon Garth A. Covernton, si les dangers des microplastiques sont clairement établis, leurs risques pour la santé restent à définir.

Photo :  Garth Covernton

L’étude dirigée par deux étudiants au doctorat de l’Université de Victoria, Kieran D. Cox et Garth A. Covernton, indique que les microplastiques peuvent être absorbés par les tissus corporels et libérer des produits chimiques toxiques utilisés dans leur fabrication.

À forte concentration, ces particules pourraient potentiellement être toxiques.

Garth A. Covernton, chercheur en biologie marine.

« On produit de plus en plus de plastique chaque année, sans avoir aucune connaissance de ce que devient ce plastique une fois que nous l’utilisons », explique M. Covernton.

Les microplastiques les plus courants retrouvés dans l’alimentation se présentent sous forme de fibres, des résidus textiles qui se décomposent dans l’environnement et sont ensuite ingérés par des animaux que nous consommons.

Méthodologie comparative

Pendant un an et demi, les cinq chercheurs qui ont participé à l’étude ont établi une base de données qui a comparé plus d’une vingtaine d’analyses récentes du régime alimentaire des Américains pour estimer leurs taux annuels d’ingestion des microplastiques.

« Les résultats, publiés le 5 juin, ne sont malheureusement pas surprenants », affirme Garth A. Covernton.

Il rappelle que les microplastiques se retrouvent en grand nombre dans l’air des Alpes, en France, ou encore dans des lacs isolés du Tibet.

Si les dangers liés à ce type de pollution sont clairement établis, notamment en matière de santé, affirme-t-il, d’autres recherches doivent se poursuivre pour mesurer clairement les risques de l’augmentation de la consommation de microplastiques pour la santé.

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