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Tarifs douaniers visant le Mexique : Trump pourrait se heurter à un mur républicain

Un conducteur de camion regarde par la fenêtre au poste-frontière de Nuevo Laredo, au Mexique, où la file de camions qui attendent de passer aux États-Unis s'allonge.

Les sanctions commerciales pourraient avoir des conséquences graves pour le Mexique, qui envoie 80 % de ses exportations vers les États-Unis, son principal partenaire commercial.

Photo : Reuters / Daniel Becerril

Radio-Canada

Des sénateurs républicains ont averti l'administration Trump qu'ils pourraient s'opposer aux tarifs douaniers que veut imposer le président américain sur les biens importés du Mexique lors d'un vote au Congrès.

Annoncée jeudi dernier, la décision de Donald Trump d'imposer des tarifs douaniers au Mexique dès le 10 juin si ce pays ne freine pas radicalement le flux de migrants d'Amérique centrale faisant route vers les États-Unis est mal accueillie dans les rangs républicains.

Plusieurs craignent l'impact d'une telle mesure sur l'économie, notamment dans leur État, et sur les consommateurs qui devront assumer la hausse du prix des produits.

Les tarifs douaniers pourraient en outre mettre en péril les chances de faire ratifier le nouvel Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM ou USMCA, selon l'acronyme utilisé par les États-Unis), estiment-ils.

Des sénateurs républicains ont prévenu des responsables de la Maison-Blanche et du département de la Justice qu'ils étaient prêts à bloquer les efforts du président en ce sens, ont indiqué au Washington Post sous le couvert de l'anonymat des participants à une rencontre qui s'est déroulée à huis clos, mardi.

Tout vote contre l'imposition des tarifs se heurterait probablement à un veto présidentiel, qui pourrait à son tour être renversé par un vote aux deux tiers dans chacune des chambres du Congrès.

Or, une telle majorité semble acquise à la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates; le Sénat, où les républicains sont majoritaires, pourrait cette fois-ci réunir suffisamment d'appuis pour bloquer un veto présidentiel, contrairement au vote de février dernier sur l'état d'urgence décrété par le président pour construire un mur à la frontière sud du pays.

De Londres, où il rencontrait la première ministre britannique, Theresa May, Donald Trump avait auparavant estimé qu'un tel geste serait « absurde », rappelant qu'il bénéficiait d'un soutien « phénoménal » auprès de la base républicaine.

« La Maison-Blanche devrait s'inquiéter du résultat de ce vote, car les républicains n'aiment vraiment pas taxer les consommateurs et les entreprises américaines », a averti le sénateur républicain du Wisconsin, Ron Johnson, cité par le New York Times.

Évoquant les tarifs douaniers imposés au Canada et au Mexique lors de la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) ou encore à la Chine, le sénateur du Dakota du Nord, Kevin Cramer, un autre républicain, a exprimé sa frustration.

« À la lumière de tout cela et à la lumière de toute cette politique tarifaire qui menace d'étouffer l'énorme croissance économique dont nous pouvons nous attribuer le mérite [...], il y a une lassitude par rapport au fait que les tarifs douaniers soient le seul outil de la boîte à outils utilisé », a-t-il déploré.

Discussions de haut niveau

Mitch McConnell s'adresse aux reporters dans l'enceinte du Sénat.

Mitch McConnell a dit espérer que les négociations permettent d'éviter l'imposition de tarifs douaniers sur les importations en provenance du Mexique.

Photo : Associated Press / Susan Walsh

Interrogé sur un éventuel vote de défiance à l'endroit du président, le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, s'est contenté de dire qu'il espérait que les négociations de haut niveau entre le Mexique et les États-Unis qui se déroulent cette semaine à Washington aboutissent.

« Apparemment, les discussions avancent bien et notre espoir est que les tarifs soient évités, afin que nous n'ayons pas à répondre à une telle hypothèse », a-t-il déclaré, à la veille d'une réunion cruciale à Washington entre le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, et son homologue mexicain, Marcelo Ebrard.

Il a du même souffle accusé les démocrates de bloquer toute avancée à la frontière sud, où les autorités américaines semblent débordées par l'afflux de migrants originaires du Guatemala, du Salvador et du Honduras.

Le président américain a stupéfié le Mexique, mais aussi ses alliés républicains au Congrès, par son annonce surprise que les États-Unis appliqueraient à partir du 10 juin une taxe de 5 % à tous les biens provenant du Mexique, qui pourrait augmenter progressivement jusqu'à 25 % le 1er octobre.

La Chambre de commerce des États-Unis, qui évalue la possibilité de saisir les tribunaux du dossier, évalue à 17,3 milliards de dollars américains le coût pour les entreprises américaines de barrières tarifaires de 5 %. À terme, avec des tarifs douaniers à 25 %, le coût serait de 87 milliards, selon son étude.

M. Trump a déclaré que les pourparlers avec le Mexique se poursuivront même s'il mettait en place les tarifs douaniers.

Avec les informations de New York Times, AFP, et Washington Post

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