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Au tour d'un dépotoir de Tata Steel de susciter de l'inquiétude

Un des dépotoirs de la mine de Tata Steel près de Schefferville.

Un des dépotoirs de la mine de Tata Steel près de Schefferville.

Photo : Courtoisie, Benoit Desjardins.

Nicolas Lachapelle-Plamondon
Djavan Habel-Thurton

Une semaine après avoir attiré l'attention jusqu'à Québec à cause de la présence d'eaux rougeâtres autour de ses installations, la mine de Tata Steel à Schefferville est de nouveau montrée du doigt. Cette fois, la compagnie est visée pour des allégations de mauvaises pratiques environnementales à l'un des dépotoirs de la mine.

Dans une plainte déposée le 18 mai dernier à Environnement Canada et au gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador, la communauté innue de Matimekush-Lac John fait état de multiples problèmes concernant ce site à ciel ouvert où seraient jetés divers déchets.

Certaines allégations de la plainte :

  • Aucune structure ou bassin pour retenir l'eau de contact et le lixiviat [NDLR eau de percolation] du dépotoir qui s'écoulent vers la rivière Howell (habitat du poisson) sans filtration ni traitement;
  • Les déchets ne sont pas brûlés, mais accumulés, et ne sont pas confinés dans un endroit contrôlé;
  • Aucune clôture ou barrière présente, nombreux débris de plastique partout autour du site et dans l’habitat du poisson du ruisseau Elross;
  • Certains gros déchets industriels devraient être récupérés et envoyés [à Sept-Îles] pour être traités ou recyclés comme le font les autres mines de fer au Québec. Ces déchets vont encombrer et polluer le milieu naturel durant des décennies après la fermeture de la mine.

Extraits de la plainte envoyée par courriel au Service NL- CNUE - dépotoir de la mine de TSMC

Tout est jeté pêle-mêle. Métal, bois, plastique, les gros encombrants, explique Michel La Haye, un biologiste qui a déposé la plainte en collaboration avec le conseil. Il n’y a pas de tri des déchets, assure-t-il.

Et à travers ça, il y a beaucoup de déchets dangereux. Par exemple, beaucoup de gros contenants d’huiles usées qui sont défoncés et desquels l’huile d’échappent. Des chaudières de graisses industrielles, des batteries, des contenants de produits chimiques, poursuit M. La Haye.

Selon le biologiste, tous ces produits devraient être envoyés vers Sept-Îles pour être décontaminés.

Des vieux contenants sur le sol.

La communauté se plaint notamment de la présence de vieux contenants d'huile et de produits chimiques (image prise dans la semaine du 16 mai 2019)

Photo : Courtoisie, Benoit Desjardins.

En plus de l'absence de structures pour filtrer ou traiter, on reproche également à la minière l'absence de clôture ou de barrière qui laisse les débris exposés aux éléments de même qu'à la faune. La plainte signale qu'une dizaine d'ours ont été observés sur le site.

Les autorités environnementales de Terre-Neuve-et-Labrador confirment avoir reçu la plainte et enquêter sur les pratiques de la minière.

Tata Steel n'a pas répondu à nos appels.

Appui d'une autre communauté

La communauté de Uashat mak Mani-Utenam, qui partage des liens historiques avec celle de Matimekush-Lac John, a donné son appui à cette dernière dans ce dossier.

Le conseil de bande de la communauté a envoyé une lettre officielle à Tata Steel et aux gouvernements de Terre-Neuve-et-Labrador, du Québec et du Canada. Il y réclame que la minière corrige immédiatement les dommages environnementaux causés dernièrement au Nitassinan, le grand territoire ancestral des Innus.

Si une minière n'est pas prête à respecter ses obligations envers nous et envers notre territoire, la minière ne sera plus la bienvenue sur notre territoire, avance le chef, Mike Mckenzie.

La conduite environnementale de Tata Steel est désignée par la communauté comme un manque de respect. Le conseil de bande fait valoir que la minière n'investit pas assez pour régler ces problèmes récurrents.

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