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La Chine s'apprête à scruter les importations de porc canadien à la loupe

Quatre porcs s'agitent derrière une barrière, leur museau entre les barreaux.
La Chine a annoncé qu'elle inspecterait tous les contenants de porc importés du Canada avec une attention accrue. Photo: iStock
Radio-Canada

L'agence douanière chinoise a l'intention de commencer à scruter chaque importation de porc canadien, selon une note envoyée par Ottawa à des membres de l'industrie.

Des membres de l’Ambassade canadienne à Pékin ont appris que les services douaniers chinois avaient l’intention d’ouvrir chaque contenant de porc canadien et de produits dérivés, selon la note envoyée par le ministère de l’Agriculture canadien.

Bien que la note ait utilisé le mot viande, le gouvernement fédéral a précisé à Radio-Canada qu’il n’était question que des importations de porc.

Les autorités chinoises disent avoir pris cette décision en raison de « cas récents de non-conformité de cargaisons de porc » et des risques de contrebande et d'infestation de peste porcine africaine, indique la note du ministère.

Selon la ministre de l’Agriculture du Canada, Marie-Claude Bibeau, ces cas de « non-conformité » se rapportent à des irrégularités administratives.

« Je veux vraiment souligner que c’était des erreurs au niveau administratif, au niveau des certificats et non pas sur la qualité du produit », a-t-elle précisé.

Elle ajoute que la peste porcine africaine, qui se propage présentement en Chine, n’a pas atteint l’Amérique du nord.

Marie-Claude Bibeau parle à la caméra dans les studios de Radio-Canada.La ministre Marie-Claude Bibeau assure que le gouvernement canadien fait ce qu'il peut pour soutenir les producteurs de porcs canadiens. Photo : Radio-Canada

Les tensions diplomatiques et commerciales avec la Chine ne cessent de monter depuis l’arrestation d’une haute dirigeante de la compagnie chinoise Huawei en sol canadien. La Chine a récemment bloqué ses importations de canola en provenance du Canada et suspendu les permis d’importation de deux usines de transformations de porc.

« Je pense que c’est une revanche politique déguisée », dit le directeur de l’Institut de la Chine de l’Université de l’Alberta, Gordon Houlden.

Il croit que, si la Chine applique rigoureusement les normes annoncées, cela pourrait compromettre l’industrie du porc canadienne de façon importante.

Le Conseil canadien du porc, toutefois, se dit confiant de pouvoir éviter cette situation.

« L’augmentation des inspections de viande nous inquiète peu, puisque nous avons toujours opéré en présumant que tous nos convois vers la Chine sont inspectés régulièrement », a fait savoir un porte-parole par courriel.

Selon leurs données, la Chine a importé l'équivalent de 509 millions de dollars de porc du Canada en 2018.

L’industrie craint « des conséquences désastreuses »

Le Conseil des viandes du Canada (CVC) conseille à ses membres « [d’]augmenter considérablement la surveillance et leur niveau de conformité avec tous les règlements » pour leurs exportations en Chine.

« Nous ne pouvons pas mettre assez l’accent sur le fait que la non-conformité la plus minime pourrait mettre en péril toutes nos exportations de viande vers la Chine, ce qui aurait des conséquences désastreuses pour tous nos membres », lit-on dans un message de la CVC à ses membres.

Avec les informations de Reuters

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