•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les élèves du primaire auraient avantage à faire une sieste

On voit une élève, la tête posée sur son bureau, qui fait la sieste. En arrière-plan on voit sa classe.

Une sieste de 30 à 60 minutes au moins trois fois par semaine est associée à de nombreux bienfaits, ont constaté les chercheurs.

Photo : iStock / PeopleImages

Radio-Canada

Les élèves du primaire qui font une sieste en mi-journée tendent à avoir de meilleures notes, à être plus heureux et à avoir moins de problèmes de comportement que les autres, selon une étude.

Des chercheurs en psychologie de l'Université de Pennsylvanie et de l'Université de Californie ont utilisé les données d'une étude de cohorte effectuée auprès de quelque 3000 enfants chinois de 4e, 5e et 6e année (de 10 à 12 ans).

Une sieste de 30 à 60 minutes au moins trois fois par semaine est associée à de nombreux bienfaits, ont constaté les chercheurs.

Les résultats les plus robustes concernent les notes. « Les enfants qui font une sieste trois fois ou plus par semaine ont des résultats scolaires 7,6 % plus élevés en 6e année », dit Adrian Raine, un des coauteurs de l’étude, parue dans la revue Sleep (Nouvelle fenêtre).

Des données ont été recueillies auprès des élèves sur la fréquence et la durée de leurs siestes à partir de la 4e année jusqu’à la fin de la 6e année. À leur arrivée en 6e, les chercheurs ont aussi mesuré leur persévérance, leur niveau de bonheur et leur état de santé physique, à l’aide de l’indice de masse corporelle, par exemple. Ils ont aussi demandé aux professeurs de noter le comportement et d’autres informations sur le cheminement scolaire de chaque enfant.

Ils ont ensuite analysé les corrélations entre la durée et fréquence des siestes et chacun de ces indicateurs, en contrôlant pour le genre, l’année, l’école, le niveau d’éducation des parents et le nombre d’heures de sommeil la nuit.

Plus les enfants passaient du temps à faire la sieste, plus les effets positifs étaient notables, selon les chercheurs. En plus des résultats scolaires, les siestes étaient associées à un plus grand bonheur et une plus grande motivation, un meilleur contrôle de soi et moins de problèmes de comportement, mais la force de la corrélation variait selon le cas.

C’est la première fois qu’une étude se penche de façon aussi exhaustive sur les effets des siestes chez des préadolescents, expliquent les chercheurs.

La sieste dans la culture

On connaissait déjà les bénéfices des siestes chez les enfants plus jeunes. Mais, en Amérique du Nord, les enfants cessent de faire une sieste en mi-journée en général quand ils intègrent l’école, alors il est impossible de mener des études à grande échelle sur les élèves du primaire dans ce contexte.

Or, en Chine, la sieste est une pratique instituée dans les écoles pendant tout le parcours scolaire, une habitude qui demeure souvent à l’âge adulte. Ceci donnait une bonne occasion de recherche pour les scientifiques.

On voit une fillette qui dort la tête sur ses mains, sur son pupitre.

Dès leurs premières années à l'école, les élèves chinois font la sieste à la pause de midi.

Photo : Reuters / Aly Song

« De nombreuses études montrent que pour tous les groupes d’âge, les avantages des siestes peuvent se comparer en importance à ceux des nuits complètes de sommeil en ce qui a trait à certaines tâches cognitives. Ici, nous avions la chance de poser des questions à des écoliers sur des indicateurs du comportement, du succès scolaire et des aspects sociaux et psychologiques », explique Sara Mednick, coauteure de l’étude, dans un communiqué.

Les chercheurs précisent que des études plus poussées doivent être menées pour vérifier les liens de causalité précis entre la sieste et les bienfaits rapportés.

Jusqu’à 20 % des élèves manquent de sommeil, selon Jianghong Liu, premier auteur de l’étude. Les effets négatifs d’un manque de sommeil sur l’état émotionnel, les capacités cognitives et la santé physique sont bien connus, mais peu de recherches ont pu étudier cela chez les enfants plus âgés, précise-t-il.

Les chercheurs croient que leurs travaux peuvent contribuer à revoir les horaires dans les écoles en les adaptant aux besoins physiologiques des jeunes.

Enfance

Santé