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Femmes autochtones : Trudeau accepte l'utilisation du terme « génocide »

Justin Trudeau lors d'un discours

Le premier ministre Justin Trudeau a affirmé accepter le terme « génocide » des femmes autochtones lors d'une conférence à Vancouver.

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Radio-Canada

« Nous acceptons les conclusions des commissaires de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles disparues et assassinées [ENFFADA], notamment en ce qui a trait au génocide », a déclaré mardi Justin Trudeau. Le mot « génocide » suscite un malaise dans la classe politique depuis la publication lundi du rapport de l'ENFFADA, où on le retrouve 122 fois parmi les près de 1200 pages du document.

En marge de la conférence Women Deliver 2019, à Vancouver, le premier ministre du Canada a évoqué une « tragédie qui dure depuis des décennies, des générations ». Il a soutenu que ce drame « empêche le Canada d'être le pays que nous imaginons », soit « un pays qui défend les droits, un pays de justice et d'opportunité ».

M. Trudeau a aussi promis qu'Ottawa travaillera avec les peuples autochtones pour « établir notre plan d'action », qui sera rendu public d'ici « quelques mois ».

« Notre accent ne doit pas porter sur un débat sur les mots, mais sur les actions concrètes que nous allons [poser] en tant que pays pour mettre fin à cette situation », a poursuivi le premier ministre.

« Je comprends qu'il y ait beaucoup d'attention portée à ce rapport, et c'est une bonne chose, mais je sais que les Canadiens souhaitent la fin de cette situation qui dure depuis trop longtemps. »

La veille, plusieurs représentants de la classe politique n'arrivaient pas à s'entendre à savoir si l'emploi du terme « génocide » était pertinent ou non. M. Trudeau lui-même avait indiqué, en anglais seulement, que les commissaires chargés de l'enquête étaient parvenus à la conclusion que les violences subies par les femmes et filles autochtones constituaient un génocide. Il n'avait cependant pas indiqué s'il était en accord avec cette conclusion.

Accepter, mais pas reconnaître

À la suite de l'allocution du premier ministre, le cabinet de M. Trudeau a indiqué, par courriel, que cette « acceptation du choix des commissaires » ne « veut pas dire [que Justin Trudeau] l'endosse ou qu'il le reconnaît ».

L'objectif, souligne-t-on par courriel, consiste à parler des solutions permettant de mettre fin aux violences contre les femmes autochtones, plutôt que de se concentrer uniquement sur le sens d'un mot.

Le gouvernement fédéral reconnaît cependant le terme « génocide culturel », tel qu'avancé par la Commission de vérité et réconciliation du Canada.

Nonobstant les nuances apportées par le cabinet du premier ministre, les commissaires de l'ENFFADA ont évoqué « une journée très importante sur le chemin de la Vérité et de la Réconciliation ».

« L’acceptation, par le gouvernement fédéral, de nos conclusions de fait, tout particulièrement celle portant sur le génocide, constitue une acceptation des vérités partagées par les familles et les survivantes de la violence », peut-on encore lire dans un bref communiqué transmis en milieu d'après-midi.

L'équipe de l'ENFFADA dit également s'attendre « à ce que tous les gouvernements aillent de l’avant et mettent en œuvre rapidement [les] appels à la justice ».

Définition de génocide selon la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, approuvée par l'ONU en 1948 :

Le génocide s'entend de l'un quelconque des actes ci-après, commis dans l'intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :
a) Meurtre de membres du groupe;
b) Atteinte grave à l'intégrité physique ou mentale de membres du groupe;
c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle;
d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe;
e) Transfert forcé d'enfants du groupe à un autre groupe.

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