•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Québec veut mutiplier les embauches pour venir en aide aux élèves vulnérables

Des enfants écrivent dans des cahiers.

Québec veut en faire davantage pour les élèves vulnérables, y compris ceux nécessitant des services spécialisés.

Photo : Getty Images / Ridofranz

Hugo Prévost

Le gouvernement du Québec embauchera quelque 850 enseignants, professionnels et techniciens en éducation spécialisée, histoire d'épauler les élèves les plus vulnérables du réseau de l'Éducation, a annoncé mardi le ministre Jean-François Roberge.

Lors d'un point de presse donné mardi à l'Assemblée nationale, le ministre caquiste a ainsi détaillé l'utilisation de fonds totalisant 70 millions de dollars par année, des montants déjà annoncés dans le budget, à la fin mars.

« Gardez espoir, la cavalerie s'en vient! », a déclaré le ministre, en évoquant, à mots couverts, les pénuries de personnel enseignant et la précarité d'emploi des nouveaux enseignants.

Le montant confirmé comprend une somme de 47 millions qui servira à recruter 650 enseignants, professionnels et techniciens.

Ces investissements, affirme M. Roberge, « permettr[ont] de faire quelque chose qui n'a jamais été fait », soit d'instaurer un « plancher de services dans les écoles ». Le ministre assure ainsi que l'on offrira des services professionnels dans toutes les écoles. « Finis les déserts de services », a-t-il promis.

Là où les ressources seront plus limitées, la Coalition avenir Québec (CAQ) prévoit instaurer des « cliniques mobiles de services professionnels didactiques », décrites comme « une sorte de clinique d'urgence », pour lesquelles est prévu un montant de 3 millions.

Québec annonce également 20 millions de dollars pour ajouter 150 classes d'adaptation, qui seront accompagnées de 200 enseignants et professionnels supplémentaires « qui viendront prêter main-forte ». Le ministre Roberge n'a toutefois pas indiqué si ces nouvelles classes seront créées dans les locaux scolaires existants, ou s'il faudra agrandir des écoles.

Plutôt que de privilégier « l'intégration à tout prix », M. Roberge a dit préférer « une intégration réussie ».

Où ira-t-on chercher ces 650 nouveaux enseignants et professionnels? Le ministre mise non seulement sur une augmentation du salaire de base des nouveaux enseignants, mais aussi sur l'attrait que peuvent représenter des postes permanents. Plutôt qu'un système où les jeunes diplômés doivent travailler dans plusieurs écoles, ce qui pourrait entre autres en pousser certains vers le privé, M. Roberge estime que les nouveaux emplois en convaincront plusieurs de revenir au public.

Québec mise également sur l'arrivée d'enseignants en provenance de l'Ontario, voire de l'étranger. « On veut des gens compétents et motivés », a soutenu le ministre à plusieurs reprises.

On ignore cependant, pour l'instant, comment seront répartis les nouveaux enseignants et professionnels. Un reportage de Radio-Canada publié la semaine dernière indiquait qu'il existait d'importantes disparités entre écoles en ce qui concerne la présence de professionnels et de techniciens spécialisés. En moyenne, chaque professionnel du réseau de l'éducation est responsable de 178 élèves.

Gouvernance et maternelle 4 ans

Questionné à propos de la volonté de la CAQ d'abolir les commissions scolaires pour les remplacer par des centres de service, le ministre Roberge s'est montré avare de détails, précisant simplement qu'un « projet de loi sur la gouvernance » sera déposé à l'automne.

Les investissements détaillés mardi s'appuient toutefois sur la gestion des commissions scolaires pour en assurer le succès. Ces organisations seront entre autres responsables du recrutement des professionnels et des enseignants, ainsi que de la coordination des cliniques de services mobiles.

Le ministre a également indiqué « ne subir aucune pression » pour faire adopter le projet de loi no 5 sur l'universalisation des maternelles 4 ans d'ici la fin de la session parlementaire, ce mois-ci. « Ça pourrait aller en septembre », a-t-il convenu.

Pourquoi, dans ce cas, limiter à cinq jours les consultations publiques sur cet épineux dossier? « Cinq jours de consultations, c'est déjà beaucoup! Nous avons entendu 30 groupes », a répondu le ministre.

Ces consultations se terminent mardi.

Politique provinciale

Politique