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L'héroïne mauve fait son apparition au Manitoba

Vendue notamment sous les noms de « Purple » ou de « Purp », cette variante de l’héroïne est coupée au fentanyl et peut s’avérer mortelle.

Photo : Service policier de Timmins

Abdoulaye Cissoko

Une nouvelle drogue extrêment dangereuse, surnommée de l'héroïne mauve, est présente au Manitoba, selon les autorités.

Le Service de police de Winnipeg a confirmé avoir procédé récemment à plusieurs saisies de substances appelées couramment « Purp », « Purple », « Pebs » ou « Pebbles ».

Il s'agit des autres appellations de l'héroïne mauve, une sorte de mélange d'héroïne, d'OxyContin et de fentanyl ou de carfentanil.

Le sergent Jay Murray affirme que ce sont souvent des opioïdes mélangés à des colorants alimentaires, des arômes ou à d’autres ingrédients afin de leur donner une texture ou un goût différents.

La directrice médicale de la Fondation des dépendances du Manitoba, Ginette Poulin.

La directrice médicale de la Fondation des dépendances du Manitoba, Ginette Poulin

Photo : Radio-Canada / Alana Cole

Il dit que les colorants sont utilisés pour donner de la couleur à la substance et que la drogue peut parfois ressembler à du sucre candi ou à un petit morceau de gravier.

Le sergent Murray ajoute que, bien que cet opiacé puisse être de l'héroïne, il s'agit plus souvent de fentanyl, de carfentanil ou d'un mélange d'opioïdes à Winnipeg. Les autorités policières rappellent que le fait de consommer des opioïdes en dehors de tout contrôle d'un professionnel de la santé pourrait présenter un risque accru lorsque ces stupéfiants sont mélangés à d'autres substances.

La police indique aussi qu'il y a des préoccupations évidentes quant aux jeunes, car le fait que la substance ressemble à un bonbon pourrait la rendre plus attrayante à leurs yeux.

La directrice médicale de la Fondation des dépendances du Manitoba, Ginette Poulin, affirme que, depuis quelques mois, elle entend ses patients parler de ce produit qu'ils ont pu se procurer dans les rues de la capitale manitobaine.

Elle dit que son usage serait même fréquent. « Chaque jour, quand je parle aux patients, c'est cette drogue qu'ils nomment [comme] étant le produit qu'ils utilisent dans la rue. Je ne peux pas donner de chiffres exacts, mais c'est très fréquent », note la Dre Poulin qui met la population en garde contre les dangers de ce produit.

Selon elle, les consommateurs de l'héroïne mauve l'utilisent de plusieurs façons, mais l'injection présente un risque fatal plus élevé. « L'autre danger, c'est que, lorsqu'on fait nos dépistages, il y a d'autres produits qu'on ne peut pas déceler avec nos tests », affirme-t-elle.

Elle a aussi constaté qu'à Winnipeg les consommateurs de l'héroïne mauve utilisent moins l'OxyContin, mais ont plutôt recourt au fentanyl, à la morphine et au carfentanil. « Des fois, il s'agit d'un mélange avec d'autres produits qui ne sont même pas de la famille des opioïdes », remarque-t-elle.

Le risque, ajoute la Dre Poulin, c'est qu'on ne sait jamais ce qui se trouve dans ces produits et qu'on ne connaît pas le dosage de chacune des substances mélangées. Le danger pour la santé est plus grand parce qu'il y a beaucoup de facteurs qui sont inconnus. « Même si on fait confiance à son fournisseur, peut-être que celui-ci s'est procuré le produit auprès d'un autre, et ainsi de suite », précise-t-elle.

La Dre Poulin dit que la Fondation met à la disposition de ses patients une trousse de naloxone. Toutefois, avec l'héroïne mauve, il faut une dose plus importante de cet antidote pour en neutraliser les effets.

D'autres provinces également touchées

La présence de l'héroïne mauve a été également confirmée par le Service de police de la Ville de Montréal.

Une femme en train de sourire.

Chantal Bélanger, infirmière-hygiéniste au département de la Santé publique de Sudbury.

Photo : Chantal Bélanger

Récemment, la Police provinciale de l'Ontario (OPP) a alerté la population à la suite de surdoses mortelles attribuées à cette drogue dure.

Une infirmière-hygiéniste de Santé publique Sudbury, Chantal Bélanger, dit que Santé Canada les a informés en mars 2018 de la circulation de cette drogue dans la communauté. Elle affirme que le département a immédiatement publié une alerte publique afin de sensibiliser la population aux dangers de cette drogue dure.

Au Yukon, dans un article publié le 29 mars dernier, le médecin hygiéniste en chef de la province, Brendan Hanley, exhortait les toxicomanes à surveiller l'héroïne mauve après avoir entendu parler de cas de surdoses non fatales localement.

La Dre Poulin insiste sur le fait que, si une personne doit absolument consommer de l'héroïne mauve, il faut toujours s'assurer que quelqu'un près d'elle pourra administrer de la naloxone au besoin.

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