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Espoirs de plus en plus minces pour le plan de paix américain au Proche-Orient

Jared Kushner, conseiller principal à la Maison-Blanche, lors d'une cérémonie de signature du projet de loi First Step Act et du Juvenile Justice Reform Act au bureau ovale de la Maison-Blanche à Washington, États-Unis, le 21 décembre 2018.
Jared Kushner a déclaré dimanche que les Palestiniens n'étaient pas prêts à se gouverner eux-mêmes. Photo: Reuters / Joshua Roberts
Agence France-Presse

Le plan de paix israélo-palestinien concocté par Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, avant même d'être présenté officiellement, suscite des doutes croissants exprimés par le chef de la diplomatie Mike Pompeo et par le président américain lui-même.

Washington doit présenter les 25 et 26 juin à Bahreïn le volet économique de ce plan tant attendu. Mais l'incertitude demeure sur ses aspects politiques, de loin les plus délicats, qui seront exposés « quand le moment sera venu ».

La semaine dernière, lors d'une rencontre privée avec la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines, Mike Pompeo a dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, au sein même de l'administration Trump.

Le secrétaire d'État a admis le risque d'un échec de ce plan de paix qui pourrait être considéré comme « inapplicable », comme l'a rapporté le Washington Post.

Le plan « peut être rejeté », a-t-il affirmé lors de cette rencontre, dont le journal s'est procuré un enregistrement. « Je comprends pourquoi les gens pensent qu'il s'agit d'un accord que seuls les Israéliens pourront aimer », a-t-il même estimé.

Depuis son arrivée à la Maison-Blanche il y a deux ans, Donald Trump a transformé la traditionnelle politique d'appui à Israël en un soutien inconditionnel à l'État hébreu et au gouvernement de Benyamin Nétanyahou.

Fait surprenant : il n'a pas désavoué son ministre des Affaires étrangères. « Il a peut-être raison », a-t-il déclaré dimanche à la presse avant de s'envoler pour le Royaume-Uni. Avant de déplorer la situation politique en Israël, où de nouvelles élections auront lieu en septembre après l'échec de Benyamin Nétanyahou à former un gouvernement.

Donald Trump, président des États-Unis

Les Palestiniens, qui boycottent l'administration Trump depuis qu'elle a décidé de déplacer son ambassade à Jérusalem, ne participeront pas à la conférence économique de Bahreïn.

En plus d'avoir rompu le consensus international sur Jérusalem, Donald Trump, dont la base chrétienne évangélique est très favorable à l'État hébreu, a reconnu la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, pris à la Syrie lors de la guerre des Six Jours, suscitant une vague de protestations.

Les Palestiniens pas prêts à gouverner, selon Kushner

Dans un entretien accordé au site d'information américain Axios, Jared Kushner a estimé dimanche que les Palestiniens n'étaient pas prêts à se gouverner eux-mêmes. C'est « placer la barre haut » que d'imaginer que les Palestiniens puissent gérer un État sans ingérence militaire ou gouvernementale israélienne, a-t-il affirmé.

« Quand on n'a pas une structure gouvernementale et un niveau de sécurité appropriés, et que les gens [les Israéliens] vivent dans la peur du terrorisme, cela nuit aux Palestiniens », a-t-il dit.

« J'espère qu'à terme, ils seront capables de gouverner » leur pays, a déclaré Jared Kushner, réputé lui aussi très proche de Benyamin Nétanyahou.

Le volet politique du plan de paix – quand il sera présenté, s'il est présenté – devrait s'abstenir d'appeler à la création d'un État palestinien, rompant avec l'objectif de la diplomatie américaine depuis des décennies.

Et selon David Makovsky, du think tank Washington Institute for Near East Policy, le fait qu'il ne soit pas officialisé en même temps que le volet économique est révélateur du peu de confiance qu'accorde l'administration Trump à ce plan.

« La décision de les séparer en deux volets est très parlante. Cela voudrait dire que l'économie est moins controversée, et qu'il y a plus de doutes sur la capacité à résoudre ces problèmes [politiques, NDLR] fondamentaux qui sont souvent vus comme un jeu à somme nulle : si un côté gagne, l'autre perd », explique cet ancien diplomate.

« L'élection israélienne est en fait une bonne chose pour l'administration, parce que ça lui permet de raconter une histoire à la presse et de dire : "on ne peut pas le faire maintenant, il y a une nouvelle élection" », ajoute-t-il.

Reste maintenant à éclaircir deux points : les donateurs du monde arabe seront-ils prêts à débloquer des fonds pour la Palestine sans perspective d'accord politique? Et quelle sera l'attitude américaine quand le nouveau gouvernement israélien sera formé – possiblement à l'automne –, et que les États-Unis se prépareront eux-mêmes à une élection présidentielle?

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