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L'accusé impliqué dans un accident 8 mois avant de faucher une femme enceinte devant le CHUL

La voiture de Jonathan Falardeau-Laroche a pris feu peu après l'accident survenu sur le pont Pierre-Laporte.

Photo : Capture d'écran/MTQ

Yannick Bergeron

La poursuite a déposé ce matin en preuve une vidéo montrant un accident dans lequel Jonathan Falardeau-Laroche a été impliqué à l'entrée du pont Pierre-Laporte, le 8 décembre 2015.

Le jeune homme épileptique est accusé de négligence criminelle causant la mort pour avoir fauché Marie-Pier Gagné, devant le Centre mère-enfant, le 10 août 2016.

Dans la vidéo captée en décembre 2015 par les caméras du pont Pierre-Laporte, on peut voir le véhicule de l'accusé changer de voie pour heurter l'arrière d'un véhicule utilitaire sport (VUS) qui roulait dans la voie de droite, en direction sud.

Le VUS va alors être déporté sur la gauche, avant de heurter le muret de béton central, causant une série de collision avec quatre autres véhicules.

Son véhicule prend feu

La voiture de Jonathan Falardeau-Laroche, elle, continue sa course sur l'accotement, avant de basculer sur une clôture et de prendre feu.

Des passants sont alors intervenus pour éteindre l'incendie et extirper de son véhicule le conducteur, âgé de 21 ans à l'époque.

Le patrouilleur Pierre Fréchette, de la Sûreté du Québec, a été le premier policier sur les lieux.

Il témoigne être allé à la rencontre de Falardeau-Laroche, qui se trouvait déjà dans une ambulance.

Quand il lui a demandé ce qui s'était passé, l'accusé lui aurait dit « J’ai eu une absence, je me suis fait couper et je ne sais pas ce qui est arrivé par la suite ».

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Jonathan Falardeau-Laroche, accusé d’avoir heurté mortellement Marie-Pier Gagné devant le Centre mère-enfant, en août 2016. On le voit ici au palais de justice de Québec.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Demande de vérification d’aptitude à conduire

Selon l'agent Fréchette, le conducteur collabore peu et répète à plusieurs reprises qu'il a eu une absence et qu’il s’est fait couper.

« Il n'avait pas l'air à prendre ça au sérieux », a témoigné le policier.

Toujours selon l'agent, Falardeau-Laroche « ne veut rien savoir d’aller à l’hôpital », malgré les recommandations des ambulanciers.

Après avoir pris connaissance de la vidéo au ministère des Transports, le policier a constaté que la version du conducteur ne corroborait pas sa version des faits.

Le policier a donc rempli le formulaire de demande de vérification d’aptitude à conduire de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ).

L'agent a indiqué qu'en 17 ans de carrière, il a très rarement utilisé ce formulaire.

Rapport médical

Après cet accident, la SAAQ a exigé un rapport médical à Falardeau-Laroche pour conserver son droit de conduire.

Il a consulté la docteure Julie Dutil dans une clinique médicale privée.

La médecin a témoigné qu'elle n'avait pas de souvenir de cette consultation du 29 décembre 2015, la seule qu'elle a eue avec l'accusé.

Elle a rempli le document avec les informations fournies par le patient, en faisant une évaluation physique sommaire.

Falardeau-Laroche lui aurait dit que sa plus récente crise d'épilepsie remontait à l'année 2010.

« C’est basé sur la bonne foi du client, sur les renseignements qu’il me donne que je ne peux pas vérifier », a indiqué la docteure Dutil.

Le neurologue traitant de Falardeau-Laroche, le docteur Michel Sylvain, avait pourtant interdit à son patient de conduire en 2012, en raison d'une récidive de ses symptômes épileptiques.

Une toxicologue judiciaire a également témoigné.

Selon la chimiste Anne-Marie Faucher du laboratoire médico-légal de Montréal, les échantillons sanguins de Falardeau-Laroche prélevés à la suite de l'accident devant le CHUL n'ont démontré aucune trace d'alcool ou de drogue.

L'analyse n'a révélé que la présence d'un médicament pour traiter l'épilepsie.

Le procès se poursuit mardi.

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