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Les pouvoirs des bénévoles de l'Archevêché restreints... par les règles de l'Archevêché

La cathédrale et la salle de spectacle à Rimouski

Selon les règlements mêmes de l'Archevêché, les décisions des marguilliers en place ne sont pas conformes à la Loi sur les fabriques, puisqu'ils n'ont toujours pas de président. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Laurence Gallant

Julie Tremblay

On apprenait en avril que l'Archevêché de Rimouski a entrepris des démarches judiciaires contre la Fabrique Saint-Germain en lui reprochant de ne pas avoir payé les factures relatives à l'entretien de la cathédrale de Rimouski. Or, selon les règlements mêmes de l'Archevêché, les marguilliers en fonction ne peuvent prendre de décisions relatives à la cathédrale, puisqu'ils n'ont toujours pas de président.

La Loi sur les fabriques est claire : un président d'assemblée de fabrique est une personne nommée spécifiquement par l'évêque pour convoquer et présider, dans une paroisse.

Cependant, à Rimouski, près d'un an après la démission de l'ex-président de la Fabrique Saint-Germain, René Roy, l'évêque, Mgr Denis Grondin, n'a toujours pas nommé son successeur, ce qui, selon la réglementation de l'Archevêché, réduit les pouvoirs des marguilliers en place.

Les réunions de marguilliers ou de paroissiens présidés par une personne non nommée ou non déléguée par l'Évêque ne sont pas conformes aux exigences de la Loi sur les fabriques [...], de même que toutes les décisions qui y sont prises.

Extrait de la réglementation de l'Archevêché de Rimouski concernant la nomination des présidents ou vice-présidents d'assemblées de fabrique

On stipule également dans la réglementation de l'Archevêché que lorsqu'une fabrique prend des décisions sans la présence d'un président ou d'un vice-président, ce n'est pas la fabrique qui est imputable, mais bien les administrateurs, personnellement.

Lors d'un bref entretien téléphonique, la responsable des communications à l'Archevêché nous a cependant affirmé que c'est une question d'interprétation et qu'il n'est pas nécessaire qu'il y ait un président pour qu'une fabrique prenne des décisions.

À la recherche d'un président

Les marguilliers de la Fabrique Saint-Germain disent avoir demandé à plusieurs reprises à l'Archevêché qu'un président soit nommé, sans succès.

Le Rimouskois Raymond Garneau, qui aspirait à ce poste, affirme même avoir rencontré l'évêque à ce sujet. Mgr Grondin l'aurait confirmé comme président, mais la lettre de l'Archevêché devant officialiser sa nomination n'aurait jamais été envoyée.

Mgr Grondin

L'archevêque de Rimouski, Mgr Denis Grondin

Photo : Radio-Canada / Julie Tremblay

À la fin août [2018], n'ayant pas eu de réponses, j'ai rappelé moi-même à l'Archevêché pour savoir ce qui arrivait et je suis tombé sur le chancelier. Il m'a jasé pendant presque une demie heure de temps pour me dire que l'évêque n'avait pas le droit de me rencontrer seul à seul, que l'évêque n'est pas le seul à prendre la décision et [...] que probablement qu'il n'y aurait pas de lettre du tout, raconte M. Garneau.

Raymond Garneau

Raymond Garneau souhaitait devenir président de la Fabrique St-Germain, mais après avoir accepté sa nomination, l'Archevêché aurait refusé de l'officialiser, selon lui.

Photo : Radio-Canada / Julie Tremblay

Il ajoute que puisqu'une fabrique ne peut adopter de résolutions sans président, cela semble évident que l'évêque et son entourage immédiat ne veulent tout simplement pas que la Fabrique Saint-Germain soit opérante, dit-il.

On est convaincus de ça, que l'évêque est contrôlé en particulier par le chancelier et par l'économe et peut-être également par d'autres vicaires qui l'assistent.

Raymond Garneau

Des marguilliers investis d'une mission

Il faut dire que les nouveaux marguilliers élus au conseil de la Fabrique Saint-Germain en décembre 2016 sont tous membres du Regroupement diocésain pour la sauvegarde de la cathédrale, un groupe qui milite pour le maintien du culte dans la cathédrale. M. Garneau en fait également partie.

L'Archevêché semble avoir tenté par plusieurs moyens, au cours des deux dernières années, de bloquer les membres de ce groupe.

L'élection de deux d'entre eux au conseil de fabrique avait d'abord été jugée non règlementaire. L'Archevêché a ensuite scindé la paroisse Saint-Germain en enlevant le pouvoir de gestion de la fabrique sur cinq églises de la ville, lui laissant uniquement l'administration de la cathédrale, fermée depuis déjà quatre ans, à cette époque.

Nous avons demandé à près d'une dizaine d'experts de nous accorder une entrevue au sujet de la Loi sur les fabriques et du droit canonique pour mieux comprendre la situation. Tous ont refusé, dont plusieurs car ils jugeaient le sujet trop délicat.

Certains nous ont cependant dit qu'il était assez exceptionnel qu'un Archevêché poursuive les administrateurs de l'une de ses fabriques.

Au moment de publier ce texte, il n'avait pas été possible d'avoir une entrevue avec les responsables de l'Archevêché.

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