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Enquête sur les femmes autochtones : un rapport « propagandiste », selon Bernard Valcourt

Bernard Valcourt dans la Chambre des communes

L'ancien ministre Bernard Valcourt remet en question le rapport de l'enquête nationale sur les femmes autochtones (archives).

Photo : La Presse canadienne / Chris Wattie

Radio-Canada

L'ancien ministre des Affaires autochtones Bernard Valcourt qualifie de propagandiste le rapport de l'enquête nationale sur les femmes autochtones.

Le rapport, qui sera présenté lundi aux différents ordres de gouvernement, conclut que les Autochtones sont victimes d'un génocide qui vise particulièrement les femmes.

Bernard Valcourt a été ministre des Affaires autochtones de 2013 jusqu’à la défaite électorale du gouvernement Harper en 2015. Il dénonce la conclusion du rapport voulant que le millier de femmes autochtones disparues ou assassinées ces 40 dernières années soient des victimes d’un grand génocide canadien visant les Autochtones.

Bernard Valcourt a remis en question le rapport dans un message Twitter :

Bernard Valcourt, dans un autre message Twitter, demande qui se sent mieux au Canada, parmi les Premières Nations, à la suite de cette conclusion selon laquelle tout ce que nous voulions était de tous les tuer.

Les messages de l’ancien ministre ont suscité plusieurs réactions sur Twitter, dont celle-ci de la militante Isabelle Wallace, de la Première Nation malécite du Madawaska :

L’ancien ministre persiste et signe dans une entrevue accordée à CBC. Il a dit s’offusquer du fait que le Canada soit accusé de génocide dans ce rapport. Il soutient qu'il ne s'agissait pas d'un génocide, et que l'utilisation d'un tel mot ne résoudra rien.

Le fondement de ce génocide, selon le rapport, repose sur les structures coloniales, comme en font foi la Loi sur les Indiens de 1876, la rafle des années 1960, la stérilisation forcée de femmes autochtones et le système des pensionnats autochtones.

Le rapport des commissaires s’appuie sur les témoignages de 2380 personnes, recueillis dans le pays depuis le début de l'enquête en 2016.

Bernard Valcourt lui-même est critiqué dans le rapport pour avoir dit lorsqu’il était ministre des Affaires autochtones que 70 % des meurtres de femmes autochtones étaient commis par des Autochtones. Ces propos reposaient sur des données de la Gendarmerie royale du Canada qui étaient imparfaites et imprécises, selon le rapport.

Le Musée canadien pour les droits de la personne, à Winnipeg, juge aussi que le traitement des Autochtones au Canada constitue un génocide.

Il est difficile d’imaginer comment une personne qui a été ministre des Affaires autochtones peut être si ignorante et insensible, affirme la ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, dans une déclaration envoyée à CBC. Écarter ce rapport comme de la propagande est représentatif du genre d’attitude qui a mené à cette tragédie nationale, ajoute-t-elle.

Les conservateurs se distancient des propos de Bernard Valcourt

Le Parti conservateur du Canada prend ses distances par rapport aux commentaires de l'ancien ministre.

La députée conservatrice Cathy McLeod, dans un message Twitter publié dimanche, affirme que M. Valcourt ne parle pas au nom du Parti conservateur du Canada. Elle qualifie ses propos d'inacceptables.

L’ancienne chef intérimaire du Parti conservateur, Rona Ambrose, et son chef actuel, Andrew Scheer, ont donné leur appui aux travaux de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, ajoute Mme McLeod.

Le directeur du Centre national pour la vérité et la réconciliation, Ry Moran, a aussi dénoncé sur Twitter les propos de Bernard Valcourt. Il a rappelé que l’ancien ministre était resté assis lors d’une ovation durant une cérémonie en 2015 au moment où la Commission de vérité et réconciliation du Canada a proposé une enquête nationale sur les femmes et filles autochtones disparues ou assassinées.

Bernard Valcourt explique qu’il aurait été hypocrite s’il s’était levé pour applaudir. Déjà, à ce moment, il ne croyait pas que cette enquête donnerait des résultats positifs. Il estime que le rapport prouve qu’il avait raison.

Selon lui, le rapport d’enquête et les intervenants qui critiquent ses propos jouent à la politique identitaire et ils ont droit à leur opinion, comme il a droit à la sienne.

Avec les renseignements de Jorge Barrera, de CBC

Nouveau-Brunswick

Autochtones