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Urgence climatique : Elizabeth May appelle « tout le monde sur le pont »

La chef du Parti vert du Canada Elizabeth May parle dans un micro.

La chef du Parti vert du Canada Elizabeth May a offert un plaidoyer en faveur de la science lors de son discours au congrès de la Fédération canadienne des municipalités qui s'est tenu à Québec.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

La Presse canadienne

La cheffe du Parti vert du Canada, Elizabeth May, a prononcé dimanche un discours émotif au congrès de la Fédération canadienne des municipalités (FCM), à Québec, appelant « tout le monde sur le pont » pour s'attaquer sérieusement à l'urgence climatique.

« On doit travailler ensemble, on doit faire face à la menace contre notre avenir, et on doit faire ça ensemble. Ce n'est pas un moment pour diviser la population du Canada, c'est le moment d'avoir tout le monde sur le pont! », a-t-elle déclaré dans une rare portion en français de son allocution.

Insistant sur l'état d'urgence auquel la planète fait face, la cheffe des Verts a souligné que l'enjeu du climat est « une menace à la sécurité, pas seulement un problème environnemental ».

Elle a également offert un plaidoyer en faveur de la science, soutenant que la toute première chose à faire pour un nouvel élu serait de s'informer pour comprendre ce que disent les scientifiques au sujet de l'urgence climatique.

L'atmosphère ne négocie pas avec l'humanité. On ne peut pas argumenter avec la physique. On se retrouve dans la situation actuelle parce que pendant des décennies, nous avons ignoré les avertissements des scientifiques.

Elizabeth May, cheffe du Parti vert du Canada

Des critiques à propos de ses collègues

Elizabeth May n'est d'ailleurs pas tendre à l'endroit de ses collègues de la classe politique à travers le monde.

« Quand je cherche du leadership sur la planète, je ne le trouve pas parmi les élus comme moi. Je le trouve chez une jeune étudiante de 16 ans à Stockholm. Greta Thunberg est la meneuse d'un mouvement formé par nos enfants qui nous forcent à reconnaître honteusement qu'on leur a volé leur avenir », a critiqué la députée fédérale de Colombie-Britannique.

La politicienne estime que les décideurs ont tellement peur de passer à l'action pour sauver l'humanité qu'ils sont prêts à laisser faire et à se condamner. « Je ne vais pas abandonner mes enfants, et je sais que vous ne le ferez pas non plus », a-t-elle lancé.

Selon elle, le seul exemple historique comparable à la gravité de l'état d'urgence actuel est l'évacuation des troupes britanniques retranchées sur la plage de Dunkerque lors de la Deuxième Guerre mondiale.

Même si toute l'armée britannique était alors prise au piège, à la merci des troupes nazies, le gouvernement de Winston Churchill a refusé de capituler. Il a plutôt lancé l'opération Dynamo, qui a permis de récupérer le corps expéditionnaire. À l'époque, même les embarcations civiles de Douvres avaient été mobilisées.

« Je me demande aujourd'hui, en 2019, quel est l'équivalent de la question que Winston Churchill se posait : "Combien y a-t-il d'embarcations civiles à Douvres?" », a raconté la cheffe des Verts. La réponse est : « Combien de groupes communautaires veulent agir à l'échelle locale? Planter des arbres ou installer des panneaux solaires sur les toits? »

« Nous n'avons pas moins de courage, de détermination ou de sens des responsabilités que nos parents et nos grands-parents. Nous sommes les mêmes, nous sommes une famille, et nous prenons soin les uns des autres », a-t-elle observé.

Au terme du discours de sa cheffe, le Parti vert du Canada a annoncé par communiqué qu'il endossait la Déclaration d'urgence climatique de l'organisation indépendante GroupMobilisation.

Appui aux municipalités

Mme May a assuré les représentants municipaux que les Verts allaient défendre leurs demandes à Ottawa. Elle s'est notamment engagée à soutenir un financement stable et à long terme des programmes d'infrastructures de transport public, de traitement des eaux et de logement.

Au-delà des chèques du fédéral, c'est une voix à la table de discussion que le Parti vert souhaite donner aux municipalités ainsi qu'aux Premières Nations. En se basant sur le modèle australien, Mme May propose la création d'un conseil des gouvernements canadiens. Une telle structure rassemblerait des représentants du fédéral, des provinces, des municipalités et des communautés autochtones.

L'élue, qui représente la circonscription de Saanich-Gulf Islands en Colombie-Britannique à la Chambre des communes, était invitée à prononcer le dernier discours politique au rassemblement de la FCM.

Au cours des jours précédant le discours de Mme May dimanche, les autres chefs de partis nationaux ont pu bénéficier de la même tribune.

Le premier ministre et chef du Parti libéral, Justin Trudeau, ainsi que le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, ont pris la parole vendredi, alors que le chef du Nouveau parti démocratique, Jagmeet Singh, a fait de même samedi.

Seul le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, n'a pas été invité à participer au congrès, a confirmé son équipe à La Presse canadienne.

L'ensemble des municipalités membres ont discuté durant quatre jours, au Centre des congrès de Québec, de leur mobilisation en vue de l'élection générale fédérale de l'automne prochain. De nombreux ateliers et conférences figuraient également au programme de l'événement.

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