•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Panique à Venise devant un bateau de croisière hors de contrôle

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Le bateau de tourisme River Countess a été endommagé à la suite d'un contact avec le paquebot de croisière MSC Opera, qui a perdu le contrôle alors qu'il venait accoster à Venise, en Italie.

Le bateau de tourisme River Countess a été endommagé à la suite d'un contact avec le paquebot de croisière MSC Opera, qui a perdu le contrôle alors qu'il venait accoster à Venise, en Italie.

Photo : AFP/Getty Images / Andrea Pattaro

Agence France-Presse

Un bateau de croisière géant hors de contrôle a suscité la panique dimanche à Venise et a fait quatre blessés légers. L'accident ravive la controverse sur les risques et dommages, notamment écologiques, qu'entraînent pour la Sérénissime ces énormes paquebots, qui naviguent exceptionnellement près du rivage.

Victime d'une panne de moteur, le MSC Opera, qui peut transporter près de 2680 passagers et qui naviguait sur le canal de la Giudecca, a heurté un quai puis un bateau touristique en voulant s'amarrer, a-t-on appris auprès des autorités portuaires.

Des images vidéo amateurs publiées sur Twitter montrent des touristes à terre s'enfuyant en courant devant le MSC Opera, qui racle le quai tout du long, moteurs rugissants.

« Quand nous avons vu le bateau s'approcher de nous, tout le monde s'est mis à crier et à courir », a raconté un marin qui se trouvait sur le bateau touristique River Countess, heurté par le MSC Opera, cité par des médias italiens.

« Je ne savais pas quoi faire. Je me suis enfui rapidement et ai sauté à terre », a poursuivi l'homme, qui a requis l'anonymat.

Selon les autorités portuaires, l'accident, survenu à San Basilio-Zattere, a fait quatre blessés légers à bord du River Countess. Il s'agit de touristes âgés de 67 à 72 ans, venus d'Australie, de Nouvelle-Zélande et des États-Unis, selon les médias.

« Le bateau de MSC a eu une panne de moteur, ce qui a été immédiatement signalé au capitaine », a déclaré à des médias italiens Davide Calderan, responsable de la compagnie de remorqueurs chargée d'accompagner le navire jusqu'à sa place à quai.

« Le moteur était bloqué avec la commande de poussée, parce que la vitesse augmentait », a-t-il ajouté.

Les deux remorqueurs chargés de guider le bateau dans le canal ont tenté de le ralentir, mais l'une des chaînes les reliant au navire géant a sauté sous la pression, a précisé M. Calderan.

Le MSC Opera avait souffert d'une panne électrique en mai 2011 en mer Baltique et avait dû débarquer ses 1800 passagers à Stockholm.

Des fondations qui s'érodent

Des membres du comité No Grandi Navi (pas de gros bateau) de Venise se sont rassemblés près du MSC Opera, dimanche, peu après l'accident.

Des membres du comité No Grandi Navi (pas de gros bateau) de Venise se sont rassemblés près du MSC Opera, dimanche, peu après l'accident.

Photo : AFP/Getty Images / Andrea Pattaro

L'accident ravive les vives controverses qui agitent la Sérénissime à propos des dommages infligés au site – la ville portuaire et sa lagune sont inscrites au patrimoine de l'UNESCO – et à son fragile écosystème par ces géants des mers, qui naviguent si près du rivage que leurs cheminées se profilent derrière les clochers et les ponts de la cité lagunaire.

Les paquebots sont accusés par les défenseurs de l'environnement de contribuer à l'érosion des fondations dans cette ville régulièrement inondée.

« Ce qui s'est passé dans le port de Venise est une confirmation de ce que nous disons depuis un certain temps », a tweeté le ministre italien de l'Environnement Sergio Costa.

« Les paquebots de croisière ne doivent pas naviguer le long de la Giudecca. Nous travaillons à les déplacer depuis plusieurs mois [...] et nous sommes proches d'une solution », a-t-il promis.

Le ministre des Transports Danilo Toninelli a assuré dans la soirée que le gouvernement aurait trouvé une « solution définitive » d'ici la fin juin.

L'Italie a adopté en novembre 2017 un plan de développement de la lagune pour soutenir l'activité lucrative des bateaux de croisière tout en modifiant le parcours des paquebots, qui à terme ne pourront plus traverser la cité lacustre par le canal de la Giudecca, qui longe la place Saint-Marc, grâce à la construction d'un nouveau terminal maritime.

« À partir de demain, nous devons bouger, tous ensemble et aussi vite que possible, pour résoudre le problème du trafic des bateaux de croisière », a dit Pino Musolino, de l'Autorité portuaire du nord de la mer Adriatique.

Député de la gauche italienne, Nicola Fratoianni a tenu à relever que la politique de bras ouverts de l'Italie à ces paquebots contrastait avec celle pratiquée à l'égard des bateaux des ONG qui secourent des migrants en Méditerranée.

« Il est réellement étrange de voir un pays qui essaye d'empêcher les bateaux qui sauvent des gens en mer d'accoster dans ses ports, autoriser ces monstres d'acier à faire peser un risque de carnage sur Venise », a-t-il lancé.

Le paquebot de croisière a perdu le contrôle et s'est écrasé contre un bateau de tourisme plus petit au port de San Basilio, à Venise, dimanche.

Le MSC Opera s'est écrasé contre un bateau de tourisme, dimanche, au port de San Basilio, à Venise.

Photo : Reuters / Manuel Silvestri

Construit il y a 15 ans par les Chantiers de l'Atlantique en France et exploité par le croisiériste italo-suisse MSC Cruises, le MSC Opera peut transporter 2679 passagers. Il se flatte d'offrir à bord un théâtre, une salle de bal et un parc aquatique pour les enfants.

MSC Cruises, fondé en Italie en 1960, est une compagnie internationale qui a son siège à Genève, en Suisse.

Cet incident survient quelques jours après une collision sur le Danube, dans le centre de Budapest, entre un bateau de croisière, le Sigyn de la compagnie Viking (qui compte 95 cabines) et une embarcation touristique. Ce drame, survenu mercredi, a fait 7 morts et 21 disparus, essentiellement des touristes sud-coréens.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !