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Les « dropshippers », intermédiaires indésirables de la vente en ligne

De la marchandise est entreposée dans un immeuble industriel.

La livraison directe au client, ou drophipping, est une activité assez courante en ligne en 2019.

Photo : Getty Images / AdShooter

Julien McEvoy

L'entrepreneuriat serait-il à la portée de tous en cette ère de connectivité et de réseaux sociaux? Le « dropshipping », ou livraison directe, laisse croire que oui. Décryptage d'une tendance lourde sur le web en 2019.

Les places de marché sont nombreuses sur Internet de nos jours. On pense bien sûr à Amazon, Wayfair, Etsy, eBay, mais aussi, et surtout, à Alibaba et à Aliexpress, deux sites chinois qui pourraient bien vite devenir numéro un mondial.

On y trouve des prix qui défient toute concurrence et qui ont fait monter en flèche une tendance dans le monde du marketing numérique : le dropshipping.

Le phénomène consiste à vendre sans posséder soi-même d'inventaire, puisque le produit et sa livraison sont gérés par le marchand.

Le dropshipping est devenu la panacée des professionnels du marketing numérique, qui peuvent ainsi lancer un site web à faible coût et se mettre à vendre des produits qu’ils ne possèdent pas eux-mêmes.

Ces commerçants numériques, qui ont aujourd’hui accès à des prix très bas sur Aliexpress, affichent par exemple un maillot de bain ou une montre sur leur propre site web. Quand un client leur commande l'un de ces produits, ces commerçants l'achètent sur Aliexpress pour une fraction du prix.

Ensuite – et c'est le plus beau –, la société chinoise se charge de la livraison. Le client paie donc son produit au commerçant « dropshipper », mais le recevra de la part du fournisseur.

Pas que du beau et du bon

Les « dropshippers » sont rapidement devenus les intermédiaires du 21e siècle dans le monde du commerce en ligne. Mais tout cela ne se fait pas sans heurts, bien sûr.

Comme le « dropshipper » est un professionnel du marketing numérique, il va mettre des produits en vente, va les commercialiser et va attirer du trafic très qualifié sur son site web. C’est à peu près tout.

Là où ça se corse, c’est dans le service à la clientèle. Les risques du dropshipping sont liés à sa dépendance totale à l'égard du fournisseur.

« Vous vendez un produit sur votre site web, vous vous retournez et vous allez l’acheter sur Aliexpress à un prix qui est 10 ou 50 fois moins cher, mais le produit est en rupture de stock », illustre Aurélie Sauthier, jeune entrepreneure qui était récemment de passage au micro des Éclaireurs afin d’expliquer le phénomène.

Que faire alors? « C’est pour ça qu’il y a controverse autour du dropshipping », poursuit la jeune femme. De plus en plus de sites Internet n’ont pas de transparence envers le consommateur, raconte-t-elle.

« Le consommateur atterrit sur un site .ca et a l’impression d’acheter des produits qui viennent du Canada, mais finalement son produit arrive trois semaines plus tard, car il arrive d’Asie. Et si on fait une petite recherche rapide, on se rend compte qu’on aurait pu acheter le produit 50 fois moins cher », dit-elle.

Il vaut donc mieux faire une petite recherche supplémentaire quand on achète en ligne. Et cette recherche sera la plupart du temps faite sur un site chinois.

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