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Barack Obama à Ottawa pour parler d'« optimisme prudent »

L'ancien président américain Barack Obama affiche un large sourire et des yeux rieurs.

L'ancien président américain Barack Obama lors d'un discours prononcé à la demande de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain au Palais des congrès de Montréal, le 6 juin 2017.

Photo : Reuters / Dario Ayala

La Presse canadienne

L'ancien président américain Barack Obama n'a pas mentionné le nom de Donald Trump, mais il ne s'est pas pour autant empêché de révéler le fond de sa pensée.

De passage à Ottawa vendredi soir, M. Obama a soutenu que le monde est un endroit sombre depuis son départ de la Maison-Blanche, mais que cette tendance peut être corrigée grâce à un récit de tolérance qui viendrait contrecarrer le discours « primal » du populisme.

« J'ai quitté mon poste avec un optimisme prudent », a-t-il avoué, faisant fuser les rires dans la foule d'environ 11 400 personnes. « Je sais pourquoi vous riez tous », a ajouté M. Obama.

M. Obama s'est contenté de cette insinuation pour commenter l'œuvre de son successeur à la Maison-Blanche.

Vêtu d'une chemise blanche à col ouvert et d'un costume gris foncé, le politicien a répondu pendant environ une heure aux questions de Tobias Lutke, fondateur et chef de la direction de la plateforme de commerce électronique Shopify, établie à Ottawa.

Ce dernier l'a questionné sur cet « optimisme prudent » qui l'habitait au terme de son mandat à la tête des États-Unis. Même s'il ne s'agissait pas d'une véritable entrevue journalistique, M. Obama a répondu comme il avait l'habitude de le faire dans un tel contexte : avec une tirade essayistique sinistre ponctuée d'espoir.

« Je pense que la trajectoire à long terme de l'humanité va dans une direction positive, a-t-il avancé. Mais il y a des périodes sombres avant la renaissance. »

Il y a la Seconde Guerre mondiale et 60 millions de morts avant l'après-guerre qui stabilise les sociétés.

Barack Obama

« Histoire tribale »

Le monde n'a jamais été en meilleure santé, aussi riche, aussi éduqué, aussi tolérant et moins violent qu'en ce moment, a-t-il fait valoir.

Mais nous vivons à une époque de bouleversements sociopolitiques, où la technologie nous gave d'informations et où personne ne peut s'entendre sur ce qui constitue la vérité, ce qui permettrait à un débat cohérent de s'ensuivre, a-t-il souligné.

« Il est indiscutable que les choses se sont améliorées. Mais dans cette marche du progrès, nous avons eu l'Holocauste, Jim Crow et les Killing Fields. Nous ne pouvons donc pas être complaisants. »

Une « histoire ancienne » et « tribale » qui a refait surface à maintes reprises est maintenant de retour, a-t-il signalé.

C'est l'histoire d'un combat à somme nulle entre les gens. Et un homme fort apparaît pour nous protéger contre eux.

Barack Obama

« Ce genre de politique a gagné du terrain, cette histoire a connu beaucoup de succès à travers le monde [...] elle n'est pas propre à un pays en particulier. »

Cette histoire doit selon lui être combattue « avec de meilleures histoires », des histoires « inclusives » et « fondées sur des faits scientifiques et non sur la peur ».

C'est ainsi que cet orateur hors pair a bouclé la soirée, devant un public qui l'avait accueilli avec une ovation digne d'une vedette du rock.

« J'ai un peu une histoire d'amour avec le Canada », avait-il admis en montant sur la scène du Centre Canadian Tire.

Il s'est souvenu avec tendresse de son premier voyage au Canada, en 2009, peu de temps après son assermentation, et de ses premières discussions avec le premier ministre conservateur de l'époque, Stephen Harper, afin de lutter contre la récession.

En 2016, lorsqu'il était toujours président, M. Obama s'était adressé au Parlement canadien et avait reçu une longue ovation à la Chambre des communes.

Relations plus difficiles avec Trump

L'événement de vendredi soir, organisé par le groupe de réflexion 2020, survenait au lendemain de la visite de l'actuel vice-président américain, Mike Pence, au nom de Donald Trump – qui est décidément moins populaire que son prédécesseur en sol canadien.

M. Trump n'a toujours pas visité Ottawa, mais sa présence au sommet du G7 dans la région de Charlevoix avait amené les relations canado-américaines à un nouveau creux.

En quittant le Canada, M. Trump avait qualifié le premier ministre Justin Trudeau de « très malhonnête et faible ».

Les relations entre M. Trudeau et M. Obama étaient beaucoup plus amicales. Tous deux semblent encore s'apprécier fortement aujourd'hui.

Dans un message diffusé samedi matin sur Twitter, M. Trudeau a partagé une photo des deux hommes assis l'un en face de l'autre dans un bar.

La légende : « Always great to catch up, @BarackObama. À la prochaine! » [« Toujours chouette de se revoir @BarackObama. À la prochaine! »].

Depuis son départ de la présidence, en janvier 2017, Barack Obama est devenu un nom incontournable sur le circuit des conférences payantes. Il avait d'ailleurs participé à un événement similaire à Calgary en mars dernier. Il a présenté une conférence à Montréal en 2017.

À Ottawa, le coût des billets allait de 75 $ à plusieurs centaines de dollars.

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