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La rougeole d'hier à aujourd'hui, une maladie pas si inoffensive

La jeune Caroline accompagnée de sa mère (à droite) et d'une infirmière (à gauche) sur un lit d'hôpital.

En 1976, des complications liées à la rougeole avait causé des lésions cérébrales irréversibles chez la jeune Caroline, 5 ans.

Photo : Radio-Canada

Anaïs Brasier

De 1976 à 2019, la rougeole continue de faire des dégâts au Canada. Encore aujourd'hui, un enfant qui contracte la rougeole sur 3000 en meurt au Canada. « Il n'y a pas de traitement pour guérir de cette maladie. Sans les vaccins, un enfant affecté peut en mourir », explique une chercheuse à l'Institut national de santé publique du Québec.

C’était en 1976. Caroline avait 5 ans lorsqu’elle a contracté la rougeole. La maladie, que ses parents croyaient inoffensive, a causé une complication importante : la méningo-encéphalite. Elle a développé d’importants problèmes au niveau moteur, au point de ne plus pouvoir s’asseoir seule. Caroline a également perdu l’usage de la parole et n’entendait que très peu. Bref, elle était pratiquement coupée du monde extérieur.

Le visage de l'enfant, absent.

La jeune Caroline n'entend et ne voit presque plus. Pour cause, la méningo-encéphalite qui s'est déclarée à la suite de la rougeole (archive).

Photo : Radio-Canada

À l’époque, entre 25 et 50 enfants se retrouvaient à l’Hôpital Saint-Justine pour des complications majeures liées à la rougeole, que ce soit des rougeoles hémorragiques, des méningites, ou des encéphalites rougeoleuses. En fait, un enfant sur 1000 atteint de la rougeole développait des complications pouvant causer des lésions cérébrales irréversibles ou même la mort.

D’hier à aujourd’hui

Si ces informations du journaliste Daniel Pinard datent d’un reportage de 1976, il serait faux de croire que la rougeole est devenue, 43 ans plus tard, une maladie inoffensive, assure l’anthropologue et chercheuse à l'Institut national de santé publique du Québec Ève Dubé.

Encore aujourd’hui c’est un décès sur 3000 cas. Il n’y a pas de traitement pour guérir de cette maladie. Sans les vaccins un enfant affecté peut en mourir.

Ève Dubé, anthropologue et chercheuse à l'Institut national de santé publique du Québec
Ève Dubé, anthropologue et chercheuse à l'Institut national de santé publique du Québec

Ève Dubé assure que le vaccin contre la rougeole est sécuritaire.

Photo : Radio-Canada

La rougeole peut également causer un retard mental chez les enfants qui la contracte en bas âge, explique-t-elle. Ce n’est pas une maladie aussi bénigne qu’on pourrait le penser.

La vaccination, le seul remède existant

La seule façon de prévenir la rougeole est donc la vaccination, assure Ève Dubé. Pourtant, certains parents demeurent réticents à l’idée de faire vacciner leurs enfants. Comme on ne craint plus tellement la maladie, on commence à craindre le vaccin, lance-t-elle.

Elle tient toutefois à rassurer ces parents. Les professionnels de la santé sont très bien outillés pour répondre à toutes les questions que les parents peuvent avoir par rapport à la vaccination.

Le vaccin contre la rougeole, ce sont des millions et des millions de doses qui ont été données. C’est un vaccin extrêmement sécuritaire et efficace.

Ève Dubé, anthropologue et chercheuse à l'Institut national de santé publique du Québec

Présentement, le taux de vaccination des enfants qui entrent à l’école au Nouveau-Brunswick est de 87 %. Il faut cependant 95 % de la population qui soit vaccinée pour générer une immunité de groupe. La région de Saint-Jean est aux prises avec une éclosion de rougeole depuis quelques semaines. En date du 31 mai, 11 cas ont été confirmés pour une population d'environ 70 000 habitants.

Nouveau-Brunswick

Santé publique