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Mère happée devant le CHUL : les collègues de l'accusé lui auraient dit de ne plus conduire

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Jonathan Falardeau-Laroche, accusé d’avoir heurté mortellement Marie-Pier Gagné devant le Centre mère-enfant, en août 2016. On le voit ici au palais de justice de Québec.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Yannick Bergeron

Cinq jours avant qu'il ne fauche mortellement une femme enceinte devant le CHUL, Jonathan Falardeau-Laroche avait été averti par un collègue de ne plus conduire, d'après ce dernier.

« Jo, tu devrais arrêter de conduire. Sinon, tu vas finir par tuer quelqu'un », lui aurait dit Alexandre Royer.

La couronne a fait entendre trois ex-collègues de travail du jeune homme épileptique accusé de négligence criminelle causant la mort de Marie-Pier Gagné.

Ils travaillaient au même commerce d'esthétique automobile à Lévis, dont le propriétaire est le père de l'accusé.

De 2014 jusqu'à la journée fatale du 10 août 2016, Alexandre Royer a vu « Jo » faire plusieurs crises d'épilepsie.

Jonathan Falardeau-Laroche avait alors des « absences » et des « fixes » de quelques secondes.

Dans les derniers mois précédant l'accident, après un changement de médication, ces épisodes étaient devenus moins intenses, mais plus nombreux, selon ce qu'avait remarqué le collègue de travail.

« De deux à trois fois par jour, des fois », a témoigné Alexandre Royer. Une situation inquiétante pour Stéphane Lavoie, qui est lui aussi intervenu auprès de son jeune collègue épileptique, parce qu'il ne voulait plus qu'il déplace les véhicules au commerce.

Il assure avoir interpellé l'accusé le vendredi avant l'accident fatal en lui disant : « Est-ce que t'attends de tuer quelqu'un avant d'arrêter de conduire? ».

Falardeau-Laroche aurait été sensibilisé sur ce danger à plusieurs reprises par ses collègues.

Les témoins ont indiqué que Jonathan Falardeau-Laroche se fâchait lorsqu'on lui indiquait de ne pas conduire.

Requête rejetée

Le procès a pu se poursuivre puisque le juge Pierre L. Rousseau a rejeté la requête en arrêt des procédures, présentée par l'accusé qui s'opposait au témoignage de son médecin.

Le neurologue Michel Sylvain assure qu'il a avisé Falardeau-Laroche de ne pas conduire, lors d'un rendez-vous médical dans les minutes qui ont précédé l'accident.

L'avocat de Falardeau-Laroche prétendait que son client ne pourrait bénéficier d'une défense pleine et entière, puisque le Dr Sylvain a détruit ses notes manuscrites, prises lors de la consultation.

Le rapport médical de cette rencontre fait état de la consigne de ne pas conduire, mais le neurologue Sylvain a dicté son rapport dans un enregistrement audio après avoir pris connaissance du tragique événement.

À la suite de la transcription du rapport du Dr Sylvain, l'enregistrement a été détruit, selon les pratiques de l'hôpital.

La défense reproche à la police de Québec de ne pas avoir récupéré cet enregistrement avant sa destruction.

Le juge Rousseau en est venu à la conclusion qu'il n'y a pas eu de négligence et d'abus de procédures de la part de la poursuite et du service de police.

Le magistrat croit aussi que le témoignage du neurologue est pertinent et ne sera pas exclu de la preuve.

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Québec

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