•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le protectionnisme américain continue de faire mal à l'économie québécoise

Nadine Girault

La ministre des Relations internationales du Québec Nadine Girault.

Photo : Radio-Canada

Hugo Lavallée

Malgré la levée des tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium, l'économie québécoise continue de souffrir du protectionnisme américain, dénonce la ministre des Relations internationales du Québec.

« Il y a définitivement encore un vent de protectionnisme », déplore Nadine Girault. Elle montre notamment du doigt les dispositions Buy America auxquelles sont soumis les projets de transport financés par l'administration fédérale.

« Le Buy America c'est une clause accordéon, une clause protectionniste, mais il n'y a pas vraiment de taux uniforme, il n'y a pas vraiment de tarif uniforme. C'est laissé à la latitude des États ou même des villes », souligne la ministre Girault.

Distinct du Buy American Act, qui s'applique aux marchés de l'administration fédérale américaine, le Buy America est une disposition en vertu de laquelle les produits manufacturiers et sidérurgiques achetés dans le cadre de projets de transport doivent respecter certains critères de provenance.

La ministre cite en exemple deux usines de Bombardier établies au sud de la frontière. L'une, dans l'État de New York, est considérée par les autorités américaines comme une installation locale et peut donc recevoir sans entrave des contrats d'organismes municipaux ou de sociétés de transport.

Une autre usine du même groupe, établie dans l'État du New Jersey, est pour sa part pénalisée, car ses produits ne sont pas considérés comme provenant des États-Unis.

Les tarifs douaniers sur le bois d'oeuvre continuent aussi d'être en vigueur, et ce, malgré la ratification attendue prochainement du nouvel accord de commerce entre le Canada, les États-Unis et le Mexique.

La ministre des Relations internationales estime que le Québec doit demeurer proactif pour forcer l'administration américaine à mettre en place de véritables politiques de libre-échange.

« Il y a vraiment une possibilité d'influencer pour que ces mesures protectionnistes là soient levées », croit Nadine Girault.

Passage en « mode offensif »

De passage aux États-Unis vendredi pour une visite éclair d'une journée, elle veut accentuer la pression sur les élus américains. Elle compte aussi convaincre les entreprises et les chambres de commerce de l'appuyer dans ses revendications.

« Il y a encore beaucoup de travail à faire. On était plus en mode défensif avec les tarifs et l'accord Canada–États-Unis–Mexique. Maintenant, on passe en mode beaucoup plus offensif. Il y a une partie du message qui a été comprise, mais on ne jette pas l'éponge, il y a d'autres dossiers et il faut qu'on continue à travailler », explique-t-elle.

Le commerce avec les États-Unis représente 70 % des échanges commerciaux du Québec sur la scène internationale.

C'est vraiment une diplomatie d'influence qu'on fait là-dessus. On parle à des gens d'affaires, on parle à des chambres de commerce, on parle à des sénateurs, on parle à des représentants donc, en touchant à différents niveaux, on peut définitivement exercer une influence là.

Nadine Girault, minsitre des Relations internationales du Québec

La ministre des Relations internationales veut aussi profiter de son voyage aux États-Unis pour faire la promotion de l'industrie aérospatiale québécoise et rappeler que le Québec dispose d'importants surplus énergétiques pouvant être exportés dans les États limitrophes.

Il y a deux semaines, le premier ministre François Legault s'est aussi rendu aux États-Unis dans le cadre d'une mission économique. Il s'était notamment entretenu avec le numéro 2 de la ville de New York, ville avec laquelle Hydro-Québec souhaite signer un contrat d'exportation d'énergie à long terme.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Politique provinciale

Économie