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La plupart des agressions dans la bibliothèque du Millénaire n’impliquent pas d’armes

Des agents de sécurité fouillent un homme dans une bibliothèque.

Les visiteurs de la bibliothèque du Millénaire doivent désormais passer un nouveau contrôle de sécurité avant d'entrer.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les rapports de sécurité de la bibliothèque du Millénaire, à Winnipeg, suggèrent que les clients et le personnel risquent davantage d'être blessés par une personne non armée que par un individu armé, selon une enquête de CBC.

Les rapports rédigés par le personnel de la bibliothèque montrent que la grande majorité des incidents qualifiés « d'agressions » impliquent un contact physique – bousculades, coups de poing ou coups, par exemple.

Le risque d’agressions avec des objets tels que des couteaux, des ciseaux et des exactos est en revanche plutôt faible. Ces types d'objets figurent parmi les articles saisis depuis que la bibliothèque a créé un nouveau point de contrôle de sécurité, semblable à ceux que l’on trouve dans les aéroports.

La Ville de Winnipeg a transmis à CBC la liste de 27 incidents de sécurité classifiés comme « agressions » à la bibliothèque du centre-ville entre janvier 2018 et la fin du mois de mars 2019. Nous n'avons trouvé qu'un seul cas, dans les rapports très caviardés, où une arme avait été utilisée lors d'une agression.

La direction de la bibliothèque a déclaré que le nouveau point de contrôle installé en février répondait à une augmentation du nombre, et de la gravité, des incidents violents et des menaces à la bibliothèque au cours des quatre ou cinq dernières années.

Un petit couteau brandi

La seule agression avec une arme entre janvier 2018 et mars 2019 semble être survenue lorsqu'un petit couteau a été brandi par une femme, déjà expulsée de la bibliothèque.

La grande majorité des autres agressions se sont déroulées entre clients, souvent dans les salles de bains ou près des ordinateurs, et ont impliqué un contact physique direct, selon les documents.

Les rapports internes montrent que des objets du quotidien sont parfois transformés en « armes ». Un café, par exemple, a été jeté au visage d’un homme en octobre dernier, une canette de Coca-Cola presque pleine a été jetée dans le hall de la bibliothèque en décembre, et un sac à dos jeté à l’extérieur en novembre.

Les données de la police de Winnipeg sur les agressions signalées à la bibliothèque montrent que le nombre d'appels relatifs à des allégations d'agression a peu changé. Toutefois, les données fournies par la police montrent que le nombre d'agressions ayant donné lieu à des accusations a augmenté en 2019. Les données ne montrent pas combien d'agressions ont été commises avec des armes.

La bibliothèque du Millénaire accueille environ un million de visiteurs chaque année, selon la Ville de Winnipeg.

Pour Paisley Cozzarin, membre du comité des bibliothèques publiques de Winnipeg, les statistiques montrent que le nouveau point de contrôle de sécurité, qui retire notamment aux visiteurs des objets pointus, l'alcool et les seringues, ne contribuera guère à lutter contre la violence à la bibliothèque.

« C'est juste une illusion de sécurité », soutient-elle.

Paisley Cozzarin pense que des services sociaux et de soutien pour les personnes aux prises avec des problèmes de toxicomanie et de santé mentale, à la bibliothèque et à Winnipeg en général, seraient plus utiles pour assurer la sécurité à la bibliothèque qu'une barrière de contrôle.

Quelque chose allait se passer, selon le syndicat

Gord Delbridge, président de la section locale 500 du Syndicat canadien de la fonction publique, croit fermement que les mesures de sécurité protègent ses membres plus efficacement et que les clients de la bibliothèque se sentent plus en sécurité avec le nouveau point de contrôle en place.

« Je pense que si nous n'avions pas agi et qu'il n'y avait pas de filtrage en place, quelque chose se serait produit un jour », déclare-t-il.

« Les incidents ont considérablement diminué. Nous savons que le nombre de fois que les policiers sont appelés à la bibliothèque a considérablement diminué. Alors je pense que ça montre que c'est réellement efficace. »

Au cours de la même période que les agressions recensées, de janvier 2018 à la fin de mars 2019, deux autres incidents qualifiés « d'accidents évités de justesse » ont impliqué des armes.

Dans l'un des cas, trois hommes et une femme étaient sous l'emprise de la drogue ou de l’alcool, dans une cage d'escalier, lorsqu'une personne a sorti un couteau de cuisine, a indiqué un gardien de sécurité dans un rapport à la police. Tous sont sortis de la bibliothèque avant l'arrivée des policiers, selon le rapport de sécurité.

Dans un autre cas, en octobre 2018, un homme est tombé dans l'escalier et a dit au personnel qu'il avait du mal à respirer avant de s'évanouir. Quand il s'est tourné, le rapport de sécurité a indiqué que le personnel avait trouvé un tuyau en métal sur lui.

Plus tard, les ambulanciers ont trouvé, sur l’homme, un couteau à cran d'arrêt, une paire de pointes de flèche de chasse collées sur une paire de stylos, une lame de rasoir, des fragments de pilules et une matraque pliable rouillée.

La ville de Winnipeg a déclaré avoir confisqué des objets pointus, notamment des couteaux de poche, des exactos et des ciseaux, ainsi que des « objets en métal plus gros » et des centaines de seringues depuis la mise en place de la fouille des sacs à l’entrée en février.

Avec les informations de Laura Glowacki, CBC

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