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De retour de Cannes, Monia Chokri a hâte de présenter son film à Montréal

Elle sourit.

Monia Chokri

Photo :  La production est encore jeune inc. / Karine Dufour

Justine de l'Église

Épuisée par le décalage horaire, Monia Chokri était occupée à se faire maquiller pour la première montréalaise de son film La femme de mon frère, jeudi, quand elle a tout de même pris le temps de coller un téléphone à son oreille pour revenir sur le succès de son passage à Cannes.

C’était un premier long métrage et un premier passage au prestigieux festival de cinéma pour la comédienne et réalisatrice Monia Chokri, et elle revient au pays avec le prix du Coup de cœur du jury pour le volet Un certain regard.

Je me sens sereine, a-t-elle d’abord dit en entrevue avec Catherine Richer, chroniqueuse culturelle de l’émission Le 15-18. Avec l’effervescence et la nervosité qui ont accompagné sa présence au festival, Monia Chokri a admis avoir eu du mal à saisir que tout se passait bien pour elle. Cette impression a changé avec le recul.

Avec les jours qui ont passé, j’ai l’impression que j’ai fait un beau festival, où j’ai eu de très belles rencontres, et où on m’a validée aussi comme cinéaste. J’en fais un bilan assez positif.

Elle note d’ailleurs que son film, qui fera son entrée au cinéma en France le 26 juin, sera présenté dans 150 salles. C’est assez bon pour un premier film étranger. C’est une très belle sortie en fait, a dit la réalisatrice.

Les deux femmes sourient à la caméra.

Monia Chokri et Anne-Élisabeth Bossé à Cannes

Photo : Getty Images / Pascal Le Segretain

Si son succès en France l’a comblée, Monia Chokri est encore plus heureuse de pouvoir présenter son film à Montréal jeudi soir, en compagnie de sa famille, de ses amis et des acteurs du film, alors que seulement Anne-Élisabeth Bossé avait pu la suivre à Cannes.

Pour moi, c’est une joie, c’est un peu Noël.

Monia Chokri, réalisatrice et comédienne

Les acteurs du film, ce sont des gens dont je suis très proche. J’aurais souhaité qu’ils participent à l’aventure de Cannes. Ça me fait vraiment plaisir d’être enfin avec eux ici, a-t-elle dit.

Une ode à Montréal

Monia Chokri était d’autant plus fébrile de présenter son film dans la métropole que son film est un peu une lettre d’amour à Montréal. Elle a pris le soin de capter la ville sous toutes ses coutures, en hiver comme en été.

Montréal, c’est un des personnages du film. Je voulais vraiment rendre hommage à cette ville-là et à cette dynamique-là, notamment par rapport à la multiethnicité, a-t-elle expliqué.

Je suis amoureuse de cette ville-là.

Monia Chokri

Loi sur l’avortement : un affront

Monia Chokri était à Cannes lorsque les républicains de l’Alabama ont adopté la loi la plus répressive sur l’avortement aux États-Unis. Elle, qui a plutôt choisi de dédramatiser l’avortement dans son film, s’est dite ébranlée par la nouvelle.

Je voulais le traiter comme si c’était le quotidien des femmes, parce que c’est le cas. J’avais envie de le raconter dans la simplicité que ça implique pour les femmes de vivre ça, a-t-elle expliqué.

Elle juge que cette loi sur l’avortement est un affront. Pour moi, c’est une guerre envers les femmes, cette chose-là. Tout simplement, a-t-elle martelé. Je ne comprends pas qu’en 2019, on recule comme ça. Je me rends compte qu’il ne faut jamais baisser la garde.

La femme de mon frère sera présenté au cinéma au Québec à partir du 7 juin.

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