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Maternelle 4 ans : aidons plutôt les enfants défavorisés, plaide la FAE

Une femme témoigne en commission parlementaire.

Pour la Fédération autonome de l'enseignement, l'universalité des maternelles 4 ans privera de ressources les milieux les plus défavorisés.

Photo : Radio-Canada

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Plutôt que d'offrir un service de maternelle 4 ans dans l'ensemble des écoles du Québec, sans égard à la « richesse » de celles-ci, la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) demande plutôt à la Coalition avenir Québec (CAQ) de se concentrer sur les milieux défavorisés, où les ressources financières et humaines continuent de manquer.

Dans le cadre de l'avant-dernière journée de consultations publiques entourant le projet de loi no 5, qui vise à instaurer un réseau universel de maternelles destinées aux enfants de 4 ans, Nathalie Morel, vice-présidente à la vie professionnelle de la FAE, a multiplié les appels à tout mettre en œuvre pour permettre aux enfants de mettre toutes les chances de leur côté.

« L'égalisation des chances éducatives exige autre chose qu'une uniformité de traitement », a-t-elle indiqué, avant de rappeler que les enfants défavorisés avaient « besoin de plus de services », et qu'il était donc nécessaire de respecter des principes de « discrimination positive ».

Le Québec doit continuer de prioriser les enfants des populations défavorisées. L'école est l'une des meilleures clés pour espérer échapper un jour à leur condition.

Une citation de : Nathalie Morel, vice-présidente à la vie professionnelle de la FAE

Mme Morel invite donc Québec à accélérer le déploiement des classes de maternelle 4 ans, mais uniquement en milieu défavorisé, en plus d'appeler à « surseoir » à l'adoption du projet de loi caquiste, pourtant l'une des promesses électorales de François Legault.

Si la FAE est favorable à l'implantation des maternelles 4 ans en milieu défavorisé, pourquoi conserver la loi actuelle, qui interdit d'offrir le même service dans un autre milieu?, s'est interrogé le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge.

Pour le regroupement syndical, qui représente des professionnels de l'enseignement des principales villes du Québec, c'est d'abord une question de ressources, qui sont tout sauf illimitées. « Quand on cible les milieux défavorisés, les ressources devraient toutes y être consacrées », affirme Mme Morel.

Offrir le même service à tous les enfants du Québec, sans discrimination, reviendrait à réserver des ressources à des familles qui peuvent avoir accès à d'autres services, ailleurs dans le réseau de l'éducation, a-t-elle ajouté.

« On ne veut pas priver les enfants, on veut s'assurer que les enfants qui en ont le plus besoin aient accès aux ressources. »

La Fédération n'envisage tout simplement pas de déploiement universel des classes de maternelle pour enfants de 4 ans.

À la députée libérale Marwah Rizqy, qui a profité de son temps de parole pour s'en prendre au côté « mur-à-mur » du projet caquiste, Mme Morel a par ailleurs offert une petite leçon d'histoire.

« On a vécu des coupures effroyables dans le milieu de l'éducation au cours des 15 dernières années », soit majoritairement pendant les mandats des gouvernements libéraux de Jean Charest et de Philippe Couillard, des coupures de « 1,5 milliard de dollars », a précisé Mme Morel.

« Rejoindre ceux qui en ont le plus besoin »

Plus tôt dans la journée, André Lebon, président de la Commission sur l'éducation à la petite enfance, a lui aussi plaidé en faveur d'un déploiement des maternelles 4 ans dans les populations plus défavorisées.

S'il ne ferme pas la porte à l'élargissement du réseau actuel, M. Lebon soutient qu'« il est urgent d'agir pour ceux qui en ont le plus besoin ». Cela ne signifie pas pour autant délaisser les populations plus aisées. « Les milieux défavorisés n'ont pas l'apanage de la vulnérabilité », a-t-il soutenu.

Pour lui, le réseau de maternelles 4 ans est ainsi « essentiel » et représente un « palier nécessaire » dans la gamme de services à l'enfance offerts à la grandeur du Québec.

Les consultations publiques doivent prendre fin mardi prochain.

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