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Les efforts pour évacuer les résidents de Pikangikum se poursuivent

Des arbres avec beaucoup de fumée, en raison d'un feu de forêt.

La Première Nation Pikangikum se situe à deux heures de vol de Thunder Bay et n’est pas accessible par la route.

Photo :  Facebook / Priscilla King

Radio-Canada

Les efforts pour évacuer les résidents de la Première Nation de Pikangikum, en Ontario, se poursuivent alors que les flammes se rapprochent de la communauté.

Les premiers évacués sont arrivés par avion à Thunder Bay en fin d'après-midi jeudi.

Le feu de forêt Red Lake 14, qui se rapproche de la communauté, s'étend désormais sur près de 3000 hectares. Le flanc ouest du feu se situe à environ 2,5 km de l’aéroport, qui est le seul moyen d'évacuer les résidents, et à environ 3,5 km du lotissement urbain lui-même, a indiqué la province.

Deux avions Hercules de l’armée canadienne contribuent à l'évacuation de la communauté qui compte environ 3000 personnes. Un Hercules peut évacuer 88 personnes par trajet.

L'un des pilotes des Forces armées canadiennes, Jonathan Ferlatte, a indiqué que les conditions rendent l'évacuation difficile.

On ne voit pas le feu, mais juste de la grosse fumée. Elle est grosse et monte assez haut dans les airs, c'est difficile de rentrer à l'aéroport.

Jonathan Ferlatte, pilote des Forces armées canadiennes

Le pilote a souligné les efforts des avions bombardiers d'eau qui s'efforcent de maintenir la visibilité sur la piste. Ils contrôlaient bien le feu pour essayer de le garder le plus loin possible de l'aéroport, a-t-il expliqué.

Des personnes sont assises dans un avion qui vient d'atterrir tandis que des militaires s'occupent de décharger des affaires.

Les premiers évacués de la Première Nation de Pikangikum sont arrivés à Thunder Bay vers 17 h 30 jeudi.

Photo : Radio-Canada

L'armée envoie également deux hélicoptères Chinook à Red Lake par précaution, mais attend le feu vert de la province pour les déployer, a indiqué l'officier des services d'information, David Lavallée.

Le chef divisionnaire du Service incendie de Thunder Bay, Eric Nordlund, a rapporté qu'environ 250 personnes au total seront accueillies à Thunder Bay. Il a précisé que l'avion qui a déposé les premiers évacués à Thunder Bay devait faire un deuxième voyage.

Selon lui, un autre avion Hercules en provenance de Trenton ferait un troisième voyage.

Un avion Hercules sur le tarmac d'un aéroport.

L'avion Hercules qui a transporté les premiers évacués a atterri à Thunder Bay vers 17 h 30 jeudi.

Photo : Radio-Canada

Une évacuation tardive

Plus de 12 h après avoir déclaré l'état d'urgence, aucun avion ne s'était encore posé à Pikangikum pour amorcer l'évacuation des résidents, avait indiqué le chef autochtone Alvin Fiddler.

M. Fiddler a écrit sur Twitter qu'à 14 h 15 (HAE), aucun avion n'a encore atterri pour commencer l'évacuation [de la communauté menacée par un feu de forêt] Personne n'a encore été évacué.

Le feu se rapproche et les choses se détériorent. Les gens attendent les secours sur le tarmac.

Alvin Fiddler, grand chef de la Nation Nishnawbe Aski
Un ciel rouge, causé par un feu de forêt à Pikangikum

Les résidents doivent être évacués vers Kapuskasing et Thunder Bay.

Photo : Facebook / Trav G Peters

On craint que l’incendie ait atteint certaines des maisons, s’est aussi inquiété l’adjoint du grand chef de la Nation Nishnawbe Aski, Derek Fox.

En avant-midi, le premier Hercules parti de la base militaire de Trenton avait été retardé.

L’avion survole la région pour mieux comprendre la situation sur le terrain et déterminer où on peut atterrir, ce qui aura un effet sur la manière d’appuyer les efforts d’évacuation, avait expliqué la majore Valérie Lanouette des Forces canadiennes.

Le Hercules a encore une fois été repoussé, s'impatientait la chef de la Première Nation, Amanda Sainnawap, sur Facebook.

Les avions militaires doivent transporter des résidents de Pikangikum vers Thunder Bay et Kapuskasing, respectivement à 500 et à 850 km par voie aérienne.

Une carte de l'Ontario.

La Première Nation de Pikangikum vit à deux heures de vol de Thunder Bay et n’est pas accessible par la route.

Photo : Google Earth

Feu de forêt Red Lake 14

  • Superficie : 2993 hectares
  • District : Red Lake
  • Situation : pas maîtrisé
  • Date de début : 29 mai 2019
  • Source : ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario

Le feu est à l’est de la communauté et se propage vers le sud-est, s'éloignant de Pikangikum, a indiqué la porte-parole du ministère des Richesses naturelles et des Forêts, Jolanta Kowalski.

Elle explique que de cinq à six équipes de pompiers ont répondu à l’appel mercredi soir.

En tout, il y aura jusqu’à 12 équipes sur les lieux avant la fin de la journée.

En raison de leur état de santé, 1200 résidents doivent être évacués prioritairement, selon le grand chef de la Nation Nishnawbe Aski, Alvin Fiddler. Environ 1600 personnes ont toutefois été identifiées comme vulnérables par la province.

Un niveau élevé de pollution de l’air [a été atteint] en raison de la fumée des feux de forêt, explique un bulletin spécial d’Environnement Canada.

Certaines personnes pourraient présenter des symptômes tels que de la toux, une irritation de la gorge, des maux de tête ou un essoufflement. Les enfants, les personnes âgées et les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires ou respiratoires, comme l’asthme, sont particulièrement à risque.

M. Fiddler a ajouté que la situation se détériore rapidement.

Un important effort d'accueil

À Kapuskasing, nous avons développé une certaine expertise pour héberger et nourrir des gens très rapidement, explique Guylain Baril, le directeur général de la Ville de Kapuskasing.

La Municipalité compte jusqu’à 350 lits temporaires, dit-il. Les sinistrés seront logés au club de curling.

Pour qu’ils soient confortables à plus long terme, il faudra cependant les rediriger vers d’autres communautés, ajoute-t-il.

Bill Mauro devant des micros de journalistes.

Le maire Mauro explique que Thunder Bay a une équipe de coordination composée du service des incendies, des ambulanciers et de la Croix-Rouge.

Photo : Radio-Canada / Miguel Lachance

Parmi ces communautés, Thunder Bay accueillera environ 300 personnes d’ici les prochaines 48 heures, lit-on dans un communiqué.

Nous sommes prêts à venir en aide à nos voisins du Grand Nord et nous déploierons tous les efforts pour leur donner le confort auquel ils ont droit à Thunder Bay.

Bill Mauro, maire de Thunder Bay

Ça devrait se dérouler sans grand incident, nous avons beaucoup d’expérience dans ce domaine, a affirmé le chef des pompiers de Thunder Bay, John Hay.

Kapuskasing avait accueilli près de 500 évacués de Kashechewan en avril dernier, alors que cette communauté isolée subissait une autre évacuation préventive en raison des crues printanières.

Bien qu'ils aient commencé à réintégrer la Première Nation de Kashechewan mardi, près de la moitié d’entre eux logent toujours à Kapuskasing.

On espère que leur retour ne sera pas trop bouleversé, parce qu'ils occupent des places dans la communauté qui pourraient être utilisées par les gens de Pikangikum, explique M. Baril.

Thunder Bay avait aussi accueilli des sinistrés de Kashechewan. Les derniers retourneront dans leur communauté aujourd’hui.

Feux de forêt

Environnement