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Abolition du Guide-vacances imprimé du Nouveau-Brunswick : des PME inquiètes

le guide

L’abandon des 325 000 exemplaires distribués gratuitement chaque année permettra d'économiser environ 650 000 $ par an, selon le ministre du Tourisme, Robert Gauvin.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Depuis 40 ans, les visiteurs du Nouveau-Brunswick peuvent se référer au Guide-vacances, mais la version imprimée du guide n'existera plus dès 2020. Le ministère du Tourisme évoque des motifs d'économies et de modernisation, mais de petites entreprises touristiques craignent des répercussions négatives.

L’industrie touristique apprend au compte-gouttes l’étendue des compressions budgétaires annoncées dans le budget de mars dernier. Le ministère du Tourisme a décidé de mettre un terme à la distribution de guides touristiques.

L’abandon des 325 000 exemplaires distribués gratuitement permettra d'économiser environ 650 000 $ par année, selon le ministre du Tourisme, Robert Gauvin. Pour l’instant, il est temps qu’on se modernise, estime M. Gauvin.

Les 250 000 $ alloués à la production du guide de 2020 serviront plutôt à faire de la promotion en ligne. Le Guide-vacances tel qu'on le connaît ne sera pas offert en version numérique, mais l'information pertinente devrait se retrouver sur le web.

Il faut rendre l’accès à l’information touristique au Nouveau-Brunswick beaucoup plus facile en ligne.

Robert Gauvin, ministre du Tourisme

Le propriétaire du Camping Oceanic à Shediac, David Maltais, pense que cette décision aura peu de répercussions sur l'industrie. Il a lui-même effectué un virage numérique qui s’est soldé par une hausse de l’achalandage.

La majorité des gens ne se fient plus au guide, la recherche se fait en ligne, observe M. Maltais.

David Maltais devant les véhicules récréatifs.

Le propriétaire du Camping Oceanic à Shediac, David Maltais, pense que la décision aura peu de répercussions sur l'industrie.

Photo : Radio-Canada / Camille Bourdeau

Le papier, indémodable

Tous ne possèdent toutefois pas un téléphone cellulaire et des données pour découvrir les attraits du Nouveau-Brunswick en ligne. Au centre d’information aux visiteurs de Moncton, le personnel sur place estime qu’un visiteur sur deux repart avec un guide papier en main.

C'est nécessaire parce qu'il y a beaucoup de gens qui aiment le fait d'avoir un guide dans les mains pour voir, et Internet, tu as besoin d'être connecté. Ce n'est pas dans toute la province que tu peux être connecté en tout temps à Internet, observe Aidan Richard, un guide au Centre d'information aux visiteurs Treitz Haus

Des employés au centre d'information touristique

Au centre d’information aux visiteurs de Moncton, le personnel sur place estime qu’un visiteur sur deux repart avec un guide papier en main.

Photo : Radio-Canada / Camille Bourdeau

Un copropriétaire de la Distillerie Fils du Roy à Petit-Paquetville, Sébastien Roy, dit comprendre les raisons pour lesquelles le ministère fait cette compression budgétaire, mais il juge que la version papier du guide est toujours utile aux vacanciers qui décrochent d’Internet.

L’une des choses qu’ils vont arrêter, souvent qu’ils nous disent, c’est justement de se connecter, se brancher, affirme Sébastien Roy. Ils ne veulent pas de stress, donc c’est là que la version papier vient les chercher. Même si ce n’était que 20 % de ces clients-là, le montant d’argent que ce 20 % va investir ou va dépenser dans notre province probablement est largement supérieur aux moins de 700 000 $ d’économie en annulant le guide.

Sébastien Roy debout devant des tonneaux dans sa distillerie

« Je crois qu’il nous faut un plan [provincial] de développement économique et le tourisme doit en faire partie », souligne Sébastien Roy, de la Distillerie Fils du Roy (archives).

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

L’hébergement est généralement réservé en ligne, mais les arrêts qui ponctuent les itinéraires des voyageurs sont souvent définis sur place grâce aux informations recueillies en personne. Plusieurs entreprises touristiques ignorent les effets qu’aura la fin du guide imprimé.

La coordonnatrice des opérations au Best Western d’Edmundston, Mylène Viollette, déplore l’absence de consultation du ministère. Elle craint les effets sur les plus petits joueurs de l'industrie.

Quand on a une grande entreprise, on a des ressources qu’on peut allouer un peu au numérique. Par contre, des petits opérateurs qui avaient la chance de se faire remarquer dans le guide provincial n’auront plus cette chance-là, croit-elle.

Le président de l'Association des hôteliers du Grand Moncton, Gérald Normandeau, abonde dans son sens. De petites entreprises limitent leurs achats publicitaire au Guide-vacances. On a toujours vu des gens venir avec des guides touristiques l'été et on en met à la disposition de la clientèle dans presque tous les hôtels.

Ça va certainement avoir un impact négatif.

Gérald Normandeau, président de l'Association des hôteliers du Grand Moncton

Il faudra attendre la saison touristique 2020 pour évaluer l'impact de la décision. La version 2019 imprimée du Guide-vacances est toujours disponible dans les centres d’information touristique.

Avec les informations de Camille Bourdeau

Nouveau-Brunswick

Tourisme