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Des pancartes électorales pour séparer les élèves autistes dans le transport scolaire

Des voitures de transport spécialisé font la file devant l'école primaire de L'Étincelle, le mardi 28 mai.

Des voitures de transport spécialisé font la file devant l'école primaire de l'Étincelle, le mardi 28 mai.

Photo : Radio-Canada

Thomas Gerbet

Il n'y a pas que l'isolement d'élèves dans des placards qui pose problème à l'école primaire de l'Étincelle, spécialisée dans les cas d'autisme les plus lourds. Le personnel de l'établissement se désole aussi des crises causées par la surpopulation d'élèves dans le transport scolaire, où les incidents se multiplient.

Un incident qui aurait pu être dramatique est survenu au début du mois dans une des berlines qui transportent les élèves autistes de l'école de l'Étincelle. Un enfant est parvenu à détacher son harnais de sécurité et à agripper le chauffeur par derrière pendant qu'il conduisait. Le chauffeur, surpris et étouffé, a perdu la maîtrise du véhicule avant de parvenir à s'arrêter sur le côté de la route, sans heurter personne.

« Il y a beaucoup d'agressions entre élèves, envers le chauffeur, donc ça devient dangereux, dénonce l'enseignante Geneviève Mérineau. Il n'y a pas de sécurité. »

Ils arrivent à l'école déjà à cran, prêts à être en crise.

Geneviève Mérineau, enseignante à l'école primaire de l'Étincelle

La hausse du nombre d'élèves autistes a entraîné une augmentation du nombre d'enfants par voiture.

Selon le personnel de l'école, il n'est pas rare de voir s'entasser trois, quatre, voire cinq enfants autistes dans les berlines utilisées pour transporter les 134 élèves venus des quatre coins de la ville.

Pour pallier la situation, le personnel utilise d'anciennes pancartes électorales pour tenter de créer des séparations entre les élèves dans les berlines.

À la suite de la publication de notre article, une rencontre a été organisée, jeudi, entre le responsable du transport scolaire et l'ergothérapeute de l'école afin de réfléchir à des solutions visant à remplacer les pancartes électorales, en utilisant par exemple du plexiglas.

La Commission scolaire de Montréal (CSDM) affirme qu'il n'y a jamais plus de quatre enfants par voiture, ce qui répond aux normes réglementaires.

Des centaines de rapports d'incidents

Selon les données fournies par l'Alliance des professeurs de Montréal, plus de 500 rapports d'incidents ont été remplis par des chauffeurs depuis le début de l'année scolaire, soit une moyenne d'environ trois par jour. La CSDM affirme plutôt qu'il y en a eu 418.

99 % des transports-élèves sont sans incident.

Alain Perron, porte-parole de la Commission scolaire de Montréal.

Dès décembre 2018, le personnel de l'école avait unanimement dénoncé la situation du transport scolaire dans une lettre adressée à la Commission scolaire. Les employés demandent plus de chauffeurs et plus d'automobiles. « Certains élèves pourraient être trois, voire quatre par berline, mais d'autres devraient être seuls ou à deux », dit Geneviève Mérineau.

La CSDM n'a pas pris d'engagement à ce sujet pour le moment. Interrogée à l'émission 24/60, sur ICI RDI, la présidente Catherine Harel Bourdon a tenu à rappeler qu'« il y a toujours eu des incidents, malheureusement. Ces élèves vont réagir en mordant, en grafignant, parce que plusieurs sont non verbaux, donc ne parlent pas ».

Mardi, un reportage de Radio-Canada a provoqué l'indignation du premier ministre François Legault. Il était question de placards non sécuritaires utilisés pour isoler les élèves autistes en crise, faute de locaux disponibles à cause de la surpopulation.

En réaction à cette affaire, le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, a blâmé la Commission scolaire de ne pas être intervenue plus tôt. La CSDM demande au gouvernement des réinvestissements massifs dans les infrastructures. Des travaux de sécurisation des locaux doivent être réalisés de samedi à lundi.

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