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Les écoles publiques francophones devront réduire leur masse salariale de 20 %

Deux jeunes qui travaillent sur un ordinateur.

Un élève travaille à l’ordinateur

Photo : Associated Press / Robert F. Bukaty

Radio-Canada

Les conséquences des compressions en éducation se précisent pour les conseils scolaires francophones. En fonction des budgets provisoires pour la prochaine rentrée, l'Association des conseils scolaires des écoles publiques de l'Ontario (ACÉPO) estime que ses écoles membres devront réduire leur masse salariale d'environ 20 %. L'ACÉPO indique cependant que les conseils ont l'intention de protéger les emplois d'enseignants et qu'ils feront des économies ailleurs.

Le président de l’ACÉPO, Denis Chartrand, ne le cache pas : les écoles publiques francophones devraient perdre en moyenne 20 % du financement qui est destiné à payer les salaires des enseignants du secondaire. « Est-ce que ça va se traduire par des mises à pied, je ne le sais pas, j’en doute. Les conseils scolaires vont faire tout ce qui est possible pour ne pas mettre à pied les enseignants », explique-t-il.

Si on peut prendre de l’argent ailleurs pour garder nos enseignants, c’est ce qu’on va faire.

Denis Chartrand, président de l’ACÉPO
Un homme en veston à Queen's Park.

Le président de l’Association des conseils scolaires des écoles publiques de l’Ontario, Denis Chartrand, espère que la ministre Thompson rectifiera le tir et augmentera le financement des écoles francophones.

Photo : Radio-Canada

Il ne s’agit pour le moment que d’estimations, prévient l’ACÉPO. Les conseils attendent toujours certains détails de la part du ministère pour boucler leur budget. L’association est par exemple sans nouvelles du fonds spécial créé par le gouvernement Ford pour financer le maintien en poste des enseignants déclarés en surplus dans les écoles. L’allocation supplémentaire doit s’élever à 1,6 milliard $.

À ce chapitre, Denis Chartrand demeure optimiste. Il garde espoir que la ministre de l’Éducation bonifiera l’enveloppe pour les écoles francophones qui, selon lui, ont une réalité particulière. Il a d’ailleurs enchaîné les rencontres à Queen’s Park, mercredi, pour sensibiliser les élus. Au total, lui et son équipe ont échangé avec plus d’une quarantaine de députés, dont la ministre de l’Éducation, Lisa Thompson. Il croit d’ailleurs que la ministre s’est montrée réceptive à son plaidoyer pour un meilleur financement de l’éducation en français.

Les répercussions sont moins tangibles du côté de l’Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques, où la direction n’a toujours pas de vue d’ensemble des compressions imposée au milieu de l’éducation. Chose certaine, on s’inquiète pour les plus petits conseils scolaires.

Au Conseil scolaire catholique MonAvenir, la direction a évalué que les compressions représentent l’équivalent de 40 postes d’enseignants d’ici quatre ans. Le conseil bénéficie cependant d'une certaine marge de manoeuvre, puisque sa population étudiante est en croissance. Comme nous sommes un conseil en croissance, ceci viendra compenser les pertes. Nous avons priorisé la salle de classe. Pour avoir le moins d’impact possible en salle de classe, nous avons dû trouver des économies ailleurs comme couper la formation, réduire les budgets opérationnels des services et retourner les conseillers pédagogiques et enseignants accompagnateurs en salle de classe, explique le directeur de l’éducation, André Blais.

Favoriser les enseignants

Au Conseil scolaire Viamonde, la direction a fait le choix de ne mettre à pied aucun enseignant. Selon ses calculs, le conseil aurait dû éliminer 23 postes d’enseignants. Il a plutôt choisi de supprimer deux postes d’accompagnement à la petite enfance, qui servent à appuyer les éducatrices et éducateurs lors de la mise en oeuvre des programmes, ainsi que 17 postes d’accompagnement en appui à la salle de classe.
Le conseil indique avoir priorisé le maintien des postes de titulaire de classe pour minimiser l’impact direct sur l’enseignement des élèves en salle des classes.

Le gouvernement interpellé sur la question

L’opposition officielle à Queen’s Park a profité de la période des questions, mercredi, pour talonner le gouvernement sur les compressions imposées aux écoles francophones.

Ces coupes sont particulièrement dévastatrices pour les Franco-Ontariens, qui ont déjà vu le gouvernement détruire le projet d’université de langue française et le poste de commissaire aux services en français, a lancé la chef néo-démocrate, Andrea Horwath. Son collègue, le député de Mushkegowuk — Baie James en a rajouté : le futur de l’éducation de langue française dans le Nord-Est de la province est en péril, a indiqué Guy Bourgouin, rappelant que la majorité des résidents de sa circonscription sont francophones.

Le député néo-démocrate Guy Bourgouin

Le député néo-démocrate Guy Bourgouin a prévenu que le gouvernement que sa décision d'augmenter le nombre d'élèves par classe aura de graves répercussions dans sa circonscription.

Photo : Chaîne de l'Assemblée législative de l'Ontario

Les enseignants sont débordés. On manque d'enseignants qualifiés et de suppléants. Est-ce que le premier ministre a l'intention de démanteler le système d'éducation dans une région majoritaire francophone?

Guy Bourgouin de Mushkegowuk - Baie James

Devant les attaques de l'opposition, la ministre Thompson a rétorqué qu'elle a une très bonne relation avec ses partenaires francophones. Nous travaillons très étroitement pour nous assurer que nous développons l'éducation francophone comme jamais auparavant, a-t-elle répondu. Selon la ministre, les néo-démocrates participent depuis des mois à une campagne de peur et de désinformation. Elle continue de dire qu'aucun enseignant ne perdra son emploi à la suite de l'augmentation de la taille des classes. Elle invite cependant les conseils scolaires partout dans la province à trouver des sources d'économie.

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