•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La reconnaissance faciale pour capturer un poisson indésirable

La lamproie marine a eu un effet dévastateur sur les pêcheries des Grands Lacs depuis son introduction au début du vingtième siècle.

La lamproie marine a eu un effet dévastateur sur les pêcheries des Grands Lacs depuis son introduction au début du vingtième siècle.

Photo : Great Lakes Fishery Commission

Rose St-Pierre

Un classeur de poissons : c'est la fonction principale du nouveau FishPass, qui utilisera de multiples outils technologiques, comme un scanner de poissons et des pièges à phéromones, pour faire le tri entre les poissons indésirables et les plus recommandables.

Avec cet outil, nous allons relever l’un des plus grands défis avec lequel le monde aux prises en matière de gestion des pêches, déclare Marc Gaden, doctorant en environnement de l’Université Michigan et responsable des communications pour la Commission des pêcheries des Grands Lacs.

Le FishPass est un barrage fait de couloirs et de trappes installé dans une rivière. Les poissons qui doivent le traverser sont identifiés et classés, notamment en empruntant aux techniques de la reconnaissance faciale humaine. Ils aboutissent ensuite dans une section différente selon qu'ils soient désirables ou non.

L’outil a été lancé en grande pompe mercredi lors de l’ouverture de la conférence annuelle de la Commission des pêcheries Grands Lacs, à Détroit.

Un plan d'un barrage dans une rivière, surmonté d'un pont, est montré à un petit public.

Le FishPass a été dévoilé lors de la conférence de la Commission des pêcheries des Grands Lacs, à Détroit. Le premier FishPass sera installé au Michigan.

Photo : gracieuseté de Marc Gaden, doctorant en environnement de l’Université Michigan et responsable des communications pour la Commission des pêcheries des Grands Lacs.

Le premier FishPass sera installé à Traverse City, au Michigan. Ce sera le seul endroit dans le monde où les scientifiques vont tester différentes technologies pour trier automatiquement différentes espèces de poissons, explique Marc Gaden. Le lieu sera ouvert au public.

Lutter contre la lamproie marine

Cette technologie est attendue depuis longtemps, particulièrement dans les Grands Lacs, où des espèces envahissantes menacent les poissons indigènes. C’est le cas de la lamproie marine, qui s’attaque à plusieurs espèces prisées des pêcheurs.

Une lamproie de mer.

La lamproie marine n'a pas de squelette et est dotée d’une gueule plutôt inquiétante!

Photo : Fort Folly Habitat Recovery

Dans l’Atlantique, il n’y a pas vraiment de problème avec cette espèce, elle s’autocontrôle. Mais dans les Grands Lacs, où elle est arrivée au début des années 1900, elle fait des ravages parce qu’elle n’a pas de prédateur, explique un chercheur spécialiste des eaux douces, Jérôme Marty.

Depuis des années, l’objectif principal de la Commission des pêcheries des Grands Lacs est de réduire la propagation de la lamproie que les pêcheurs retrouvent souvent collée à leur prise.

La lamproie est responsable d’une forte mortalité des poissons qui sont dans les Grands Lacs, en particulier des grands poissons qui intéressent aussi les humains.

Jérôme Marty, chercheur spécialiste des eaux douces.

Une lamproie marine tue en moyenne 20 kilogrammes de poissons dans sa vie.

C’est un poisson qui ressemble un peu à une anguille. Il a une ventouse à l’avant qui vient s’accrocher à sa proie. Elle se nourrit en suçant sa proie, elle fait un trou, elle perfore sa proie et la vide, ajoute M. Marty. La lamproie est présente dans tous les Grands Lacs canadiens.

Plusieurs outils, dont des produits toxiques qui s’attaquent aux larves de la lamproie, sont déjà utilisés. Mais le FishPass permettrait, en plus de retenir l’espèce indésirable, d’aider d’autres poissons à traverser les barrages pour poursuivre leur migration.

Le défi que nous avons, à l’échelle mondiale, c’est que beaucoup de barrages, de barrières que les humains ont construites, bloquent la migration des poissons. Le FishPass sert aussi à les aider, affirme Marc Gaden.

Selon Jérôme Marty, cette nouvelle technologie est une grande nouvelle dans le domaine des pêcheries et de la protection des espèces en eau douce. C’est très excitant, ajoute-t-il.

La Commission des pêcheries des Grands Lacs est issue d’un traité entre le Canada et les États-Unis conclu en 1954. L’objectif est de faciliter une coopération transfrontalière afin de pérenniser les pêches.

Protection des espèces

Environnement