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Les maternelles 4 ans amélioreront la réussite des jeunes Québécois, estime Égide Royer

Un homme répond aux questions d'un journaliste dans un parc.
Le professeur associé à l'Université Laval Égide Royer estime que l'implantation des maternelles 4 ans est une bonne chose. Photo: Radio-Canada
Jean-Philippe Robillard

Dans le mémoire qu'il présentera mercredi aux consultations publiques sur les maternelles 4 ans, Égide Royer, professeur associé à la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université Laval, proposera 10 recommandations pour que ces maternelles deviennent la pierre angulaire de la réussite des jeunes Québécois.

Celui qui est également psychologue estime que l’implantation des maternelles 4 ans est une bonne chose. Dans son mémoire, il recommande que ces classes jouent un rôle central dans la réussite scolaire des élèves qui ont des difficultés.

Selon M. Royer, peu importe la taille de l'école, on doit s’assurer qu'il y a un minimum de services professionnels destinés aux élèves dans les établissements scolaires. Il croit également que les enfants de 4 ans doivent avoir accès en priorité aux orthophonistes et aux psychologues, par exemple.

« Les enfants de 4 ans et de 5 ans doivent devenir prioritaires au niveau de l’accès aux services professionnels », explique-t-il. Le spécialiste ajoute que ces élèves doivent passer en priorité en raison de l’impact majeur qu’aurait un retard dans ces services sur la suite de leur parcours scolaire.

« Dans cinq ans, on va avoir 50 000 enfants qui vont être en maternelle 4 ans », dit-il.

Il faut mettre la maternelle 4 ans comme la pierre d'assise ou la pierre angulaire sur laquelle asseoir tous nos services pour nos jeunes en difficulté.

Égide Royer, psychologue et professeur associé à l’Université Laval

M. Royer croit aussi que le gouvernement du Québec devra ajouter des fonds supplémentaires pour qu’on puisse dépister et aider rapidement les enfants en difficulté.

« Vous savez, les services professionnels au Québec, c'est un peu un cha-cha budgétaire. Si ça va bien, on en rajoute. Et s’il y a des compressions dans le système, on coupe », soutient-il.

En raison du manque de professionnels dans les écoles et de l’urgence d’agir lorsque des jeunes ont des difficultés, le psychologue et professeur croit que les commissions scolaires ou les directions d’école devront parapher des ententes avec des ressources externes pour s’assurer que les jeunes sont rapidement pris en charge.

« Étant donné que plusieurs professionnels n’acceptent plus de travailler en milieu scolaire, compte tenu des conditions de travail et de l’étalement, même de l’éloignement, de certaines écoles dans certaines régions du Québec, ça implique que de plus en plus les directions d’école vont devoir compter sur une somme d’argent qui est disponible et qu’ils peuvent affecter, par des ententes de service avec des cliniques privées ou des services qui sont offerts en privé, orthophonie, orthopédagogie même et autres types de professionnels », précise-t-il.

Une femme accorde une entrevue dans son bureau.« On doit arrêter de jouer au yoyo avec les services professionnels et s'assurer que les élèves partout au Québec puissent avoir accès à un panier de services suffisants », soutient Johanne Pomerleau, de la Fédération des professionnelles et professionnels de l'éducation du Québec. Photo : Radio-Canada

Ajouter 2000 professionnels

La présidente de la Fédération des professionnelles et professionnels de l'éducation du Québec, Johanne Pomerleau, croit que le gouvernement doit imposer des ratios pour les professionnels dans les écoles comme il le fait déjà pour les enseignants.

« On doit arrêter de jouer au yoyo avec les services professionnels et s'assurer que les élèves partout au Québec puissent avoir accès à un panier de services suffisants », soutient-elle.

Elle ne croit pas cependant que les écoles devraient se tourner vers le secteur privé pour pallier le manque de ressources professionnelles dans le réseau scolaire.

« Notre inquiétude est que lorsque les services sont donnés à l’extérieur, souvent, les parents doivent se déplacer. Ce n’est pas tous les parents qui peuvent manquer une journée de travail pour aller en orthophonie ou en psychoéducation avec leur enfant, souligne Mme Pomerleau. Donc, ça pourrait créer encore plus d’iniquité. »

La Fédération des professionnels de l'éducation estime qu'il manque 2000 professionnels dans le réseau scolaire. On comptait en 2018 environ 5000 professionnels équivalent temps complet dans les commissions scolaires.

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