•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Vers un Saint-Laurent plus intelligent

La baie de Sept-Îles avec ses glaces et trois minéraliers

La baie de Sept-Îles avec trois minéraliers

Photo : Radio-Canada / Ann-Édith Daoust

La recherche scientifique au sujet du fleuve Saint-Laurent est en effervescence. Symbole de ce dynamisme, un congrès international regroupant des experts de plusieurs disciplines se déroule cette semaine à Sept-Îles.

Plus de 200 participants provenant de huit pays prennent part au congrès international sur la recherche industrialo-portuaire. Outre les chercheurs du Canada, les autres proviennent du Royaume-Uni, de l’Iran, de l’Italie, du Brésil, de la France, de l’Espagne, et du Chili.

Le congrès vient tout juste de commencer et déjà des chercheurs ont fait état d'une nouvelle ère dans la recherche.

Un des sujets qui attire l’attention des participants est la possibilité, grâce à de nouveaux outils informatiques, de se diriger vers un Saint-Laurent, intelligent, connecté.

Un peu à l'image d'une ville intelligente, ou d'un réseau autoroutier intelligent, explique Philippe Archambault, professeur au département de biologie de l’Université Laval et spécialiste des fonds marins.

Philippe Archambault, professeur au département de biologie de l’Université Laval.

Philippe Archambault, professeur au département de biologie de l’Université Laval.

Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine

Plus concrètement, il espère que les informations de recherche puissent dans l’avenir être mises en commun notamment grâce à des outils permettant l’analyse du fleuve en temps réel.

Pourquoi on n'aurait pas un Saint-Laurent où ce qui se passe est mesuré en temps réel et qui nous envoie des informations pour qu’on puisse prendre des décisions?

Philippe Archambault, professeur au département de biologie de l’Université Laval

De la recherche ouverte et partagée

La science aquatique fait face à d'importants défis, comme l'augmentation du trafic maritime, le réchauffement des eaux ou l'arrivée de nouvelles espèces.

Les problèmes auxquels font face les chercheurs sont complexes et les analyses à la pièce dans une région spécifique ne permettent pas de répondre à toutes les questions.

Les solutions technologiques offrent cependant beaucoup d’espoir.

Jean-Éric Tremblay, professeur au département de biologie de l’Université Laval, donne l’exemple de l’augmentation importante de la quantité d’azote dans le Saint-Laurent.

Même si l’apport en azote peut venir de loin, par exemple des régions agricoles plus à l’ouest, il affecte la couche profonde du bas-estuaire au large de Rimouski.

On travaille souvent sur des projets qui porte sur une région particulière ou une baie particulière, mais de connecter le système dans son ensemble [ça permet] de comprendre comment une région du Saint-Laurent va agir sur une autre et comment cela se transforme avec notre utilisation du milieu marin et les changements climatiques, explique M. Tremblay.

Jean-Éric Tremblay, professeur au département de biologie de l’Université Laval

Jean-Éric Tremblay, professeur au département de biologie de l’Université Laval

Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine

Pour l’instant les mesures historiques et la couverture spatiale qu’on a sont très fragmentaires. On dépend de missions océanographiques ponctuelles, explique le chercheur qui est également directeur du regroupement stratégique Québec-Océan. L’organisation concerte l’action de divers chercheurs océanographes pour qu’ils puissent mieux s’attaquer aux enjeux qui touchent au milieu marin.

Ce qu’il nous faudrait, c’est être capable de faire un suivi de façon très rapproché de l’évolution de la situation à différents endroits. Une des manières de faire, c’est de mettre des observatoires câblés ou des instruments d’enregistrement au bout des quais, suggère M. Tremblay.

Au lieu d’être surpris que quelque chose se soit produit 15 ans plus tard, on peut en faire le suivi en temps presque réel et puis agir en conséquence.

Jean-Éric Tremblay, professeur au département de biologie de l’Université Laval

Des données ouvertes facilitent aussi le travail interdisciplinaire, indispensable selon Jean-Éric Tremblay. Aujourd'hui, des avocats, des anthropologues, des physiciens et des écologistes marins travaillent ensemble pour s'assurer de la santé du Saint-Laurent.

Historiquement, chaque secteur travaillait plus en silo, chacun était expert de son domaine. Maintenant il faut s’attaquer à cela en se parlant et en imaginant des solutions qui touchent à l’ensemble de la problématique, propose-t-il.

Pour M. Tremblay, les outils du futur devront permettre aux scientifiques, mais aussi au public, d’avoir un accès instantané aux données.

Avec les informations de Jean-Louis Bordeleau

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Côte-Nord

Recherche